Avec vous !

Bonjour et bienvenue sur mon blog,
Je suis heureux de partager, avec chacun d'entre vous, mon activité parlementaire à Paris et en circonscription.
Suggérez, partagez, donnez son avis, ce blog est aussi le votre pour faire vivre l'idée d'une démocratie participative et toujours novatrice.
Cordialement,

Je suis membre de la Commission des lois et membre des groupes d'études suivants : élevage et appellation d'origine (vice-président) ; développement agro-industriel ; industrie alimentaire ; formation alternée en milieu rural ; partenariats publics/privés ; dépendance des personnes agées ; PME ; professions de santé ; prison et conditions carcérales ; économie sociale ; énergies.
Et membre des groupes d'amitiés suivants : Burkina Faso ; Chili ; Espagne et Norvège.
Ma
fiche synoptique sur le Site de l'Assemblée nationale.

En plus, du mini agenda sur la droite de cette page, vous trouverez l'
agenda en ligne plus détaillé
.
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de butinage libre et donc gratuit.
Jeudi 2 juillet 2009
Les salariées de la société Aubade de Saint Savin dans la Vienne, manifestaient mercredi 2 juillet à l’Assemblée nationale contre la suppression de 104 de leur emplois.

Après la tenue d’une conférence de presse à 11h dans l’enceinte du Parlais Bourbon, à l’initiative du député socialiste Jean-Michel Clément, les salariées battaient le pavé rue Aristide Briand, encerclées d’autant de CRS.

Malheur en a pris à la section CGT de l’usine de ne pas avoir prévenu la préfecture de Police de Paris.

Et de voir tout ce beau monde finir embarqué, une fois les caméras d’I-Télé et AFP éloignées , dans les fourgons de la Police nationale.

Escortées par des motards à toute berzingue hors des murs de la capitale. Avant de reprendre un bus, perdu dans la banlieue parisienne, vers la Vienne…


Mercredi 24 juin 2009

Après deux ans et quelques semaines, la Ministre de la justice, Mme Rachida Dati a quitté son ministère. Selon les sujets, son bilan est soit médiocre, soit mauvais, soit carrément déplorable.

 

La Ministre n’a pas su se parer d’une stature politique qui lui aurait permis d’exister, autrement qu’en exécutant à la lettre, et sans beaucoup de  réflexion les instructions du Président de la République, qui l’ a faite ministre.

 

C’est ainsi qu’elle a fait voter les peines planchers pour les récidivistes, sans étude sérieuse de la récidive, sans étude d’impact sur les incarcérations.

 

De la même façon la loi sur la rétention de sûreté a été adoptée sans même que l’on sache le nombre de condamnés susceptibles de tomber sous le coup de la loi.

 

C’est dire qu’au-delà de la critique sur le caractère liberticide de ces lois (surtout la seconde), le travail a été mal fait et le résultat est très médiocre.

 

La réforme de la carte judiciaire a été faîte à la hache, sans tenir compte des particularités géographiques de tel ou tel département et de ses tribunaux. Ont été fermés parfois des tribunaux aux bâtiments tout justes rénovés (TGI de Saumur), n’ont pas été mesurés les besoins en bureaux lors des regroupements de tribunaux. N’a pas été calculé le coût global de mesures qui font se déplacer des dizaines de justiciables au chef lieu de département au lieu de déplacer un seul et unique magistrat deux jours par semaine (Fermeture des tribunaux d’instance de Civray et Montmorillon, et Loudun dans notre département, les quelques 800 dossiers annuels seront jugés à Poitiers à 50 kms, alors que notre réseau routier est dangereux et que deux villes sur trois ne sont pas desservies par le train.

 

Les conclusions du rapport du doyen Guinchard sur la rationalisation de la procédure civile sont restées quasiment lettres mortes.

 

Il en va de même des conclusions du rapport Varinard sur la réforme du droit pénal des mineurs qui sont très peu reprises dans l’ avant projet de nouveau code des mineurs. Nous ne savons pas à ce jour le sort qui sera réservé à cet avant projet.

 

Le bilan est, sur ces points, mauvais.

 

Il devient déplorable sur trois autres questions.

