Quel drôle de titre me direz-vous pour un billet hebdomadaire ! Rien ne l’explique, mais tout le justifie pour apprécier un peu mieux les fractures qui ne cessent d’apparaître dans notre société.

Pour s’en convaincre et comprendre combien l’exclusion fait partie de notre quotidien, il suffit d’observer notre environnement et ses transformations.

Par exemple, pour une simple modification de carte grise afin d’en actualiser des données, ceux qui ne savent pas que l’opération est possible par voie dématérialisée ont le réflexe de se rendre en Préfecture ou Sous-Préfecture. Ils y apprennent qu’il faut une adresse électronique. Quand ils n’ont pas d’ordinateur, ils doivent alors trouver un voisin bienveillant équipé, lequel n’appartient pas toujours au cercle de leurs relations.

Reste le garagiste. Mais pourquoi lui, alors que le véhicule n’a pas changé de mains ?

La bonne volonté des services de l’État, ou la proposition du député fortuitement présent, n’ont pas suffi à régler le problème !

Comment cette personne n’aurait-elle pas le sentiment légitime d’être à l’écart d’un processus devenu inaccessible pour elle ?

Comment ira-t-elle porter dimanche au vide-greniers du village voisin divers objets dont elle espère retirer quelques euros pour améliorer son quotidien ?

Ces vide-greniers deviennent, avec le temps, source de revenus complémentaires ! Ils révèlent également une forme de refus de l’exclusion sociale en offrant, chaque dimanche d’été, une occasion de créer du lien.

Le numérique, c’est aussi la dématérialisation galopante dans tous les domaines de la vie quotidienne : pour entrer en relation avec Pôle-emploi, pour faire demain sa déclaration d’impôts en ligne, pour faire valoir ses droits auprès de la CAF ou de sa caisse de retraite…

Au moment où le déploiement du numérique va devenir une réalité sur tout le territoire, la nécessité d’une médiation humaine est indispensable. Reste à savoir comment elle sera organisée, sans coûter à celles et ceux qui devront y recourir. Ce serait une double peine.

À défaut, ils devraient encore trouver des sources de revenus supplémentaires en faisant un… vide-garage (!) dans un espace où ne pourra bientôt plus stationner un véhicule d’occasion faute d’en trouver sur le marché, ces véhicules disparaissant avec la prime à la casse !

Sans tomber dans une exagération que d’aucuns finiraient par trouver caricaturale, ces réalités, particulièrement effectives dans les espaces ruraux, illustrent la variété des facettes de l’exclusion sociale, qui se double souvent d’une sourde culpabilité chez certains : par exemple, le sentiment d’être, malgré eux, des pollueurs… la pastille verte ne leur étant, à l’évidence, pas destinée.

Il appartient aux pouvoirs publics qui accompagnent les mutations sociétales et transforment en obligation certaines pratiques numériques, d’assurer la nécessaire péréquation des moyens au nom de l’égalité des citoyens devant les charges publiques.

2 Réponses

  1. Christophe

    Il est catastrophique de laisser la société aller vers cette évolution sans donner la posssibilté à tous.

  2. Serge

    Je rajouterai aux propos de Jean Michel CLÉMENT que même avec un ordi beaucoup de personnes n’ont pas le débit correct pour communiquer, ce qui ne devrait normalement plus être le cas, bon nombre de nos politique sont au courant pourtant. Je me souviens il y a une dizaine d’années du temps ou j’étais élu avoir entendu Mr SENECHAUD qu’en 2010 il n’y aura plus aucune zone blanche avec un débit suffisant
    Et les enfants de famille modeste qui eux aussi n’ont pas d’ordi et qui doivent se servir du net pour leurs devoirs malheureusement ça existe, on demande aujourd’hui l’égalité homme femme ce qui est bien mais moi je demanderai aussi l’égalité pour tous .

    Bonne réception

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