Les crises agricoles ne doivent pas nous détourner de nos objectifs

comice-agricole-civrayLe traditionnel comice agricole de Civray de septembre sonne comme la rentrée du monde agricole, l’occasion aussi de se pencher sur un secteur secoué par de nombreuses difficultés.

Baisse du prix du lait et des céréales, mévente des bovins allaitants, sécheresse durable et rendements au plus bas… sont autant d’éléments qui nécessitent que des mesures soient collectivement prises par tous ceux qui participent à la vie de ce secteur essentiel à l’économie et à nos territoires : l’Etat en premier lieu mais aussi les partenaires institutionnels, secteur bancaire, secteur coopératif et négoce agricole, MSA,… tous liés par un même destin.

Pour autant, ces différentes difficultés ne doivent par nous détourner des vrais objectifs que l’agriculture, dans la diversité de ses productions, se doit d’atteindre. L’exemple de la production céréalière est en ce sens essentiel pour comprendre les enjeux.

Les productions céréalières en France connaissent une année « noire ». De nombreuses voix se sont élevées afin qu’un accompagnement des producteurs puissent être mis en place par le gouvernement. Si certaines mesures sont probablement nécessaires afin de permettre à toutes les exploitations productrices de céréales de traverser ces difficultés liées aux aléas climatiques, il convient avant toute chose de prendre un peu de recul sur la situation de ce secteur.

Tout d’abord les productions agricoles sont, par nature cycliques, et une approche pluriannuelle des résultats comptables des grandes exploitations céréalières permet de mettre en lumière une situation beaucoup moins alarmiste que celle qui nous est présentée par le syndicalisme majoritaire.

Si certains producteurs rencontrent des difficultés, ce sont bien les producteurs des zones intermédiaires, pour qui les productions céréalières sont associées à d’autres productions et notamment à l’élevage, comme dans beaucoup d’exploitations de la circonscription. Il convient selon moi de concentrer les mesures liées à la chute des volumes céréaliers, sur ces seules exploitations, compte tenu de leur fragilité.

En outre, trop d’exploitations céréalières se sont inscrites dans un modèle « industriel » qui ne sera pas en capacité de répondre aux défis de demain. Appauvrissement des sols, stagnation voire chute des rendements sont autant de signaux qui, associés à de nouvelles attentes du consommateur en termes de nutrition, doivent inciter le secteur à engager sa mutation vers un modèle plus résiliant.

Sur la nature des mesures annoncées par Le Ministre de l’agriculture, je regrette que les contraintes budgétaires aient conduit au gel de l’enveloppe liée aux paiements redistributifs pour 2017, impactant ainsi des exploitations d’élevage déjà lourdement touchées par une crise, qui pour le coup est structurelle.

Je me félicite cependant que l’objectif de 20% de prélèvement du premier piler pour 2018 soit maintenu. Les paiements redistributifs constituent une des « mesures phares » du ministère de Stéphane Le Foll. Ils permettent de favoriser les exploitations « intensives en emplois », génératrices de valeur ajoutée, base d’un modèle agricole progressiste. Ceux qui nous font confiance, et plus généralement notre électorat, ne comprendrait pas que nous puissions renoncer à cet objectif.

Bien sûr, la solidarité doit pouvoir continuer à s’exprimer en cas de « calamités agricoles », mais nous devons impérativement veiller à venir en aide aux seules exploitations mises en réelles difficultés par ces évènements. Il est notamment impératif de manier avec prudence les réductions de charges sociales qui vont prioritairement aux plus gros contributeurs, souvent détenteurs de patrimoines personnels bien supérieurs à la moyenne des Français. Il n’est pas nécessaire que nous exprimions de la solidarité supplémentaire vis à vis d’eux, au risque de voir l’argent public convertie en placements privés.

En résumé, il convient que les mesures conjoncturelles soient circonscrites, afin de limiter la dispersion des fonds publics et ne pas nous détourner de l’objectif premier inscrit avec force dans la Loi d’Avenir pour l’Agriculture, l’alimentation et la Forêt : la mutation de l’ensemble de l’Agriculture Française vers l’Agroécologie.

 

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