 

Tout d’abord la ministre, relayée en cela par une partie des politiques de droite, a usé et abusé du discours populiste. Le moindre fait divers a été exploité. Le viol d’un petit garçon de quatre ans en août 2007 a été cité des dizaines de fois pour justifier la rétention de sûreté. Cette citation a d’ailleurs permis d’occulter le fait que les décrets qui auraient permis la surveillance du violeur de ce malheureux garçonnet, à la sortie de prison, attendaient depuis plus de 18 mois.

 

Les victimes sont mises en avant pour justifier toujours plus de sévérité. La référence à la figure du pédophile est permanente. Le tout sans la moindre analyse de la réalité pour véritablement combattre le crime.

 

Ensuite la ministre a montré un talent exceptionnel pour se fâcher avec tout le personnel qui œuvre autour de la justice.

 

Démissions en chaîne au sein de son cabinet ministériel. Fronde des magistrats mécontents de la refonte de la carte judiciaire et également du contrôle tatillon sur les procureurs.

 

Incompréhension des avoués  d’appel dont les quelques 450 études vont disparaître, sans que l’on connaisse aujourd’hui les modalités de cette disparition et le sort réservé aux 1800 salariés de dites études.

 

Révolte des surveillants de prison confrontés à une surpopulation endémique… sans parler des greffiers, des avocats etc.

 

Enfin le bilan est déplorable pour ce qui concerne la surpopulation pénitentiaire. Cette surpopulation était autrefois régulée par les décrets de grâce présidentielle collective, qui à chaque 14 juillet réduisait les peines de 1 à 4 mois d’emprisonnement selon les situations. Cela entraînait mécaniquement la sortie anticipée de quelques milliers de détenus en fin de peine.

 

Le président de la république avait indiqué dans son programme que cette régulation collective était un mauvais système car les sorties n’étaient pas préparées. C’est vrai. Mais cette critique suppose la mise en place d’un autre système, et  rien n’a été fait. La loi pénitentiaire qui devait permettre de limiter les incarcérations attend d’être votée depuis 18 mois. La ministre part. La loi n’est pas votée. Et en plus la ministre a offert aux syndicats de surveillants (qui ne le demandaient pas) un moratoire sur les règles pénitentiaires européennes qui précisément fondaient la dite loi pénitentiaire.

 

Tout, le contraire de tout et surtout n’importe quoi.

 

Triste Bilan

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Mercredi 17 juin 2009

Lors de la séance de questions d'actualité du mercredi 17 juin à l'Assemblée nationale, Jean-Michel Clément, a interrogé Rachida Dati sur son bilan au ministère de la Justice.
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Mercredi 17 juin 2009
Le capitalisme sans foi ni loi frappe encore les salariés d'Aubade

L’annonce, aujourd'hui en Comité central d’entreprise, du plan de licenciement de plus de 100 salariés de l’entreprise Aubade de Saint Savin, sonne comme la fin des emplois manufacturés en Pays Montmorillonnais, et bien au-delà.

La délocalisation de la production symbole d’un capitalisme mondial sans foi ni loi, va frapper des salariés forts d’un réel savoir-faire, en pleine crise économique.

Celle-ci ne serait-elle pas aussi qu'un prétexte à ce nouveau plan de licenciements de la direction du groupe ?

Nous ne pouvons admettre en l'état une telle décision. Il faut apporter au personnel et à ses représentants tout le soutien nécessaire en pareilles circonstances.

Pour ma part, j'agirai en ce sens et en concertation avec eux.
Lundi 8 juin 2009
 

Dans un article paru dans Le Monde du 28 mai 2009, l’ancien Ministre de l’Agriculture, Philippe Vasseur, explique la crise du lait par l’échec d’une réglementation souple. Il met en cause très nettement la volonté dérégulatrice du Gouvernement français à travers l’action de la direction générale de la concurrence (DGCCRF), et la doctrine libérale européenne à l’œuvre qui vise à casser toute régulation sur le marché agricole.

 

Ce diagnostic est bon, mais il a échappé à Jean-Pierre RAFFARIN, Président de l’Association des laiteries du Poitou-Charentes. Mais il faut le compléter. Nous n’avons cessé de le rappeler au ministre Michel Barnier : la politique qu’il mène avec l’ensemble du Gouvernement porte les germes de la crise laitière. Elle mènera à d’autres crises agricoles, si une sérieuse révision du dogme libéral n’est pas immédiatement entreprise.

 

Plusieurs causes majeures peuvent expliquer cette crise. Elles sont manifestement intimement liées à la politique libérale qui prévaut à l’échelle européenne et dans notre pays.

