Crise de l’élevage : la Commission européenne sort de son dogmatisme ultra libéral sous la pression de Stéphane Le Foll

M Stephane Le Foll MinistreLe conseil européen de ce lundi a décidé d’adopter des mesures concrètes pour agir sur la surproduction, cause principale de la crise des filières d’élevage en Europe.

Sur la base des propositions françaises partagées par une majorité d’États membres, le commissaire s’est en effet, engagé à mettre en œuvre des mesures fortes.

 Il a ainsi acté, et pour la première fois, la pertinence du déclenchement de l’article 222 du règlement permettant aux opérateurs de déroger au droit de la concurrence pour limiter temporairement la production.

S’agissant des mécanismes d’intervention et compte tenu de ce qui est constaté ces derniers mois, la Commission a décidé de doubler les plafonds d’intervention pour la poudre de lait et le beurre. Cette augmentation du plafond permettra de faire face à l’augmentation de la production en cours, le temps que la mesure de limitation de la production soit mise en œuvre, et produise ses effets.

Comme le souhaitait la France, la Commission a également pris l’engagement de remettre en place dans l’année  des mesures de stockage privé pour le porc. Elle a également indiqué qu’à l’instar de ce qui existe dans le secteur laitier, un observatoire sur les viandes bovines et porcines sera mis en place.

S’agissant des mesures destinées à favoriser l’export, la Commission s’est engagée à proposer un nouvel outil européen de garantie pour couvrir les risques financiers pris par les entreprises.

En marge du Conseil, la Commission a donné un accord de principe à la France pour expérimenter l’étiquetage de l’origine des viandes et du lait dans les produits transformés.

Il est pris acte de l’utilité de permettre aux acteurs d’assurer leur responsabilité dans la régulation temporaire de l’offre par dérogation aux règles de la concurrence.

Cette prise de conscience de la gravité de la situation, à l’échelle de l’Europe, constitue un aveu de responsabilité politique de la Commission.

Cette évolution doit être mise au crédit de l’action déterminée du Ministre de l’Agriculture, n’en déplaise aux pourfendeurs de son action.

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