Fin février, l’Espace régional d’orientation de Montmorillon organisait à la Maison des services une intéressante réunion d’information sur le service civique, dans le cadre des « Mercredis de l’info » proposés depuis le début de l’année à la population.

Le service civique est différent aussi bien du bénévolat associatif (il est indemnisé) que du salariat. C’est l’engagement volontaire d’un jeune de 16 à 25 ans (jusqu’à 30 ans en situation de handicap), pendant 6 à 12 mois, au service de l’intérêt général, sans condition de diplôme. D’une durée hebdomadaire de 24 heures minimum, il est indemnisé 580 € nets depuis le 1er janvier 2018[1].

En Nouvelle Aquitaine, première région de France engagée aux côtés de l’État pour accompagner et « universaliser » ce Service civique après les attentats de novembre 2015, les jeunes volontaires font l’objet d’une attention particulière : ils peuvent bénéficier d’aides pour se former (Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur, le BAFA, et autres diplômes), pour obtenir le permis de conduire ou encore profiter de conditions favorables dans les TER. Une plateforme numérique a été mise en ligne, en coopération avec Unis-Cité, pour soutenir les initiatives en milieu rural : http://www.serviceciviquenouvelleaquitaine.fr/

Comme le rappelle la jeune et poitevine conseillère régionale Léonore Moncond’huy – auteure d’un excellent livre, Le service civique, dernier rempart de la République, paru en 2017 aux éditions Atlande –, ce dispositif fait l’objet d’un grand consensus politique. Pour Martin Hirsch, son fondateur en 2010, c’est une « idée qui transcende tous les clivages ».

Les témoignages des jeunes et des structures d’accueil réunis il y a quelques jours à Montmorillon, comme des études nationales, montrent que les volontaires sortent souvent transformés par cette expérience de rencontres et d’échanges. Celle-ci permet aux jeunes de mieux se situer et de prendre confiance en soi, voire de gagner en compétences pour mieux s’orienter vers un projet professionnel ou poursuivre des études.

Ce succès révèle aussi une appétence pour l’engagement dans notre société. En effet, c’est bien l’ENGAGEMENT qui est au cœur de la mission de volontariat ! Pour expliquer les motivations de ces jeunes, Léonore Moncond’huy évoque – en citant des enquêtes – « des valeurs altruistes comme le partage, la solidarité, le sentiment d’utilité » et aussi « des motifs relatifs à la réalisation individuelle comme la distraction, l’affirmation de soi, la formation, la volonté de donner un sens à vie ». L’une des études montre « que ces jeunes volontaires sont plus engagés et plus politisés que la moyenne des jeunes Français. Ils auraient aussi une confiance plus forte en l’institution républicaine en général, associée à une meilleure connaissance de son fonctionnement. »

Ces évaluations sont très stimulantes, d’autant que la proportion de jeunes les moins qualifiés qui en bénéficie tend à augmenter depuis la naissance du dispositif, et qu’à leur entrée en mission, presque la moitié des volontaires étaient demandeurs d’emploi.

Les offres de service civique en milieu rural ont cependant du mal à trouver preneur.

À Montmorillon, fin février, un poste n’était pas pourvu à la MJC et un autre à Pôle emploi. Faute de logements sur place, de transports en commun pour se rendre sur les lieux de mission, seulement 2 à 6% des jeunes volontaires seraient issus de la ruralité, où ne se dérouleraient que 2,5 à 4,7% des missions, selon le rapport d’activités 2015 de l’Agence du service civique.

Peut-être aussi l’information n’est-elle pas assez relayée, en particulier par les établissements scolaires qui ne présenteraient pas assez cette voie comme un possible tremplin, malgré les améliorations apportées par la loi du 27 janvier 2017 relative à l’Égalité et la Citoyenneté, qui tend à valoriser le service civique dans les parcours scolaires et universitaires.

Il nous faut tous se mobiliser pour participer à l’élargissement de cette expérience qui place l’engagement et les valeurs de la République au cœur de sa démarche émancipatrice.

N’oublions pas non plus ces « lieux d’engagements » que sont les associations, tiers-lieux de réalisation du mérite dans la société, indépendamment des champs académiques et économiques. Comme le fait remarquer Léonore Moncond’huy, « un parcours associatif ou politique réussi n’est jamais autant valorisé socialement qu’un parcours scolaire ou professionnel, et du chemin reste à parcourir… mais aussi de nouvelles formes à inventer ? »

Nous pouvons tous et toutes contribuer, chacun à notre manière, au développement de ce projet concret de société plus solidaire.

[1] Cette indemnité mensuelle se compose de 473,04 € nets pris en charge par l’État (majorés de 107,68 € selon critères sociaux) = 107,58 € pris en charge par l’organisme d’accueil (association, collectivité territoriale, établissement public ou services de l’État : hôpital, musée, université ; école, préfecture, gendarmerie…) ayant préalablement obtenu un agrément de l’Agence du service civique.

2 Réponses

  1. Avatar
    Liliane C.

    Belle initiative. Dommage que notre ruralité n’attire pas plus nos Jeunes !

  2. Avatar
    Patrick

    Le service civique, c’est aussi possible dans les associations sportives. Pour le développer, le Comité Départemental Olympique et Sportif développe une action forte, avec plus de 70 services civiques aujourd’hui sur le territoire. http://vienne.franceolympique.com/art.php?id=61555
    Un projet spéficique est même en cours pour les zones rurales…

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