Mardi 16 septembre 2008
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Le RSA - Revenu de solidarité active, p
art d'une
idée simple : donner un complément de revenu aux RMIstes qui se réinsèrent dans le marché du travail, de l'ordre de 200 euros, afin de les inciter positivement à retrouver un emploi. L'idée était
vraisemblablement bonne et fût proposée par la gauche au cours de la dernière campagne présidentielle.
Il devrait être lancé à la mi 2009 et sera débattu, adopté sans même que les éxperimentations dans les départements tests aient pu donner un quelconque résultat. En d' autres termes, aucune
prévision fiable sur le RSA permet actuellement de mesurer les effets réels sur le retour à l'emploi, ni même sur la réduction de la pauvreté, cela étant sacrifié au profit d'un effet d'annonce
politique.
Pour se défaire de la mécanique compasionnelle et émotive que prodigue la droite sur une mesure censé masquer les erreurs économiques depuis un an (cadeau de 15 milliards aux plus riches avec la
loi TEPA, libéralisation effrenée avec la LME), il convient d'analyser les questions de fond que pause cette réforme :
Qui va payer ? Que change le RSA aux dispositifs actuels ? Quels peuvent être ses effets pervers ?
- A la première interrogation, le chiffrage actuel est assez flou : il n'évoque que le 1,5 milliard supplémentaire lié à la taxation du capital. C'est à dire financée par une taxe de 1,1%
sur les revenus de l'épargne et du patrimoire, soit ceux qui possèdent et cotisent pour une assurance vie, les propriétaires-bailleurs, et les revenus d'actions. Seront donc dispensés de taxes les
actuels bénéficiaires du bouclier fiscal, soit la frange la plus riche de la population, protégée par le seul fait du prince.
- Aux changements que le RSA apporterait : le RSA consiste à laisser la PPE (Prime pour l'Emploi) en l'état. La PPE est un supplément de salaire pour les les salaires modestes à temps plein
à hauteur de 8%, soit 80 euros pour un salaire de 1000 euros. En effet, la création du RSA est couplée avec un gel annoncé de la PPE pour les salariés à temps plein, si bien que pour tous ceux qui
sont déjà à temps partiel, la conséquence sera la forte réduction de revenu entre emplois à 20h et 35h, donc des incitations moindres à passer du temps partiel au temps plein.
- Les effets seront donc aux antipodes de l'objectif annoncé : Une précarisation du marché du travail accrue dû à cette forme de subvention à temps partiel que forme le RSA et que ne
manqueront pas d'utiliser les employeurs en proposant davantage d'emploi à temps partiel. Est-ce la le prix pour retrouver le plein emploi? Ferions nous du dumping social propre au modèle
anglo-saxon, dont on connaît les effets par la multiplication de travailleurs pauvres, déjà 7 millions en France, notre modèle économique ?
On comprend aisément que le RSA, en soi, est difficilement discutable, mais il ne peut être isolé de l'ensemble de la politique économique de Nicolas Sarkozy, véritable faillite depuis 1 an, du
"bouclier fiscal" jusqu'aux lois de "Modernisation de l'Economie", des "Partenariats publics/privés" jusqu'au détricotage du Code du Travail, dont la solidarité n'était alors pas le maître mot. Sur
les rails d'une économie de plus en plus libéralisée, ou on nous annonce la fermetures d'écoles, la privatisation de la Poste, la suppression de Tribunaux d'instance, bref la désertion des
services publiques de nos territoires, cordon ombilical qui unie nos citoyens aux services de l'Etat, le RSA ne peut rien.
Celui-ci prétend corriger la pauvreté, réduire les inégalités sociales, faire baisser le chômage, mais au regard de ce qui est accompli depuis un an, permettez moi de douter de la bienfaisance du
Docteur Sarkozy.
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