Vendredi 27 mai 2011
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Intervention de Jean-Michel Clément auprès de Monsieur le Ministre de l'Agriculture :
"Monsieur le Ministre,
J'ai l'honneur de solliciter votre haute bienveillance afin de relayer l'inquiétude des
éleveurs de ma circonscription, et avec eux, tous les éleveurs touchés par la vague de sécheresse qui frappe notre pays.
Ma circonscription à dominante agricole sur le plan économique se caractérise par la présence
de nombreux élevages, et ce dans toutes les filières : ovine, bovine, caprine ou laitière. Toutes sont pourtant de la même manière concernées par le
sinistre annoncé : celui du manque de fourrages.
Vous avez, Monsieur le Ministre, déjà su prendre une première mesure concernant la
fauche des jachères et leur mise à disposition en direction des éleveurs. Je peux ici témoigner de la solidarité entre agriculteurs de ma circonscription.
Pour autant ces mesures ne seront pas suffisantes, et déjà la spéculation et des effets
d'aubaine se font jour. C'est cela qu'il convient aujourd'hui de combattre pour assurer la pérennité de nos élevages.
En effet, force est de constater que le prix des fourrages a déjà fortement augmenté et les
spéculations vont bon train sur les récoltes de paille à venir. De telle sorte qu'il n'est pas faux d'évoquer déjà l'émergence d'un marché à terme des
sous-produits des céréales.
La fragilité de certaines filières, je pense ici à la filière lait, mais aussi à la filière bovine allaitante, est telle que nombre
de nos élevages ne résisteraient pas à un approvisionnement nécessairement coûteux, si devait se poursuivre cette spéculation.
C'est pourquoi, Monsieur le Ministre, je vous demande de bien vouloir prendre toutes les
mesures réglementaires nécessaires, pour qu'obligation soit faite aux céréaliers de s'abstenir de broyer les
céréales à paille au moment de la récolte, et de faire en sorte que celles-ci soient mises à la disposition des éleveurs dans le besoin. Il en va de
la survie des troupeaux, des élevages, mais aussi de toutes les filières organisées et des emplois induits, au premier rang duquel se situent
les agriculteurs.
En leur nom, je vous remercie par avance des mesures que vous voudrez bien prendre,
pour éviter que les spéculations ne viennent s’ajouter au désarroi d'une profession toute entière, en ayant si besoin recours à des mesures
coercitives."