La politique agricole commune : l’autonomie alimentaire au prix fort, mais aussi au détriment de nos territoires ruraux

pacUn rapport parlementaire européen aborde pour la première fois en 54 ans ( !) le sujet de l’emploi et de la PAC.

Ce rapport est le fruit d’une large consultation lancée en mars dernier, soutenue par l’ensemble des groupes politiques à l’exception des libéraux et des conservateurs.

Quelques chiffres tout d’abord :

. Entre 1957 et aujourd’hui, la population agricole est passée de 20% à 4% de la population active de l’Union Européenne (UE).

. Plus d’une exploitation sur 5 a disparu dans l’UE entre 2007 et 2013, passant de 13,6 millions à 10,8 millions six ans plus tard.

. La moitié des agriculteurs sont aujourd’hui âgés de plus de 55 ans. Les moins de 35 ans ne représentent que 7% de la totalité des exploitations.

Que nous dit ce rapport ?

Deux constats édifiants ressortent :

– la PAC, en favorisant l’intensification de la production et la concentration des exploitations agricoles, a eu un impact négatif sur l’emploi en milieu rural.

– les réformes successives adoptées depuis 1992 ont favorisé les modèles d’exploitations intensifs orientés vers les marchés à l’export, au détriment de l’agriculture familiale.

La PAC d’aujourd’hui doit être réformée, afin de répondre aux 4 défis actuels : alimentaire, environnemental, climatique et territorial.

Le rapport appelle à un nouveau contrat social entre les agriculteurs et les citoyens et à faire de la PAC un véritable instrument au service de l’emploi tout en garantissant une alimentation saine et accessible au plus grand nombre.

Il est demandé aux États membres de mettre en œuvre une stratégie globale de renouvellement des générations, en soutenant conséquemment les jeunes agriculteurs.

Il faut aussi réactiver et adapter les outils de régulation des marchés et de lutte contre la volatilité des prix, et cesser le laisser-faire des marchés, dévastateur pour les agriculteurs, l’emploi et l’économie des territoires.

Quelles solutions mettre en œuvre ?

– un soutien aux petites et moyennes exploitations et la reterritorialisation de l’agriculture.

Le rapport préconise de privilégier, par le soutien direct, les petites et moyennes exploitations, plus résilientes, qui représentent 79% des exploitations et sont les plus performantes en termes d’emploi et de développement durable.

Il recommande une «reterritorialisation» de l’agriculture prenant en compte les préoccupations de santé publique et organisée autour de circuits courts et d’une économie circulaire revendiquée.

– une adaptation de compétences aux besoins du nouveau modèle agricole et l’essor de nouveaux métiers.

Le rapport invite à promouvoir l’innovation, l’apprentissage, la formation professionnelle et l’organisation collective pour adapter les compétences des acteurs aux besoins du nouveau modèle agricole et à l’emploi.

Il appelle à favoriser l’essor de nouveaux métiers et activités dans les domaines de l’énergie renouvelables, de l’économie verte, du tourisme.

En résumé, il ressort de ce rapport, bien tardif, et qui aurait dû être fait à chaque révision des orientations de la PAC, qu’il faut infléchir la PAC et d’en faire un instrument au service de l’emploi.

Les problèmes que connait la France rurale se trouvent aussi dans les orientations de la politique agricole comme la cause de ses difficultés. Quand l’emploi agricole est affecté, c’est tout le monde rural qui est affecté.

Les États Généraux de la Ruralité conduits par le Département n’ont pas suffisamment mis en évidence ces conséquences qui affectent durement la vie de nos communes rurales.

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