Mardi 29 mars 2011
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Le principal vainqueur de ces élections cantonales est — pour l'instant — le président de la République par Marine Le Pen
interposée. Même si en voix et dans le rapport numérique et au niveau national, la gauche remporte de nouveaux départements ce n'est qu'une victoire amère parce que la campagne à été, faute de
pouvoir être objectivement gagnée, délibérément saccagée par l'actuelle majorité.
Saccagée par la loi créant les conseillers territoriaux en cassant la dynamique des territoires et des élus ruraux de tous bords,
cette élection intermédiaire ne pouvait plus trouver sa place à un an des élections présidentielles et législatives.
Saccagée en cassant la dynamique de vote. Il n'y a pas eu de campagne nationale, le Parlement a continué ses travaux en pleine
catastrophe nucléaire au Japon et de guerre en Libye. Jamais le taux de participation n'a été aussi bas. Ainsi, le principal parti de France est celui des abstentionnistes et ce n'est pas un
symptôme apaisant quant à la santé du débat démocratique de notre pays.
Saccagée en remettant le Front national en piste, involontairement. A jouer avec les thèmes du programme frontiste, il y a toujours
un risque de se brûler les doigts. Identité nationale et burka étant devenues l'alpha et l'oméga de la droite classique, il n'est pas difficile à Marine Le Pen de crier au voleur, au receleur et
même à la contrefaçon. Surtout que son nouveau programme économique n'est plus libéral mais à été ripoliné au social.
Saccagée en remettant le Front national en piste, volontairement. Glaude Guéant — inspirateur de Nicolas Sarkozy, remplaçant de
Brice Hortefeux — actuel ministre de l'Intérieur, qui à la veille de chacun des scrutins est venu nous indiquer que la France a pris la tête de la croisade en Libye ou d'autres sornettes
calibrées pour jouer sur cette émotion nauséabonde qui divisent les français suivant des origines plus fantasmées que réelles...
Faire ainsi de Marine Le Pen et du Front national l'arbitre des élégances démocratiques de notre pays peut sembler d'une grande
habilité tactique et stratégique mais aussi d'une grande inconscience idéologique. Parce que si les bulletins d'un premier tour peuvent être le signe d'un vote protestataire, ne pas
faire de différence au second tour entre candidat et programme républicains d'une part et néo-nationaliste xénophobe d'autre part, est d'un aveuglement coupable et d'une irresponsabilité
condamnable.
C'est avant tout d'un cynisme consternant, tout faire pour devenir le marche-pieds des idées les plus anti-démocratiques pour essayer
de ravir une deuxième fois la présidence de la République...
Pour Nicolas Sarkozy, la fin justifie une nouvelle fois les moyens.
A moins que demain, le meilleur candidat à l'élection présidentielle de l'UMP ne soit Marine Le Pen, elle-même...