Lundi 23 mars 2009
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Fidèle à son atlantisme exacerbé.
Nicolas Sarkozy et le gouvernement, que l'on aurait parfois tendance à confondre, ont fait passer mardi 17 mars à
l'Assemblée nationale, le principe de la réintégration de la France dans le commandement militaire de l'OTAN.
Paradoxe s'il en est, le gouvernement a opté pour le recours à l'article 49-1 de la Constitution et a donc engagé
sa responsabilité sur la question, alors qu'il expliquait à qui voulait l'entendre que ce n'était qu'une formalité.
En réalité, il s'agit une fois de plus d'un acte politique savamment orchestré par le Président de la République
dont les conséquences sont bien plus importantes que le gouvernement voudrait nous le faire croire.
La situation particulière que la France occupait dans l'OTAN lui permettait d'être un interlocuteur privilégié
vers les pays d'Europe mais aussi ceux du monde arabe. La portée symbolique de la réintégration du commandement militaire de l'OTAN risque d'être interprétée comme un alignement pur et simple sur
les orientations américaines.
S'il est possible qu'elles s'adoucissent avec la nouvelle administration de Barack Obama, il n'en reste pas moins
que l'indépendance idéologique française risque d'en pâtir.
Les plus optimistes font l’hypothèse que cela permettra à la France de diffuser ses propres conceptions militaires
au sein de l’OTAN.
Il faut pourtant rester réaliste et garder à l’esprit qu’elle ne pourra pas, à elle seule, s’opposer à une
conception binaire du monde dont l’Alliance transatlantique est l’héritière.
Réintégrer le commandement militaire de l'OTAN risque aussi de nuire à l'émergence d'une véritable défense
européenne.
Inscrit comme une priorité par la Présidence française de l’Union européenne, le projet de défense européenne n’a
pas connu d’évolutions significatives. Pourtant, l’une des conditions évoquées par Nicolas Sarkozy à l’entrée dans l’OTAN était l’émergence d’un pôle européen autonome de défense. Force est de
constater que ce n’est pas le cas.
Compte tenu des moyens que la France devra mettre en œuvre suite à sa réintégration dans le commandement militaire
de l’OTAN, on envisage difficilement l’émergence rapide d’une force européenne de défense qui représente elle aussi des coûts importants.
Une fois de plus, le Président de la République nous montre que la seule promesse électorale à laquelle il reste
fidèle est son tropisme atlantiste, quel qu'en soit le prix.