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Justice

Mercredi 6 juillet 2011 3 06 /07 /Juil /2011 13:09

 

Veuillez trouver ci-joint l'intervention de Jean-Michel CLEMENT en date du 4 Juillet 2011 sur la réforme du contentieux et la réponse de M. Michel MERCIER, Ministre.

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Par Jean-Michel Clément - Publié dans : Justice
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Samedi 19 mars 2011 6 19 /03 /Mars /2011 01:40
Par Jean-Michel Clément - Publié dans : Justice
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Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /Sep /2010 12:10

Le retour en 2e lecture à l’Assemblée, de la réforme territoriale a été l’occasion pour le Gouvernement de revenir sur ses intentions premières, tant sur le mode de désignation des conseillers territoriaux que sur la clause générale de compétences, tout en continuant de renforcer l’intercommunalité au détriment des communes.

Désavouant le Sénat, le Gouvernement, en rétablissant l’article 35 de la loi, nous renvoie à la préhistoire de la décentralisation : faire de la Région, un établissement public de coopération régionale !

 Quant à la dernière étape, la généralisation de l’intercommunalité, elle se fera si besoin, sous la contrainte.

Alors même que les compétences de la Région : développement économique, formation, recherches, constituent les leviers essentiels du redressement de notre pays, celles-ci sont sacrifiées par l’organisation proposée.

En effet, un même conseiller territorial élu à l’échelle de plusieurs cantons et de la région défendra d’abord son périmètre territorial. C’est la conférence des Présidents qui définira les moyens financiers de chacun et puisque les recettes fiscales ne seront plus liées à l’impôt local, mais à des dotations provenant du budget de l’Etat, les moyens de la Région en ressortiront d’autant plus affaiblis.

Les critiques faites à ces mêmes régions, en terme de fonctionnement, sont totalement infondées, puisque selon une étude de la Cour des comptes, 90 % de leurs dépenses budgétaires, sont liées à leurs compétences obligatoires : lycées, formation professionnelle, transports ferroviaires régionaux. S’agissant des effectifs qui auraient augmenté, là encore rappelons que le transfert des compétences s’est accompagné du transfert des personnels dont il faut gérer et assurer la carrière.

S’agissant des communes, la ré orme de la fiscalité locale qui met à mal leur autonomie financière est maintenant complétée du renforcement de l’intercommunalité qui contient à terme l’effacement progressif de la structure de base qu’est la commune. C’est pourtant vers elle que nos concitoyens se tournent quant plus rien ne va !

C’est à l’inverse d’autonomie et d’indépendance dont nos collectivités ont besoin. Avec le retour du projet gouvernemental, c’est le retour de l’Etat jacobin et l’affaiblissement de la démocratie locale. C’est dans ce domaine, comme en matière économique, le contraire de cette politique dont notre pays a besoin. 

Par Jean-Michel Clément - Publié dans : Justice
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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 16:15

M. le président. La parole est à M. Jean-Michel Clément, pour exposer sa question, n° 1063, relative à la réforme de la carte judiciaire dans la Vienne.

M. Jean-Michel Clément. Ma question s’adresse à Mme la garde des sceaux mais je vous la pose volontiers, monsieur le secrétaire d’État à la justice.

La réforme de la carte judiciaire est désormais devenue un impératif juridique depuis l’ordonnance du 29 mars 2010 du Conseil d’État précisant qu’il n’y avait plus lieu à statuer sur l’annulation du décret du 15 février 2008, en tant qu’il supprime les deux tribunaux d’instance de ma circonscription : ceux de Montmorillon et de Civray. Il est vrai qu’elle était déjà entrée dans les faits bien avant, au gré des mutations professionnelles, reclassements ou retraites des personnels.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Je constate par exemple qu’à Civray, le magistrat qui faisait office de juge de proximité ou de conciliateur n’est pas remplacé localement. Le médiateur, lui, se propose d’intervenir moyennant 30 euros la consultation. L’AJUDEVI n’est plus présente qu’une fois par mois, et les procédures devant le tribunal paritaire des baux ruraux, désormais centralisées à Poitiers, ne cessent de prendre du retard. Que dire du suivi du paiement des personnes menacées de saisie et des dossiers de tutelle ?

Le même constat peut être fait sur Montmorillon, où la gestion des tutelles et curatelles pose difficulté du fait de la présence de l’hôpital et des nombreuses maisons de retraite situées sur le territoire, vieillissant.

