Vendredi 23 janvier 2009
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Tribune - Point presse
Vendredi 23 janvier 2009
Le droit d'amendement, consacré par la Constitution de 1958, répond à un principe
essentiel de notre démocratie : éviter la concentration des pouvoirs, d'un seul contre tous, au nom de la pluralité des idées, des valeurs, des arguments.
La révision constitutionnelle votée en juillet dernier se voulait être le relais de
cette exigence, elle n'est en réalité qu'un criant désaveu à son dessein originel, celui de rétablir l'équilibre des pouvoirs entre l'exécutif et le législatif.
L'article 13 du projet de loi organique de la réforme de la constitution, en
prévoyant un « crédit temps » au delà duquel il serait interdit de s'exprimer, établit une guillotine parlementaire pour ceux qui souhaitent manifester la moindre
opinion.
Sans ce droit, les grands débats comme ceux portants sur le Contrat Première
Embauche et le Travail du dimanche, n'auraient pu avoir le retentissement nécessaire à une prise de conscience collective des français.
Cette logique de transformer l'Assemblée Nationale en chambre d'enregistrement des
volontés du président et les députés en figurants muets s'inscrit dans une attaque plus générale contre les contre-pouvoirs : nomination et révocation du président de France Télévisions par le
chef de l'Etat, atteintes à l'audiovisuel public par la réforme de son financement, suppression du juge d'instruction, limitation de l'exercice du droit de grève, opérations policières zélées
lors de manifestations...
La soirée du 20 janvier dans l'hémicycle témoigne du mépris dont fait preuve la
majorité à l'égard de ceux qui relaient la voix de très nombreux françaises et français. Ce groupe politique n'accepte plus aucune contradiction et pas davantage les propositions constructives de
l'opposition.
Notre démocratie exige la liberté d'expression et ne tolère pas
l'autoritarisme.
Nicolas Sarkozy puis le président de l'Assemblée Nationale,
Bernard Accoyer ont pris la responsabilité d'ouvrir une crise politique. Nous attendons leurs propositions pour en sortir et pour que la liberté d'expression soit
garantie.
Alain Claeys, Jean-Michel Clément et Catherine Coutelle, députés socialistes de la Vienne