Monsieur le Maire,
Monsieur le Sous-Préfet,
Mesdames et Messieurs les Conseillers Départementaux honoraires et en exercice,
Mesdames et Messieurs les Maires et Conseillers Municipaux,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Associations de Combattants et de Résistants,
Mesdames et Messieurs les Porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Autorités Civiles et Militaires en vos grades et qualités,
Mesdames, Messieurs,

Nous sommes à nouveau réunis ce matin pour commémorer l’anniversaire d’un massacre, celui d’innocents tombés sous le feu d’une vengeance aveugle.

Je tiens à saluer, tout comme vous ici présents, la mémoire des victimes, leurs familles et toutes celles et ceux qui conservent le souvenir indéfectible de cette tragique journée. Chaque année, celui-ci refait surface avec autant d’émotion, chacun dans le silence du recueillement, prenant la mesure du drame vécu ici par les victimes dont chacun des noms viennent de nous être rappelé.

Mais le temps passe, et avec lui la mémoire s’efface, comme les témoins de ce tragique événement.
74 ans plus tard, le bruit des tirs meurtriers se fait de plus en plus lointain. C’est pour cela qu’il nous faut sans cesse, et encore pour longtemps je crois, faire ce qui est de notre de devoir : se souvenir.

Se souvenir pour les victimes, se souvenir pour toutes les victimes tombées sous les balles de la colonne meurtrière qui, avant et après Le Vigeant, a laissé des familles à jamais dans la peine, a enlevé de jeunes vies qui n’avaient parfois à opposer que l’inexpérience de leur engagement, mais toujours l’amour de leur patrie et l’honneur de leur pays.

Comment ne pas à cet instant, se souvenir aussi que cette année, nous fêterons le centième anniversaire de l’armistice de la Grande Guerre et tous ces soldats tombés au champ d’honneur dont nous avons salué toute à l’heure au Monument aux Morts, la mémoire. Eux aussi ont donné leur vie pour défendre ce que nous sommes encore aujourd’hui : un pays libre, un pays fier de son histoire et de son attachement aux droits de l’homme et du citoyen.

Mais, il nous faut aussi être vigilants pour faire vivre à tout instant la devise de notre République : liberté, égalité, fraternité. D’ailleurs, le Conseil Constitutionnel n’a pas manqué de le rappeler dans sa dernière décision à propos du délit de solidarité.

Cette solidarité qui s’est révélée tout au long du conflit qui devait endeuiller notre pays. Elle avait pour nom « Résistance » et n’a pas manqué de se manifester très tôt, après le début des hostilités.

En cela, la Résistance est pour la France contemporaine un élément essentiel de son histoire. Elle n’est pas une, comme on le dit souvent.

A une première Résistance qui durera jusqu’en 1942, succédera celle des maquis liés au S.T.O., des combats des Glières et du Vercors, de la libération.

Mais toutes avaient en commun de refuser de se soumettre à une ingérence extérieure portée par une idéologie faisant la part belle à la xénophobie, au racisme, à la haine de la différence.

Autant de raisons de voir se retrouver des hommes et des femmes attachées à la Liberté, à leurs Libertés.

Dans les villes, dans les campagnes, dans l’administration, bref… partout où le sentiment d’appartenance à une communauté de destins se fit jour.

Ces luttes pour notre indépendance ont marqué en effet notre histoire, et nombreux sont ceux qui ont donné leur vie ou l’ont vu enlevée par la sauvagerie de la vengeance comme ici face à ce mur.

En leur nom, nous ne pouvons accepter que soit repris un seul de ces espaces conquis par des luttes communes.

Des luttes qui prennent aujourd’hui d’autres visages, mais qui expriment toujours une résistance à des oppressions plus sourdes, mais tout aussi violentes quand elles touchent aux droits économiques, aux droits humains, voire à ceux des enfants.
Je sais que cette journée reste pour tous, un moment particulier et vous êtes là pour en témoigner. Mais, c’est aussi une conscience que nous devons être.

Une conscience qui doit faire de la tolérance, le premier pilier de sa force, le respect de chacun son expression, et la fraternité son visage.
Être ici ce matin, c’est faire revivre ce que nous avons affronté, surmonté, et vaincu pour être ce que nous sommes : un pays libre, fier de cette liberté.

Je vous remercie de votre attention.

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