 

La dérégulation du marché du lait en Europe

 

Il faut le rappeler : ce sont les socialistes et le Gouvernement de Michel Rocard qui ont créé et mis en place les quotas laitiers, en 1984. A l’époque, toute la droite déversait des tombereaux d’insultes sur cette politique « administrée ». La FNSEA, syndicat majoritaire n’hésitait pas à manifester violemment contre cette orientation.

 

Aujourd’hui, l’unanimité semble se faire sur l’indispensable maintien des quotas. Mais il est bien tard.

 

C’est sous la présidence française de l’Union européenne que les quotas laitiers ont été abandonnés, en novembre dernier.

 

Seules l’Allemagne et l’Autriche s’y sont opposées, la France s’étant abstenue. Les quotas vont être relevés de 1 % par an pendant 5 ans, avant d’être supprimés.

 

Certes, la Commission a proposé cet abandon dès 1999. Le Gouvernement de Lionel Jospin s’y était fermement opposé, et aucune décision n’avait été prise alors. Le premier accord européen visant à mettre un terme aux quotas, à échéance 2014, a été signé par M. Gaymard, ministre de l’agriculture du gouvernement Raffarin, en 2003.

 

M. Barnier a parachevé l’œuvre à la tête du conseil des Ministres européens en novembre 2008. Telle est la première cause de la crise.

 

 

A l’abandon des quotas, il faut ajouter l‘autre versant de la réforme de 2003 : la baisse du prix d’intervention. Entre 2004 et 2006, elle a été de 17% pour le beurre, et de 14% pour la poudre de lait. Le mouvement n’est depuis pas reparti à la hausse. A l’époque, nous avions dénoncé cette orientation pour les risques qu’elle faisait courir à la stabilité du marché, donc de la production. Ces prix d’intervention servent de filet de sécurité aux producteurs.

 

Rappelons qu’il s’agit de productions d’alimentation de base, et que la stabilité est la clef de notre sécurité alimentaire. Les Gouvernements de l’Union, dont celui de la France, sont responsables de cette orientation puisque la décision finale leur appartient.

 

Et la France a fait plus encore. Le gouvernement a mis en place un ensemble d’instruments juridiques internes dérégulateurs.

La dérégulation du marché du lait en France

 

Le prix du lait était fixé ces dernières années au sein de l’interprofession, le CNIEL, qui émettait une recommandation nationale, revue chaque année, à laquelle chacune de ses composantes (industriels, coopératives et producteurs) se pliait.

 

Mais cette pratique a malheureusement dû cesser à la demande de la Direction Générale de la concurrence, de la consommation et la répression des fraudes (DGCCRF).

 

Au printemps dernier, la DGCCRF a attaqué la pratique de négociation tarifaire nationale des prix par l’interprofession laitière.

 

L’argument avancé d’une possible enquête européenne ne tient pas. Cette pratique est en effet compatible avec les règles de l’Union européenne. L’article 81 du traité CE exonère de la législation sur les ententes, les pratiques visant, soit à améliorer « la production ou la distribution », soit à favoriser le « progrès technique ou économique ». C’est exactement ce que visait la filière laitière.

 

En outre, l’article 2 du règlement 1184/2006 du 24 juillet 2006 exonère aussi des règles de la concurrence européenne, fixées aux articles 81 à 86 du traité, les accords, décisions et pratiques d’exploitants agricoles admettant la possible organisation du marché. L’interprofession le faisait sans interdire les différences dans le prix payé aux exploitants à partir de critères multiples. Il y avait organisation du marché et préservation de la concurrence.

 

Enfin, depuis la loi de 2001 relative aux nouvelles régulations économiques, sont permises les ententes pour favoriser le progrès économique y compris « par la création et le maintien d’emplois ». Un prix commun de cession peut même être admis s’il est indispensable pour atteindre cet objectif de progrès. Ces mesures du gouvernement Jospin n’ont pas été attaquées par la Commission européenne.

