Lundi 15 décembre 2008
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Les déclarations récentes de Jean-Pierre Raffarin au sortir de son échec à la Présidence du Sénat ne
sauraient laisser insensible le parlementaire que je suis. Surtout lorsqu’il s’agit d’évoquer l’organisation territoriale de demain.
J’ai participé à l’élaboration du rapport sur "la clarification et l’évaluation des compétences des collectivités
territoriales", en qualité de membre désigné par la Commission des lois de l’Assemblée nationale à laquelle j’appartiens.
Nos travaux issus de la synthèse des différents groupes parlementaires, n’ont eu pour objectifs que de rendre
lisible pour nos citoyens l’organisation de nos collectivités et efficaces leurs actions.
Jean sans terre !
Dans son projet de fusion des régions Aquitaine et Poitou-Charentes en vue des élections régionales de 2010 prôné par
Jean-Pierre Raffarin, dont la manœuvre politicienne ne trompe personne, Jean « Sans Terre » Raffarin implore l'infinie mansuétude du Prince Sarkozy pour aboutir à sa
requête électoraliste.
Jean-Pierre Raffarin rêve tout éveillé au risque d’en perdre le sens de l’équilibre.
Comment imaginer, d'un territoire, qui irait d’Hendaye à Poitiers, qu’il puisse répondre aux attentes du tissu
économique local, et des populations ? De services publics (hôpitaux, la Poste, Tribunal) qui subissent déjà de plein fouet la désertification en milieu rural et réponde à la proximité des
lieux d'enseignement public ?
En cette tempête de crise qui touche l'emploi, le pouvoir d'achat, l'épargne et la retraite des ménages, n'est-il pas
au contraire plus juste et nécessaire de valoriser l'action des collectivités locales, communes, départements, régions, qui contribuent à couvrir au plus près des réalités les besoins de
leurs administrés?
Est-il nécessaire de rappeler que M. Raffarin a toujours préféré la route au rail lorsqu'il était Président de
Région. Au classement national des dépenses liées à la régionalisation ferroviaire en 2003, le Poitou-Charentes arrivait bon dernier avec seulement 39,9 millions d’euros, soit 20 % du
contrat de plan pour le rail et 100 % pour la route.
Est-ce là réellement ce que nous promet l'ancien premier ministre à une échelle territoriale plus vaste, alors même que
le Grenelle de l'Environnement combat la perspective du tout routier au profit d'un développement du fret ?
Je déplore l'opération qu'avec, un doigt sur la carte de France, l'autre sur son carnet d'adresse présidentiel, M.
Raffarin réduise l'avenir d'une Région et de ceux qui l'habitent à un jeu de ruse qui ne l'honore pas.