Mardi 4 janvier 2011
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Communiqué de presse du 03 janvier 2011 :
Comme beaucoup de français, j’ai écouté les vœux du Président de la République à la veille de la nouvelle
année.
Je dois dire que je n’ai pas été surpris de leur tonalité : les bases de la future campagne présidentielle sont
posées, en même temps qu’une annonce est faite aux français à se préparer à la rigueur économique et sociale qui les frappera aveuglément.
Comment croire à des propos qui se veulent préserver notre modèle social, lorsque les heures supplémentaires
défiscalisées laissent de nombreux chômeurs durablement à l’écart du monde du travail, ou que la réforme des retraites permet aux compagnies d’assurances de voir augmenter leur valeur
boursière ?
Comment peut-on faire croire que le maintien de l’euro, constituera une avancée, alors qu’il s’agit d’une évidence à
laquelle tout le monde s’est rendu, si ce n’est pour cacher la réalité, celle de ne pas s’attaquer aux racines du mal le pouvoir de la finance ultra-spéculative.
Comment mieux préparer les français à de nouvelles restrictions en matière de services publics ou de couverture
sociale, en mettant en avant les déficits publics et leur corollaire, la réduction de la dépense publique, en laissant sous silence le bouclier fiscal ou la taxation des bonus ou autres
rémunérations indécentes ?
Comment enfin peut-on continuer à jouer avec le populisme de bon aloi, si ce n’est pour flatter l’électorat du Front
national ou cacher l’échec des réformes en matière de sécurité ?
Les réformes annoncées pour 2011 sont du même tonneau : des atteintes aux principes républicains qu’il entend
pourtant vouloir faire respecter.
L’idée d’instaurer des juges populaires traduit la mise en cause de l’indépendance de notre justice et le populisme
de l’idée qui ferait que votre voisin est mieux placé pour vous juger qu’un magistrat indépendant.
Quant à l’interdiction du port de la burqua, c’est tellement plus facile de l’annoncer que de le faire respecter, ou
mieux encore que de réaliser une intégration réelle !
En réalité, ces vœux raisonnent comme des aveux : ceux de l’échec d’une politique qu’il nous annonce vouloir
reconduire.
Le temps de l’indignation à laquelle nous invite Stéphane Hessel est bien venu. Au populisme opposons la
responsabilité, je souhaite malgré tout, à tous et chacun d’entre vous mes meilleurs vœux pour cette année 2011.