 

En fait, l’action de la DGCCRF présentée comme « absurde » est justifiée uniquement par la politique interne du Gouvernement de M. Sarkozy. En mai 2008, celui-ci présentait la loi de modernisation de l’économie (LME) qui vise clairement la baisse des prix. Il a dès lors été décidé de libérer toutes les discussions entre les fournisseurs et la grande distribution qui détient désormais toutes les clefs de l’évolution des prix payés aux agriculteurs. La préservation des marges des distributeurs se fera au détriment des prix payés aux producteurs, quels qu’ils soient. Il s’agit d’une rupture fondamentale dans les modes de fixation des prix. La volatilité est ainsi plus grande et l’insécurité économique qui fragilise les exploitants agricoles s’installe. La négociabilité des prix par la grande distribution, développée sur un modèle oligopolistique, casse de facto toute tentative de régulation en amont.

 

Alors il est sans doute réconfortant que l’Assemblée nationale ait voté à l’unanimité, en décembre dernier, l’interdiction de pratiques condamnées par les services du ministère de l’économie et des finances. Mais nous savons que cela ne sera qu’un rideau de fumé, si nous ne revenons pas sur la négociabilité des prix imposée par le gouvernement pour accroître la pression sur les producteurs.

 

Le libre marché ne peut être raison. Si les éleveurs laitiers l’avaient avec le temps compris, ils subissent aujourd’hui le retour au libéralisme érigé en mode de gestion de leur secteur d’activité.

 

Nous l’avions dénoncé au moment de la discussion de la loi. Défaire les régulations pour faire baisser les prix entraîne des dégâts économiques et sociaux pour les producteurs, donc pour les emplois en France. Les consommateurs n’ont pas vu baisser les prix du lait. Les éleveurs laitiers ont perdu 30%.

 

C’est la rançon de la politique économique du Gouvernement. Les éleveurs laitiers s’en rendent compte aujourd’hui, ils sont les premiers d’une liste qui ne va cesser de s’allonger.

Mercredi 27 mai 2009

Pour la première fois, j'ouvre mon blog à trois jeunes filles de la circoncription qui m'ont rendu visite.
Voici le témoignage rafraichissant de Marjorie :



28 avril 2009, notre journée à L’Assemblée nationale avec Jean-Michel Clément

Trois jeunes filles étaient présentes : Ninda-Laurène, Sabine
et moi (Marjorie) accompagnées de Martine Bonnet, assistante parlementaire.

 

Vers 7 heures, un rendez-vous à la gare de Poitiers nous avait été donné une dizaine de minutes avant le départ du train en direction de Paris-Montparnasse.

Dans le train, Jean-Michel nous a expliqué le programme de la journée ; les différentes fonctions de l’Assemblée nationale, les personnes qui y travaillent et tout un tas de détails.

Arrivés à Montparnasse (à 8 heures 50), Jean-Michel nous a quittées pour une réunion à l’Assemblée pendant que nous nous sommes dirigées en bus vers la Concorde pour découvrir les Champs-Élysées. Nous avons pris des photos devant l’Arc de Triomphe.

Après cela, nous sommes allées visiter le Petit Palais où avait lieu une exposition sur l’Empire byzantin et le Mont Athos.

Nous avons rejoint Jean-Michel à son bureau de l'Assemblée où il nous attendait. C’est Pierre, un de ses collaborateurs qui nous a accueillies à l’entrée, où se trouvait à ce moment là Alain Claeys, député-maire de Poitiers. Pour entrer, il a fallu que nous soyons badgées. Ensuite, nous avons pu emprunter l’ascenseur pour aller au 3e étage visiter le bureau du député et celui de Pierre et Jean-François, ses collaborateurs parisiens.

 

Nous avons déjeuné au self en compagnie du député. Par la suite, tout le monde est monté sur la terrasse du bâtiment, rue de l’Université, pour une photo de groupe. Martine nous a accompagnées à la boutique de l’Assemblée nationale où nous avons pu acheter un petit souvenir, puis, direction 33 quai d’Orsay pour les questions au Gouvernement de 15 heures à 16 heures. Nous avons bien sûr reconnu Jean-Michel dans l’hémicycle ainsi que Rachida Dati, Roselyne Bachelot, Bernard Accoyer, Catherine Coutelle, Jean-François Copé et bien d’autres personnalités politiques… Par la suite, Jean-Michel et Jean-François nous ont emmenées rencontrer les Pompiers du Palais Bourbon où ils leur ont expliqué leurs fonctions, les matériels utilisés… Puis nous sommes passées à la poste de l'Assemblée pour retourner à l’arrière du Palais Bourbon. Jean-François nous a prises en photo avant de retourner au bureau de Jean-Michel pour regarder à la télé ce qui se passait dans l’hémicycle. Pendant ce temps, Jean-Michel travaillait un texte avec son assistante. Vers 18 heures, Martine, accompagnée des trois demoiselles a imposé les aux revoirs pour aller prendre le métro à la station Invalides car un train nous attendait à 18 heures 50 en direction de Poitiers.

