Lundi 22 septembre 2008
1
22
/09
/2008
13:58
Le vote qui intervient cet après-midi dans l'hémicycle doit confirmer ou non le maintien de 3.000 hommes en Afghanistan et surgit dans un contexte de
crise extrême :
- La mort de nos dix soldats français, dont on apprend ce matin, par un rapport secret de l'OTAN publié dans un quotidien canadien, qu'elle serait essentiellement due à une mauvaise préparation des
troupes françaises.
- L'enlisement de la situation depuis 2001 dont aujourd'hui on peine à apercevoir une issue tant le pouvoir afghan semble fragilisé et illégitime aux yeux de la population.
- Le manque d'objectifs clairs, de lisibilité, de stratégies communes, sans tomber dans le discours manichéen des partisans de la liberté contre les prélats du terrorisme et de l'islamisme
fondamentaliste.
- L'alignement français sur la militarisation à outrance de la politique étrangère américaine dont on mesure aujourd'hui les dégâts provoqués en Irak. Nous ne sommes plus aux XIXe siècle, les
puissances occidentales ne peuvent plus occuper des pays du Moyen-Orient.
Si un retrait immédiat semble peut envisageable, le signe envoyé par Sarkozy de maintenir le bataillon français en Afghanistan de 3.000 hommes supplémentaires, est un alignement clair sur les
positions stratégiques américaine au Moyen-Orient. La réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN en avril dernier, dont De Gaulle l'avait quitté en 1966, fut l'ultime
provocation du repositionnement atlantiste de la politique étrangère française. Or il est aujourd'hui incontestable de mesurer à quel point la lutte contre le terrorisme tel que définit par la
Maison Blanche, par son bellicisme casi messianique, multiplie les terreaux terroristes plus qu'il ne les élimine.
Ce contexte désastreux montre qu'il est nécessaire avant tout chose de redéfinir les missions et les moyens militaires, de veiller à épargner au maximum les populations civiles, d'aider plus
activement les autorités afghanes à prendre les commandes du pays. L'Afghanistan, après le temps du colonialisme européen, l'intervention russe, ne peut subir à nouveau la présence de forces
d'occupations vécues commes telles sans que soit affirmé le principe de la souveraineté d'un Etat autours des principaux acteurs régionaux, de ceux qui constituent les forces vives du renouveau
afghan.
C'est uniquement en essayant de trouver un réel concensus entre afghans, basés sur des négociations respectées par les différents partis, que le terrorisme cessera de prospérer.