Système éducatif : le tableau noir du gouvernement

La rentrée scolaire 2011 est l’occasion d’un bilan des actions du gouvernement en matière de réformes éducatives. Celui-ci révèle la situation sinistrée du système éducatif français : chacun perçoit à la fois l’échec de l’école à la française, les dégâts durables qui vont être causés, la nécessité absolue d’apporter des réponses et la difficulté de les trouver. Au lieu de s’attacher à atteindre les objectifs, définis lors du Conseil européen de Lisbonne de mars 2000, et précisés à Barcelone en 2002, de conduire 85 % des jeunes au niveau du baccalauréat, et 50 % à celui de la licence, les politiques publiques françaises conduites depuis ces dernières années, n’ont eu de cesse de réduire les moyens consacrés à l’éducation, au mépris de toute stratégie d’investissement dans l’avenir.

La rentrée scolaire 2011-2012 se déroule dans un contexte de tension exacerbée. Les blocages et échecs des réformes éducatives menées par ce gouvernement se retrouvent ici aussi au travers des mesures suivantes :

1. Le choix de mettre fin à l’accueil des enfants de 2 ans en maternelle, en échange d’économies d’emplois, a des incidences scolaires et surtout sociales majeures, en freinant l’accès à l’emploi des femmes. Le transfert de la prise en charge de la petite enfance aux familles, communes ou entreprises pénalise les ménages les plus modestes. Sans compter que dans les communes rurales, il est impossible de mettre en place des crèches pour ces plus petits.

2. La faiblesse du taux d’encadrement à l’école primaire est un frein à l’acquisition des compétences, en particulier pour les élèves issus des milieux les moins favorisés. La fermeture de la classe de Montmorillon Ville-basse, cette année, en est l’exemple même.

3. La suppression unilatérale et sans dispositif de substitution de la formation des maîtres a déjà montré cette année ses conséquences catastrophiques. La maîtrise de méthodes pédagogiques appropriées dès le cours préparatoire permettait de prévenir une grande part de l’échec scolaire. Elle ne peut seulement s’acquérir « sur le tas », et nécessite une solide formation initiale et continue, théorique et de terrain.

4. La réduction du nombre de redoublements, si elle permet l’économie d’emplois enseignants, se contente de ne traiter que les symptômes, et non les causes, de l’échec scolaire : chaque année, environ 20 % des élèves quittent le système éducatif sans baccalauréat, ni premier diplôme professionnel ; le quart le plus faible des lycéens de 15 ans voient leur niveau continuer à baisser. La lutte contre l’échec scolaire débute bien en amont, notamment à l’école maternelle.

5. La réduction à trois ans de la préparation au baccalauréat professionnel pose le problème de l’acquisition des compétences nécessaires par les élèves. L’apprentissage conduit une large proportion d’entre eux à un cul-de-sac : pas de poursuite d’études ou de formation. Mieux armer ces élèves permettrait de faire du baccalauréat professionnel un véritable ascenseur social.

6. Enfin le lycée fonctionne aujourd’hui comme un établissement de tri sélectif, répartissant les élèves dans les séries générales, technologiques ou professionnelles. Ces séries se distinguent non seulement par les enseignements qu’elles proposent, mais également par le milieu socio-professionnel d’origine des élèves qu’elles accueillent. Cette ségrégation sociale, liée à l’organisation actuelle du baccalauréat, rend inaccessible l’objectif de 50 % de jeunes conduits au niveau de la licence, alors même que seul le baccalauréat général prépare aujourd’hui convenablement aux études conduisant à la licence.

 

Triste constat, heureusement la bonne nouvelle de la rentrée : l’école et le système de formation de la maternelle à l’université, seront au centre des thèmes de la campagne présidentielle qui s’annonce.

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