 

A 20 heures 40, à la gare de Poitiers, nous avons retrouvé nos parents…Pour nous, c’était la fin d’une belle journée dans l'arrière scène de la vie parlementaire.


Légende de la photo :  Sabine, Marjorie, Jean-Michel Clément et Ninda-Laurène.
Lundi 18 mai 2009
Je vous livre cette tribune publiée par Rue89. Elle fait  le point sur la Loi Hôpital-santé-territoires, dont j'avais souligné les faiblesses les plus évidentes dans un précedent billet. Bonne lecture,

Loi sur l'hôpital : il faut lever la procédure d'urgence

par Jean-Marie Le Guen | Député PS de Paris

Le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer s'est vu refuser la levée de la procédure d'urgence sur la réforme de l'hôpital, actuellement discutée au Sénat. Jean-Marie Le Guen, député PS et adjoint au maire de Paris chargé de la santé (et à ce titre président de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris), explique pourquoi la loi Bachelot risque l'inconstitutionnalité.


Les conditions dans lesquelles la loi Bachelot est présentée devant le Parlement sont proprement indignes.

L'hôpital public est un des piliers de la République. Il est confronté en première ligne à des problématiques sociales majeures. Il est un élément clé de notre système de santé et de la qualité de vie dans notre pays et constitue, à l'instar de l'éducation, l'un des socles du développement de l'activité économique de notre pays.

Tous les hospitaliers (médecins, directeurs, infirmiers, personnels non médicaux…) s'accordent à dire qu'une réforme peut être utile si elle est conduite dans des conditions respectueuses des réalités de terrain, des besoins de la population et de l'éthique des professionnels de santé.

Ils s'émeuvent cependant du rythme accéléré de ces réformes qui se succèdent sans que soit réellement pris en compte le temps de l'évaluation et de la prospective, ni mesuré les moyens nécessaires à leur mise en œuvre efficiente.

Désinvolture voire mépris gouvernemental

Pourtant, en dépit de cette attitude résolument positive des hospitaliers, le gouvernement a largement démontré au cours des dernières semaines sa désinvolture voire son mépris à l'égard de l'hôpital public qualifié de dispendieux et d'inefficient. Le ministère de la Santé est ainsi allé jusqu'à prétendre que l'emploi y a été développé en méconnaissant la réalité constatée quotidiennement par les hospitaliers et les usagers.

Depuis le début de l'examen parlementaire de ce texte au mois de février, nous avons dénoncé le choix de la procédure d'urgence qui ne s'accorde pas avec les enjeux de long terme inhérents à la réforme de l'hôpital.

Cette procédure d'urgence réduit le temps du débat parlementaire en ne permettant qu'une seule lecture du texte par chaque assemblée, contre deux en temps normal. Le gouvernement s'est jusqu'à présent refusé à lever l'urgence au motif que la concertation aurait été menée en amont du passage au Parlement.

Soixante amendements au Sénat non discutés à l'Assemblée

Cette procédure d'urgence conduit désormais le gouvernement à déposer plus de soixante amendements devant le Sénat sans qu'ils aient été examinés au préalable par l'Assemblée nationale. Elle le contraint également à introduire précipitamment dans la discussion au Sénat des amendements issus des travaux de la commission Marescaux qui n'ont été encore discutés avec personne. Les conclusions des travaux de cette commission forment pourtant un tout cohérent qui aurait mérité un examen d'ensemble et non un dévoiement opportuniste.

Risque d'anticonstitutionnalité

Je n'ai personnellement jamais vu dans notre pays un tel mépris de la démocratie parlementaire. Le président de l'Assemblée nationale et de nombreux députés, y compris dans les rangs de l'UMP, s'en sont déjà émus publiquement et ont demandé la levée de cette procédure d'urgence face à cette remise en cause de la place des députés dans l'élaboration de la loi.

En effet, les conditions d'élaboration de ce texte engendrent un risque de grave malfaçon. Son écriture juridique n'est pas sécurisée. Le risque d'anticonstitutionnalité est ainsi clairement avéré et donnera sans aucun doute lieu, s'il n'y a pas levée de la procédure d'urgence, à une saisine du Conseil constitutionnel.

