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LP : Le haras des Brousses à St Maurice la Clouère - GAEC Campos

Un modèle d'entreprise qui s'adapte au gré des générations et des passions

En cette période de crispation économique, où l’etablishment recommande aux agriculteurs de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier, une activité retient toute l’attention et l’énergie des membres du GAEC Campos, situé à St Maurice la Clouère près de Gençay : l’élevage de chevaux pur sang.

Entreprise familiale, s’il en est, ce Groupement Agricole d’Exploitation en Commun – GAEC – est composé de Raymond Campos, son frère Jean-Claude, ainsi que les deux fils de celui-ci : Jean-Sébastien et Nicolas.

Ce dernier a retracé l’historique de cette affaire familiale et a livré la teneur d’un projet qu’il a particulièrement, fait sien.

Si les résultats étaient à la hauteur des espérances, le challenge qu’il vient de lancer avec tous les membres de cette dynastie, pourrait aboutir à la consécration de plus de quarante années de labeur.

Jean-Antoine Campos est arrivé en France métropolitaine en 1962, par le bateau qui le ramenait d’Algérie avec pour seul bagage, sa famille, son courage et comme bien d’autres de ses congénères, sa valise faite à la hâte.

Il s’est installé à Vernon en 1965 et a crée le GAEC avec ses deux fils : Jean-Claude et Raymond en 1989.

Leur schéma professionnel se résumait alors, à l’élevage bovin et accessoirement celui de quelques juments poulinières de pur sang. Jean-Antoine avait cette passion qui lui colle à la peau, depuis son plus jeune âge. « J’ai commencé à monter à cheval à 5 ans » confie t-il.

Autant dire que la contagion s’est vite répandue dans la famille. L’activité d’élevage de chevaux, devenue primordiale au sein du GAEC, s’est rapidement développée, parallèlement à la réussite de nombreux chevaux gagnants sur les champs de course, issu de cet élevage régional, encore anonyme. Puis, le temps passant, les deux fils de Jean-Claude ont pris naturellement leur place au sein du GAEC.

Ils y ont mis en place une station de monte sur la ferme des Brousses : le haras des Brousses venait de prendre naissance, avec l’arrivée de Jean-Sébastien et de Nicolas, son frère cadet.

Ainsi, chaque année, une petite centaine de juments, sont présentées aux étalons de l’écurie, en plus des quarante poulinières, déjà présentes sur l’exploitation.

Pour mémoire « Equerry », superbe cheval, baie foncé, est classé 3e au palmarès des étalons français.

 « Bachir », quant à lui, propriété d’un émir de Dubaï, né en Irlande, a effectué deux saisons au Japon avant de poursuivre sa destinée dans les écuries des Brousses.

Nicolas, tu te qualifies toi-même d’éleveur, entraîneur, et pré-entraîneur de chevaux de course. Qu’est-ce qui a guidé ton choix ?

Ma priorité, ce sont les chevaux. J’ai été baigné dedans quand j’étais petit. J’ai souhaité suivre une formation de cavalier entraînement, que j’ai effectué à Chantilly, auprès de l’AFASEC. Association de formation d’action sociale des écuries de course en quatre ans.

Je suis ressorti avec la licence d’entraîneur.

Celui-ci revendique, un solide cursus, étayé de stages de longue durée, réalisés tant en France, qu’en Australie, en Irlande, en Tunisie et en Espagne.

« Pour nous, la pratique de langue étrangère, est un atout indéniable quand on veut aller chercher une clientèle étrangère (anglais, espagnol, arabe). »

 

Quelles sont les qualités requises pour réussir dans ce métier ?

Tout d’abord, croire à ce que l’on fait. Être crédible, vis-à-vis de nos partenaires. Notre travail consiste à extraire la quintessence du cheval. L’intérêt de la préparation de l’animal, est fondamental…ainsi que la génétique évidemment. Tous les chevaux ont un potentiel, mais il nous faut savoir concilier les deux aspects. C’est une gestion sur le long terme.

Notre force repose sur les acquis professionnels, transmis depuis quarante ans, par mon grand-père, Jean-Antoine.

Et le jeune éleveur de rappeler que ce dernier, maintenant à la retraite, a commencé avec une seule jument.

 

Ressentez-vous les effets de la crise économique actuelle ? Et comment apparaissent-ils ?

Oui, nous sentions monter une frilosité, de la part des propriétaires depuis un ou deux ans. Ceux-ci hésitent à acheter ou à mettre toutes leurs juments à l’étalon. Ils privilégient les bons sujets. Cela peut à terme, tirer la qualité vers le haut.

En réponse, je dirais qu’il faut investir encore plus, dans la génétique et la préparation des poulains.

Mais nous avons pour ce faire, besoin d’infrastructures adéquates. Le placement chez des entraîneurs, aux quatre coins de la France, voire même en Espagne, est devenu trop coûteux.

J’aimerais faire le travail moi-même, sur le site même de l’exploitation.

Ainsi le jeune Nicolas, qui ne manque pas d’idées, s’escrime à bâtir un projet, de créations d’un centre d’entraînement qui reposerait entre autre, sur la réalisation d’une piste aménagée dans les règles de l’art… et des nécessités (12 0000 / 3,50 m). Soutenu par le consortium familial, celui-ci ne désespère pas de rassembler les fonds nécessaires. et déploie en tous cas, toute l’énergie de ses 27 ans, pour échafauder ce véritable projet de carrière. Puis de conclure, avec son inséparable sourire, « mon grand-père a bien recommencé avec rien ! » dit-il. « C’est la guerre économique, mais ce n’est pas la guerre ».

Les 4 associés du GAEC Campos, exploitent actuellement 175 ha, consacrés essentiellement à l’élevage bovin et à la production de poulains de pur sang (60 vaches allaitantes et 40 poulinières).

Les céréales produites sur place, contribuent à l’autosuffisance alimentaire des animaux. Seule la paille est achetée à l’extérieur. Bien que les fins de mois soient parfois difficiles, car il leur faut tirer 4 salaires, il n’est nullement question pour Jean-Claude, Raymond, Jean-Sébastien et Nicolas Campos de baisser les bras « à la veille de jours meilleurs. »

Le tout est sans doute d’y croire suffisamment.

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