J’assistais à cette audience pour écouter les conclusions du rapporteur public.
Celui-ci a rejeté successivement l’ensemble des arguments développés à l’exception de ceux concernant le Tribunal de grande instance de Moulins !
Toutes les autres requêtes, dont celle de l’Association, présidée par Jean-Bernard Brunet, maire de Civray, et Guy Gévaudan, son suppléant, conseiller municipal de Montmorillon ont été jugées par le rapporteur public, comme devant être rejetées.
Il appartiendra à la Magistrature Suprême de le confirmer dans l’arrêt attendu.
En terme de légalité externe pour le rapporteur public, ni la Garde des Sceaux, ni le Préfet, n’étaient tenus par une consultation, pourtant annoncée à grand renfort de communication par la Ministre dans son discours du 27 juin 2007 !
Nous le savons, la concertation n’a été qu’un simulacre de consultation. « Aucune obligation ne pesait sur le Ministère de la justice quant à consulter les collectivités locales ou tout autre comité compétent en matière d’aménagement du territoire », nous dit le rapporteur public.
Le premier acte de la recentralisation était donc posé avec cette "réforme de la carte Judiciaire". En terme de légalité interne, aucune erreur manifeste d’appréciation n’a été relevée par le même rapporteur. Selon lui, le principe d’égalité d’accès au service public de la justice n’est pas remis en cause par la distance à parcourir désormais : « le maillage absolu du territoire n’est pas la règle et la justice n’a pas à être de proximité pour être bien rendue déclare t’il, tout en reconnaissant que l’éloignement est incontestable, les nombreux recours reflétant l’émotion suscitée !! ». Mieux encore, même si cette réforme se traduit par une augmentation des coûts (confirmée par un récent rapport de la Cour des Comptes, qui renvoie à 2018 les éventuels premiers effets de cette réforme) elle renverrait selon lui à une meilleure administration de la Justice !
Mutualisation des moyens, renforcement de la collégialité, spécialisation des magistrats ou sécurité des tribunaux, priment sur tous les autres critères, ceux, qui permettaient comme hier, aux tribunaux d’instance de Civray et de Montmorillon, sur place de : gérer les tutelles ; suivre les règlements des personnes menacées de saisies ; gérer les conflits entre propriétaire et fermiers ; rendre la justice de proximité, rôle tenu par le magistrat en charge du tribunal, tout comme celui-ci pouvait jouer gratuitement le rôle de médiateur pour les petits litiges. … n’ont pas été retenus comme déterminants par le rapporteur public Qui demain rendra ces services aux justiciables ? Il ne le dit pas évidemment, mais la Ministre non plus ! Nos concitoyens voient ainsi s’éloigner l’accès au juge, ce qui a pu faire dire à certains qu’il n’y aurait plus de justice.
Et si cela était l’expression d’une vérité ressentie par tous ces territoires, vidés progressivement des services publics ? Ce sont les fonctions régaliennes de l’État qui sont touchées avec la Justice qui s’éloigne du justiciable ! A quand, le prochain coup porté à la sécurité publique avec les gendarmeries ou à l’éducation avec nos écoles rurales ? Les collectivités locales dont une réforme annoncée est en train de procéder à leur démantèlement, devront-elles se substituer une nouvelle fois au retrait de l’État de nos territoires pour que nos concitoyens puissent accéder au Droit ? Je le crains. La réponse se trouve dans les Maisons de Droit et de Justice et les finances pour les créer en partie dans les budgets des collectivités locales. Recentralisation des pouvoirs et décentralisation des coûts sur les usagers, voilà ce qui commande aujourd’hui les réformes en cours : celle de la carte judiciaire supprimant les tribunaux d’instance de Civray et de Montmorillon, ne faillit pas à la règle.


Le Prince Sarkozy s'est octroyé le droit, en cette nouvelle année, sans aucune consultation avec le corps judiciaire, de porter un nouveau coup a l'indépendance de la Justice en
annonçant la volonté de supprimer le juge d'instruction.