 

Jeudi 14 mai 2009
A l'approche des élections européennes, Rachida Dati essaye de quitter son poste en douceur... quitte à échapper à un bilan difficile à assumer. Dernier dossier en date, les conditions de travail des personnels pénitentiaires.
Pour défendre son propre bilan, la Garde des Sceaux s'en prend à celui d'Elisabeth Guigou lorsqu'elle était ministre de la Justice. Réponse de ma collègue à l'Assemblée :

Communiqué d'Elisabeth Guigou, (députée de Seine-Saint-Denis)

Loin de Paris pour un deuil familial, je prends connaissance des déclarations de Madame Dati.
La semaine dernière déjà devant l'Assemblée Nationale, Madame Dati avait osé proférer deux mensonges.
Elle avait prétendu que « sous les gouvernements socialistes, aucun programme de construction de prison n'avait été entrepris ». C'est faux.  Sous le gouvernement Jospin, nous avons lancé un programme de construction de six nouveaux établissements : Avignon-le-Pontet, Toulon-la-Farlède, Meaux-Chauconin, Lille-Sequedin, Toulouse-Seysses, Liancourt. Un projet de réhabilitation des grandes maisons d'arrêt avait également été mis en place : Fleury-Mérogis, la Santé, Fresnes, les Baumettes, Lyon, Draguignan, qui prévoyait le cloisonnement des sanitaires et des douches dans les cellules. Ce programme de réhabilitation a été mis au frigidaire par les gouvernements de droite et n'a été relancé qu'après plusieurs années.
Madame Dati a aussi affirmé que la surpopulation pénitentiaire avait toujours existé, ce qui est également faux. La population carcérale a diminué sous le gouvernement Jospin, en passant de 55 284 détenus en 1997 à 47 682 en 2001, pour 50 000 places disponibles. Cette diminution du nombre de détenus (moins 7600) provient de la diminution des détentions provisoires grâce à la nouvelle politique pénale que nous avons mise en place et qui voulait que la détention provisoire reste l'exception.
L'arrogance avec laquelle Madame Dati répète ses mensonges témoigne de son mépris de l'Assemblée Nationale et montre à quel point elle est à court d'arguments pour masquer ses échecs.
Je rappelle la réalité des chiffres, ceux que Madame Dati veut ignorer.
Aujourd'hui, il y a au 1er avril 2009, 63 351 détenus pour 52 535 places disponibles. Parmi ces détenus, le nombre de prévenus en détention provisoire est aujourd'hui de 16 471 alors qu'il était nettement inférieur en 2001 (15 273).
Quant aux mineurs détenus, je rappelle les chiffres de l'administration pénitentiaire au 1er janvier de chaque année : en 1998, il y avait 669 mineurs détenus. En 2001, 616 mineurs et aujourd'hui, selon Madame Dati elle-même, il y en a 698 .
La surpopulation pénitentiaire est dramatique pour les surveillants comme pour les détenus. Or Madame Dati, pourtant candidate aux élections européennes et numéro 2 sur la liste UMP en Ile-de-France,  déclare vouloir suspendre l'application des règles pénitentiaires européennes !
Cette décision montre le dédain de Madame Dati pour le Parlement de l'Union Européenne où elle ambitionne pourtant de siéger. Et cette décision va encore aggraver la situation dans les prisons. Le moratoire sur l'application des règles pénitentiaires européennes est irresponsable et soulève l'indignation des associations qui interviennent dans nos prisons et qui sont attentives à la dignité humaine comme aux conditions de travail des surveillants de l'administration pénitentiaire.
Les professionnels de la justice sont à juste titre indignés de ce que Madame Dati ose utiliser le site officiel du ministère pour diffuser ses polémiques politiciennes.

(Voir à ce sujet le communiqué de l'Union syndicale de la Magistrature et le blog de Maitre Eolas).

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Mercredi 29 avril 2009


L’accord du 20 novembre 2008 sur le bilan de santé de la PAC, conclu sous présidence française, a ouvert des marges aux États-membres pour réorienter le soutien à leur agriculture.


Il s’agissait aussi de s’appuyer sur ce bilan pour adopter la PAC dans la perspective de 2013.

Pour que la politique agricole soit pérennisée, dans une Europe à 27 aux prises avec une crise économique qu’il faudra du temps à surmonter, la politique agricole commune doit avoir du sens pour nos concitoyens.

