Mercredi 14 janvier 2009
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J'ai depuis longtemps, en ma qualité d'avocat, l'usage de me rendre à l'audience solennelle du Tribunal de grande
instance de Poitiers qui a lieu en début année. Convié en tant qu'élu de la République, il est de mon devoir d'y assister.
Cette année, pour marquer ma désapprobation contre les politiques menées par le tandem Dati-Sarkozy sur l'orientation des réformes de la justice, je ne me rendrai pas à cette cérémonie.
Pour éviter de paraître au mieux comme un complice de cette politique attentatoires aux libertés fondamentales des citoyens et à ses auxiliaires de justice, je me vois dans l'obligation de
boycotter cet événement.
Loin de signifier une quelconque défiance à l'endroit de l'institution judiciaire, mon absence vise les seuls responsables de l'exécutif, le duo Dati-Sarkozy dont le paroxysme de l'arbitraire a
atteint cette semaine son apogée en souhaitant vouloir supprimer le juge d'instruction.
Si cette décision était confirmée, elle constituerait une terrible atteinte aux droits des citoyens.
Elle n'est pourtant inscrite que dans le continuum d'une vision de la justice, qui depuis presque deux ans, méprise le principe premier de notre droit commun : être le rempart contre la raison du
plus fort.
Les dérives sécuritaires en attestent : Loi sur la récidive, faites sans aucune concertation, qui instaure les peines planchers et la multiplication de centre de rétention de surêté, carte
judiciaire, imposée à la hache sur le territoire, suppression des avoués de justice, « directive retour » qui durcit la question migratoire; et enfin, réforme du Conseil Supérieur de la
Magistrature avec une reprise en main des juges par l'exécutif.
Qu'en est-il d'une loi pénitentiaire ambitieuse qui doterait notre pays d'une nouvelle législation voulant faire face aux défis d'un milieu carcéral en crise ? Qui répondrait aux besoins et moyens
dont nécessitent en urgence les prisons pour répondre à l'exigence de respect de la dignité humaine des détenus ?
La misère sociale des prisons creuse sa tombe, Mme Dati préfère le lustre des caméras et des incantations.
Pour ces raisons, mon absence doit être comprise comme le refus ferme et raisonné de ne pas cautionner ces mépris de justice qui sévissent sous l'ère Sarkozy.