Réorientation de la PAC : malgré la récolte catastrophique des céréales d’hiver, il faut maintenir les paiements redistributifs !

Lpace Ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, après réunion du Conseil Supérieur d’Orientation et de coordination de l’économie Agricole (CSO) fin juillet , a décidé de cesser la progression du prélèvement redistributif aux 52 premiers ha (surface moyenne des exploitations françaises) et de le bloquer à 10 % (au lieu de 15 % prévu en 2017 et 20 % en 2018/2020).

Cette décision sonne comme un reniement de plus diraient certains, et un très mauvais signe, si la droite revenait au pouvoir, laquelle pourrait s’empresser de supprimer ce prélèvement redistributif.

Cette redistribution est une mesure emblématique pour les exploitations de petite et moyenne dimension, et bien sûr pour la gauche paysanne, mesure qui privilégie les systèmes d’exploitation riches en emplois. Mais alors que ce paiement, renforcé pour les premiers ha, est favorable pour toutes les exploitations de moins de 100 ha (à multiplier par le nombre d’associés  pour les GAEC), cette décision va pénaliser un peu plus les exploitations d’élevage, mais aussi les exploitations de polyculture ou céréalières  de moins de 100 ha qui sont nombreuses encore dans notre département.

Quand on regarde les  simulations présentées au CSO : maintien  du prélèvement comme prévu à 15 %, ou diminution à 10 % (niveau de 2016), ou augmentation à 20 % (niveau prévu pour 2018/2020), que constate-t-on ?

Diminuer le niveau de prélèvement, c’est :

– reprendre aux petites exploitations pour redonner à celles de plus de 100 ha

 – c’est aussi reprendre aux exploitations d’élevage lait (la nouvelle PAC sans le paiement redistributif est défavorable aux ateliers laitiers spécialisés), viande bovine, ovins, caprins pour donner aux exploitations de grande culture.

– c’est reprendre à une grande majorité de départements d’élevage dans l’ouest, le sud-ouest le massif central et les zones de montagne de l’est.

Ces départements qui sur une longue période ont les revenus les plus bas, et connaissent une crise dure depuis plus d’un an ( lait, viande, porcs)  pour redonner à quelques départements essentiellement, du Bassin Parisien et du Nord.

Le désastre annoncé de la récolte de céréales 2016 (rendements en baisse de  -20 ou -30 %) doit nous amener, non pas à prendre aux petits pour rhabiller un peu les plus riches, mais à repenser la mise en place de systèmes d’assurances récoltes  couvrant les dommages causées par des phénomènes climatiques défavorables reconnus  comme tels, pas une assurance revenu. Ces assurances, plus fiables et plus accessibles, doivent être abondées par les Pouvoirs Publics, soit, mais aussi contrôlés par l’Etat, avec des contreparties qui évitent les effets d’aubaine pour les plus grosses exploitations.

Enfin n’oublions pas que si les revenus de l’OTEX (orientation technico-économique) « grande culture » sont en baisse depuis 2 ans, ils partent de haut (en 2012, 62 000 € de résultat courant/ actif non salarié avant impôt, près du double de la moyenne française) et que les niveaux de patrimoine des grands céréaliers sont très au-dessus de ceux du français moyen (1 400 000 € pour 10 % des plus gros céréaliers !).

Quel intérêt de donner 2 ou 3 dizaines d’euros par ha à des gros céréaliers qui annoncent des pertes de 300/500 euros par ha, en donnant un signal très négatif,  à l’inverse de ceux donnés par le Ministère en début de mandat, ce  qui ne va ni dans le sens de l’emploi, ni dans celui de l’agro-écologie, pour revenir à une PAC inéquitable  et à des agrandissements sans fin ? Qui sert-on, Monsieur Beulin, l’agro-industriel, ou la France et ce qu’il y reste de paysans ?

N.B.   Nous assistons depuis plus de 10 ans à la stagnation des rendements des céréales d’hiver.

La baisse de 2016 est bien sûr conjoncturelle mais il y a derrière des questions de modèle agro-industriel  dépassé et peu en phase avec la lutte contre le réchauffement climatique.

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