Elle se devait d’être plus juste, donc redistributive au bénéfice des éleveurs ovins et caprins, des zones fragiles et des modes d’élevage notamment.

C’est en ces termes que s’est exprimé le Ministre dans son discours du 23 février 2009 devant le CSO : http://agriculture.gouv.fr/sections/presse/discours/michel-barnier-devant


L’application nationale du bilan de santé de la PAC


Aux termes des décisions prises, notre pays aura dès l’année prochaine en 2010 :

- quasiment découplé toutes les aides directes ;

- redistribué 18 % des aides directes du premier pilier, soit 1,4 milliard d’euros ;

- limité sensiblement les écarts entre les droits à paiement unique ;

- augmenté le soutien à l’élevage et aux territoires fragiles ;

- et enfin instauré des outils de couverture de risques climatiques et sanitaires avec l’assurance-récolte.

Ces orientations ne font pourtant pas l’unanimité !


Le Ministre qui voulait un consensus s’est heurté aux lobbys sectoriels de la FNSEA, au bord de la scission (cf : le Congrès de Poitiers). Celle-ci se montrant incapable de défendre une position globale pour peser sur l’arbitrage ministériel. Il est à noter que ces orientations constituent le premier véritable rééquilibrage des aides de la politique agricole commune en faveur des agriculteurs et des régions qui en ont en le plus besoin. Qu’est-ce qui peut expliquer une telle rupture ?


L’absence de lisibilité de la PAC en France et sa remise en cause par nos concitoyens


La PAC connaîtra une profonde réforme en 2013.

Elle s’annonce comme une étape décisive pour les soutiens aux agriculteurs. Tout peut arriver tant les positions des États membres sont éloignées.

Comment négocier une posture favorable alors même que les mécanismes de la PAC sont difficilement lisibles par les agriculteurs eux-mêmes et que le principe même de celle-ci est de plus en plus contesté par nos concitoyens ?

En clair, comment redonner de la légitimité à cette politique et retrouver du crédit face à nos partenaires européens, pour trouver parmi eux des alliés dans la future négociation ? C’est tout l’enjeu de cette étape qui voit s’opérer une redistribution des aides au sein du premier pilier, sans renforcer le second.


Une volonté redistributive avec des limites et contestée


La volonté d’aller vers des soutiens différenciés s’est toutefois heurtée à des résistances sectorielles et territoriales. Ainsi le choix de la régionalisation des primes, souhaité par certains, n’a pas été suivi.

Le Ministère a pourtant décidé de créer une "réserve" prélevée sur le premier pilier de 1,8 milliard d’euros pour soutenir des secteurs fragiles comme l’élevage ovin ou l’agriculture"durable", surface en herbe et cultures bio. Sans oublier, des outils de couverture de risques sanitaires et climatiques.


Cette réaffectation a suscité la colère des céréaliers du Bassin parisien jusqu’alors principaux bénéficiaires du système. Il n’est pas sûr que l’attribution de 170 millions d’euros, hors budget européen, alloués à ceux-là pour calmer leur colère, soit bien comprise. Cadeau ou cadeau empoisonné ? Il faut maintenant se le répartir.


Mais de quoi parle t-on vraiment ?


Selon une étude menée par l’INRA publiée le 20 mars 2009, cette redistribution entraîne une diminution du montant total d’aides directes de 5 900 € environ en moyenne nationale. Soit pour une exploitation de 100 hectares produisant 60 quintaux/ha de blé, une réduction de 10 € la tonne !

Il est temps de sortir du corporatisme à court terme pour privilégier une vision économique à moyen terme afin de préparer 2013.


2013 : quelle position française ?


La logique de la réforme avec réduction des aides aux exploitations intensives de grande culture comme en élevage a pu être acceptée dans un contexte de prix élevé.

Mais si, comme il faut s’y attendre, nous connaîtrons à l’avenir des variabilités de prix, il faudra permettre une adaptation plus rapide des entreprises agricoles.

Une loi d’orientation est annoncée. Préfigurera t-elle ce nouvel espace économique dans lequel évoluera notre agriculture demain ?


