Le
millefeuille des strates institutionnelles décrié par bon nombre d’élus, relayés eux-mêmes par les citoyens, qui peinent à s’y retrouver, va-t-il exagérément tomber dans une déliquescence, qui a
toutes les raisons d’inquiéter les représentants des collectivités locales ?
Jean-Marie Rousse, après, trois mandats d’adjoint, a endossé
l’habit de maire en 2008. En homme de terrain confirmé, il n’y va pas par quatre chemins pour livrer ses impressions sur ce futur bouleversement des institutions.
« Il y a effectivement besoin de réformer les structures
existantes pour parer entre autres, aux lourdeurs administratives.
Nous gagnerions en réactivité et en efficacité. Mais il
ne faut tout de même pas aller trop vite. Je sens une vision urbaine du projet actuel où les petites communes et les territoires ruraux en particulier, y perdraient en terme de services publics
et de gestion de proximité. »
Que craignez-vous en
substance...
Je m’inquiète du rôle exact des futurs conseillers
territoriaux, auxquels, donnera naissance, le regroupement des régions et des départements. On n’arrive pas à se projeter. Paradoxe étonnant, on semble vouloir recentraliser dans une logique de …
décentralisation ! Qu’on enlève des strates, je suis d’accord, mais cela risque de profondément bouleverser la géopolitique locale. Quid de la représentativité de nos élus, à l’échelon de la
future assemblée.
Et quels seront véritablement nos nouveaux interlocuteurs ?
»
Les fusions récemment opérées entre les différents ministères
laissent déjà, sur sa faim l’élu de ce bourg du Pays montmorillonnais, lequel y voit plutôt un éclatement dangereux des services de l’Etat.
Et que diriez-vous pour conclure
?
Autant on peut trouver une cohérence à ce projet de réforme
pour ce qui concerne la gestion des grands centres urbains, autant celui-ci manque de lisibilité quant à son application dans nos territoires ruraux.
… Et auriez-vous un message à faire passer
?
Sur le plan purement national, il faut être réaliste, dans le
contexte économique actuel, face aux délocalisations par exemple. Notre problématique principale, ici, dans notre région, réside surtout dans le désenclavement. Poitiers n’est qu’à 40 kms ! En
terme d’emplois, il est hors de question de rivaliser avec l’axe Poitiers-Châtellerault. En contrepartie, nous pouvons offrir à une population résidente, une extraordinaire qualité de vie, axée,
pourquoi pas, autour du tourisme vert ou culturel, en ce qui nous concerne. » A juste titre, l'élu évoque les quelques 50 000 visiteurs répertoriés qui ont visité cette année, la célèbre abbaye
classée par l’UNESCO, au titre de patrimoine de l’humanité.