Mardi 10 mars 2009
2
10
/03
/Mars
/2009
18:31

La Commission européenne, dont les orientations libérales sont une constante, s'est
récemment opposée aux aides aux banques ou à l'automobile. Elle soutient aussi les orientations de dérégulation de la PAC et est favorable à la levée de l'interdiction de culture du maïs OGM MON
810.
Elle vient cependant d'être désavouée par 22 des 27 pays de l'Union européenne, plus particulièrement par tous les Ministres de l'Environnement de ces 22 pays, qui ont refusé de suivre la
recommandation de la Commission de lever l'interdiction de cultiver cet OGM en Autriche et en Hongrie.
Alors que l'autorisation de culture du maïs MON 810 arrive à échéance en 2009, une procédure de renouvellement pour 10 ans est en cours.
La proposition de la levée de la clause de sauvegarde a donc été repoussée à une majorité sans précédent. Cela témoigne à la fois d'une position commune forte sur cette question et surtout d'une
perte de confiance d'un nombre d'États membres sans cesse plus nombreux, dans le jugement de la Commission européenne.
Le président de la commission, M. Barroso, qui est passé outre les objections de son Commissaire à l'environnement, semblait alors privilégier les intérêts de Monsanto, entreprise américaine,
contre le sentiment partagé d'une très grande majorité de citoyens européens. A la veille des élections européennes, cette prise de position montre bien quel est l'enjeu de celles-ci.
Une commission aux orientations libérales confirmées ne peut trouver de contrepoids que dans une volonté clairement affichée des États soutenus par leurs opinions publiques.
Les Ministres de l'Environnement ont entendu ces opinions publiques. Aux Ministres de l'Agriculture de les suivre et aux citoyens européens de rappeller, à M. Barroso et les siens, que les jeux ne
sont pas faits. En ce sens, le dossier des OGM et de Monsanto est révélateur de ce que les citoyens ne veulent plus : des règles de vie dictées par les seuls besoins du commerce, pour des profits
appréhendés par les seules multinationales et leurs actionnaires.
PS : M. Barnier, notre ministre de l'Agriculture ne vient-il pas de déclarer devant le monde agricole réuni par le club Demeter, le lundi 5 mars dernier, "qu'on a raison de se méfier des OGM
phytosanitaires, en réponse aux questions de Monsanto et Syngenta".