Les craintes exprimées lors des discussions préalables à cette réforme, imposée sans concertation, sont aujourd’hui avérées.

Pour répondre à ces difficultés et permettre un égal accès des justiciables à la justice dans les domaines de la vie quotidienne, a été évoquée l’idée de points d’accès au droit ou de maison de droit et de justice. Mme la garde des sceaux avait d’ailleurs donné son accord à cette suggestion lors de sa visite à Poitiers le 12 novembre 2009, même si la forme restait à définir.

Les maisons de droit et de justice, avec présence d’associations d’aide aux victimes, conciliateurs, médiateurs, et des guichets uniques, regroupant les opérations des greffes de toutes les juridictions civiles, pénales et administratives, permettant d’obtenir des documents juridiques, de saisir la juridiction adéquate, de suivre le déroulement d’une procédure ou d’obtenir la copie d’une décision judiciaire, constituent la seule solution d’accès à la justice pour les plus démunis de nos concitoyens, mais aussi pour l’efficacité de la justice, à laquelle vous êtes attaché.

À l’heure où le Gouvernement vient de lancer des appels à projets dans le cadre des pôles d’excellence rurale, que le CIADT de la semaine dernière prévoit de dégager des moyens pour des maisons de services publics, quels moyens pourraient être concrètement mobilisés pour que ces maisons de droit et de justice soient effectives, tant à Civray qu’à Montmorillon ?

M. le président. La parole est à M. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la justice.

M. Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la justice. Conformément aux dispositions du code rural, monsieur le député, le tribunal paritaire des baux ruraux est créé au siège du tribunal d’instance. Dès lors, après la suppression des tribunaux d’instance de Civray et de Montmorillon, le tribunal paritaire des baux ruraux compétent est forcément celui du tribunal d’instance de rattachement, à savoir celui de Poitiers.

S’il n’est pas possible de dissocier le siège de ces deux juridictions, les dispositions du code de l’organisation judiciaire autorisent néanmoins la tenue d’audiences foraines si c’est nécessaire. Ces audiences sont décidées par ordonnance du premier président de la cour d’appel.

À ce jour, l’activité du tribunal paritaire des baux ruraux de Poitiers a augmenté, par effet mécanique lié à la réforme. Cependant, avec six affaires traitées sur les quatre premiers mois de 2010, le délai d’écoulement des stocks s’accroît dans des limites raisonnables. Cinq magistrats sont affectés au tribunal d’instance de Poitiers, ce qui permettra de réduire les délais.

Vous avez posé plus précisément la question de l’accès au droit. Je peux m’en rendre compte en assurant à la place de la garde des sceaux le suivi de la mise en œuvre de la carte judiciaire, les points d’accès au droit se sont démultipliés ces derniers temps, avec, pour l’année 2010, la décision de créer six maisons de justice et du droit sur des territoires éloignés d’au moins 40 kilomètres de la juridiction la plus proche mais comptant une densité démographique suffisante pour assurer un fonctionnement pérenne de la structure.

Ces maisons de justice et du droit seront équipées de dispositifs technologiques innovants sous la forme de bornes interactives, dites contacts visio-public, pour permettre un accès plus facile et plus rapide aux juridictions éloignées quand la présence physique au tribunal d’instance ou de grande instance n’est pas nécessaire. Une évaluation de leur fonctionnement sera réalisée, à la suite de laquelle il conviendra de se prononcer sur l’éventualité d’arrêter une nouvelle liste de ces points d’accès au droit.

Si des besoins en matière d’accès au droit devaient être recensés à Civray ou à Montmorillon, nous pourrions mener, en lien avec le conseil départemental de l’accès au droit de la Vienne et les communes concernées, une concertation autour de l’ouverture d’un point d’accès au droit dans ces communes. Lorsqu’il y a une volonté qui s’exprime au niveau local ou départemental, le ministère s’implique, y compris financièrement et en personnels, mais ce sont des partenariats qui se mettent en place pour de telles initiatives. Je le sais pour en avoir moi-même initié chez moi il y a une douzaine d’années.

Notre objectif en tout cas sera toujours de veiller à ce que la réforme de l’implantation des juridictions sur le territoire national n’aboutisse pas à éloigner la justice de nos concitoyens, et ce type d’initiative peut largement y contribuer.

