Jeudi 8 juillet 2010
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Récemment le Ministère de l’Education Nationale a diffusé aux recteurs d’académie une douzaine de pistes pour supprimer
des postes de 2011 à 2013, dans le cadre de la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, partant à la retraite.
Selon ces documents, le Ministère demande aux recteurs de « quantifier, à partir d’effets de leviers d’efficience
identifiés, les marges de manœuvre par académie, notamment pour 2011 et 2012 ». Et ceci, « sans dégrader les performances globales » du système éducatif.
Pour le primaire, secteur sensible de la circonscription, il s’agit « d’augmenter les effectifs par classe et de
continuer à diminuer la scolarisation des enfants âgés de deux ans en maternelle ».
Pour les 6-11 ans, la suppression d’intervenants extérieurs en langue vivante et d’assistants étrangers est
envisagée.
De même, la suppression totale des postes de RASED fait partie des scénarios possibles.
C’est dans ce contexte, que pour la rentrée 2010/2011, les mesures prises ont conduit plusieurs communes à engager des
recours : recours gracieux (Gençay), recours hiérarchique (Civray) et recours devant le tribunal administratif (Mauprévoir).
Sans oublier des aménagements subis de la scolarité (Usson du Poitou ou Brigueil le Chantre) pour les plus petits où
l’accueil est transféré vers les collectivités locales. Et ce, au détriment aussi de l’éducation des enfants.
Recours Ecole de
Mauprévoir
Recours Ecole de
Civray
Recours Ecole de
Gençay
Mais au-delà l’école primaire, nos collèges sont aussi dans l’œil du cyclone. Le Ministère prône aussi d’examiner
« la taille des classes » et de « continuer à fermer des petits établissements ».
Enfin, pour les lycées, il est proposé de « rationaliser » l’offre scolaire et la carte des formations. Doux
euphémisme pour autrement dire qu’il y aura une diminution de l’offre des formations, ouvrant le cycle infernal de la réduction des effectifs, qui, elle-même entraîne réduction de l’offre de
formations et ainsi de suite, jusqu’à ce que soit atteint le seuil de non-retour conduisant à la fermeture.
Nous l’avons bien compris, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans l’éduction nationale, appliqué à nos
territoires ruraux, c’est l’aggravation des inégalités des citoyens face à l’éducation de leurs enfants, l’aggravation des inégalités territoriales et une rupture d’égalité des citoyens devant
les charges publiques.
Une mobilisation, y compris par le recours à des actions contentieuses, est indispensable, comme l’ont fait d’autres
communes avant nous. L’exemple des communes situées en ZRR ayant abouti à la décision de la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux du 9 février 2010, pour reconnaître la scolarisation
obligatoire des moins de 3 ans, est là pour nous le rappeler.