Le 21 mai dernier s’est tenue une réunion du Groupe d’amitié France-Burkina-Faso que j’ai eu l’honneur de présider. Cette réunion, fut l’occasion de procéder à l’audition de l’Ambassadeur du Burkina-Faso en France, son excellence M. ILBOUDO.

L’Ambassadeur est venu répondre aux questions des membres du groupe d’amitié, inquiets de la situation dans la région du sud Sahel qui englobe une partie du Burkina-Faso, partie qui va de l’est jusqu’au nord du pays.

Concernant ces zones les plus touchées, l’Ambassadeur fait état d’attaques et de violences qui touchent des zones vulnérables, bien souvent très pauvres. Ces attaques visent avant tout les symboles de la présence de l’État : soldats, gendarmes mais aussi élus locaux.

Cette rencontre a permis d’évoquer les efforts faits par le gouvernement burkinabé pour rétablir la paix et la quiétude auxquelles la population aspire. Il a également exposé le plan national de développement et de sécurité sociale qui a pour objectif d’accompagner les citoyens dans l’amélioration de leurs conditions de vie.

D’un point de vue militaire, l’Ambassadeur a confirmé que l’état d’urgence avait été décrété dans le pays et que le gouvernement a commencé la mise en place d’opérations militaires dans les zones à risques.

Conjointement, avec les pays voisins, le Burkina-Faso est engagé dans le G5 Sahel, organisation qui prévoit des moyens communs de défense et de lutte contre le terrorisme.

La lutte menée contre ces organisations n’est pas uniquement militaire, a confié l’ambassadeur, elle est aussi culturelle. En matières religieuse et ethnique, le Burkina-Faso jouit d’une ouverture et d’une tolérance exemplaire. C’est la raison pour laquelle les lieux de cultes, toutes religions confondues, et les acteurs de la société civile engagés localement sont des cibles privilégiées. La fermeture de nombreuses écoles dans le pays inquiète, surtout si cette situation devait durer.

L’Ambassadeur a également précisé aux membres du groupe d’amitié que les affrontements ethniques entre les Peuls et les Mossis ne sont pas principalement dus à ce facteur, mais plutôt à la tradition de ces peuples, agriculteurs et éleveurs nomades. Ces derniers se trouvant confrontés à une présence d’une population, de plus en plus importante, sur des territoires hier, consacrés au parcours en totale liberté de leurs animaux. Les mouvements terroristes utilisant ces affrontements pour nourrir la diffusion de leurs idées. Mais il ne faut pas s’y tromper, c’est bien d’une autre réalité, à laquelle certaines régions sont confrontées.

Enfin, l’Ambassadeur a remercié le soutient de la France et de nos partenaires européens dans l’aide fournie aux populations sur place.

Il a confirmé qu’il n’est pas attendu de L’État un renforcement militaire sur la zone, mais plutôt une aide matérielle. Les pays du G5 Sahel ont les ressources humaines pour pouvoir mener cette lutte, mais ils manquent encore d’équipements pour pouvoir correctement mener à bien leur mission a rappelé l’Ambassadeur à plusieurs reprises.

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