M. le président. La parole est à M. Jean-Michel Clément.

M. Jean-Michel Clément. Des appels à projet ayant été récemment lancés par M. le secrétaire d’État à l’aménagement rural pour des maisons de services, et le CIADT de la semaine dernière ayant prévu de dégager des moyens, j’aurais aimé vous entendre dire, monsieur le secrétaire d’État, que le Gouvernement a la volonté d’accompagner aussi les petites communes rurales concernées par la réforme de la carte judiciaire.

 

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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 12:35

Lors de l’audience publique du Conseil d’État de mardi dernier 2 février, ont été évoqués l’ensemble des recours dirigés contre le décret portant réforme de la carte judiciaire dont celui concernant la suppression des Tribunaux d’instance de la cirsconscription : Montmorillon et Civray.

J’assistais à cette audience pour écouter les conclusions du rapporteur public.

Celui-ci a rejeté successivement l’ensemble des arguments développés à l’exception de ceux concernant le Tribunal de grande instance de Moulins !

Toutes les autres requêtes, dont celle de l’Association, présidée par Jean-Bernard Brunet, maire de Civray, et Guy Gévaudan, son suppléant, conseiller municipal de Montmorillon ont été jugées par le rapporteur public, comme devant être rejetées.

Il appartiendra à la Magistrature Suprême de le confirmer dans l’arrêt attendu.

En terme de légalité externe pour le rapporteur public, ni la Garde des Sceaux, ni le Préfet, n’étaient tenus par une consultation, pourtant annoncée à grand renfort de communication par la Ministre dans son discours du 27 juin 2007 !

Nous le savons, la concertation n’a été qu’un simulacre de consultation. « Aucune obligation ne pesait sur le Ministère de la justice quant à consulter les collectivités locales ou tout autre comité compétent en matière d’aménagement du territoire », nous dit le rapporteur public.

Le premier acte de la recentralisation était donc posé avec cette "réforme de la carte Judiciaire". En terme de légalité interne, aucune erreur manifeste d’appréciation n’a été relevée par le même rapporteur. Selon lui, le principe d’égalité d’accès au service public de la justice n’est pas remis en cause par la distance à parcourir désormais : « le maillage absolu du territoire n’est pas la règle et la justice n’a pas à être de proximité pour être bien rendue déclare t’il, tout en reconnaissant que l’éloignement est incontestable, les nombreux recours reflétant l’émotion suscitée !! ». Mieux encore, même si cette réforme se traduit par une augmentation des coûts (confirmée par un récent rapport de la Cour des Comptes, qui renvoie à 2018 les éventuels premiers effets de cette réforme) elle renverrait selon lui à une meilleure administration de la Justice !

Mutualisation des moyens, renforcement de la collégialité, spécialisation des magistrats ou sécurité des tribunaux, priment sur tous les autres critères, ceux, qui permettaient comme hier, aux tribunaux d’instance de Civray et de Montmorillon, sur place de : gérer les tutelles ; suivre les règlements des personnes menacées de saisies ;  gérer les conflits entre propriétaire et fermiers ; rendre la justice de proximité, rôle tenu par le magistrat en charge du tribunal, tout comme celui-ci pouvait jouer gratuitement le rôle de médiateur pour les petits litiges. … n’ont pas été retenus comme déterminants par le rapporteur public Qui demain rendra ces services aux justiciables ? Il ne le dit pas évidemment, mais la Ministre non plus ! Nos concitoyens voient ainsi s’éloigner l’accès au juge, ce qui a pu faire dire à certains qu’il n’y aurait plus de justice.

Et si cela était l’expression d’une vérité ressentie par tous ces territoires, vidés progressivement des services publics ? Ce sont les fonctions régaliennes de l’État qui sont touchées avec la Justice qui s’éloigne du justiciable ! A quand, le prochain coup porté à la sécurité publique avec les gendarmeries ou à l’éducation avec nos écoles rurales ? Les collectivités locales dont une réforme annoncée est en train de procéder à leur démantèlement, devront-elles se substituer une nouvelle fois au retrait de l’État de nos territoires pour que nos concitoyens puissent accéder au Droit ? Je le crains. La réponse se trouve dans les Maisons de Droit et de Justice et les finances pour les créer en partie dans les budgets des collectivités locales. Recentralisation des pouvoirs et décentralisation des coûts sur les usagers, voilà ce qui commande aujourd’hui les réformes en cours : celle de la carte judiciaire supprimant les tribunaux d’instance de Civray et de Montmorillon, ne faillit pas à la règle.

JMC
Par Jean-Michel Clément - Publié dans : Justice
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