Pour la PAC 2013, attendons-nous, à la lumière des positions récemment privilégiées à avoir une politique articulée autour des points clés suivants :

- des droits à paiement unique faibles ;

- des primes différenciées pour certaines zones dites intermédiaires et pour certains élevages comme l’élevage ovin où agriculture et territoire ne font qu’un ;

- des conditions de chargement ;

- de la dégressivité selon la taille des exploitations ;

- des aides aux légumineuses et à la couverture des sols qui vont dans le sens de l’autonomie ;

- protéique et azotée pour une meilleure protection des sols et de l’environnement ;

- des outils de prévention et de gestion des risques encouragés ;

- une conditionnalité réaffirmée.


Les rendez-vous de 2008 ont permis le débat ; les réponses de 2009 l’ont arbitré.


Les décisions pour 2010 nous montreront si nous sommes capables de réunir autour de nos principes, suffisamment d’alliés pour maintenir l'agriculture au premier rang des politiques européennes.


A l’heure où se profilent les défis de l’alimentation humaine, du changement climatique et de la préservation de la planète, il faut que le monde agricole se prépare à plus d’équité entre agriculteurs, à une meilleure répartition des soutiens entre les territoires et à contractualiser des engagements. C’est à ce prix que les soutiens revendiqués seront accordés et justifiés.

Jeudi 16 avril 2009


Le projet de loi « création sur Internet » rejeté jeudi dernier par l'Assemblée nationale sonne faux.
L'idée : protéger la production intellectuelle des artistes de notre pays du piratage sur Internet. Ses effets : une menace considérable pour les artistes.


Surprise : les acteurs les plus virulents, transformés en lobbys pour l'occasion, ressemblent plus à des labels, des producteurs, qu'à des artistes. Quelques uns sont bien venus grossir les rangs des défenseurs de la propriété intellectuelle. Mais parmi eux, lesquels nous feront croire que leur carrière est réellement menacée par le téléchargement ? La plupart sont des "poids lourds" du monde culturel.


Quid des autres artistes ? Ceux qui ne gagnent pas leur vie avec la vente de disques. La première atteinte à leur propriété intellectuelle ne réside t-elle pas, par exemple, dans l'inégale répartition des gains sur le prix souvent excessif d'un CD ?


Pour y répondre, la loi porte notamment en son sein la fameuse "riposte graduée". Pilotée par une nouvelle autorité : La Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI). Si un internaute télécharge illégalement sur Internet et qu'il est découvert, il fera d'abord l'objet de deux avertissements. Le premier par mail et le second par lettre recommandée. Enfin s'il persiste, que ce soit par malveillance ou parce que la culture est devenue un luxe pour beaucoup de citoyens, il fera l'objet d'une interruption de son accès à Internet ainsi qu'au téléphone et à la télévision si l'internaute concerné bénéficie d'une offre « triple play ».

Elle instaure donc un nouveau principe juridique : la « co-responsabilité » des citoyens. En effet, il est possible d'émettre l'hypothèse selon laquelle un accès Internet sera partagé par plusieurs utilisateurs (exemple : une famille). Le fait d'en sanctionner un, aura alors pour conséquence de pénaliser les autres par la même occasion. Voilà comment le gouvernement vient de nous inventer la "multi peine".

Si le projet de loi prévoit de nombreuses sanctions, aucune évolution notoire n'est prévue au profit des artistes. Nous, députés socialistes, avons proposé l'idée d'une « contribution créative » qui serait comprise dans le forfait de chaque utilisateur et qui constituerait une rémunération nouvelle pour tous les artistes, qui n'existe dans aucune loi actuellement en vigueur. Mais le progrès ne semble pas avoir sa place dans le « Top 50 » des valeurs du gouvernement.


Ne nous faisons pas d'illusions, les députés UMP seront bien présents dans l'hémicycle le 29 avril prochain. Sous la pression de la majorité, la conférence des présidents de l'Assemblée nationale réunie hier mercredi 15 avril, a décidé d'inscrire en deuxième lecture le projet de loi HADOPI. Cette fois-ci, les nombreux élus de la majorité hostiles au texte seront bien muselés et n'auront d'autre choix que de le voter.


Que conclure de ce nouvel épisode ? Comme à son habitude, le gouvernement opte pour la sanction là où d'autres travaillent en amont et en aval. Le téléchargement illégal fait déjà l'objet d'une législation spécifique, aussi mauvaise soit-elle : le fameux texte DAVSI. Nous nous retrouvons ainsi avec un texte aux dispositions trop complexes pour être applicables et surtout totalement inadapté aux usages actuels d'Internet.


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