Le désenclavement du Limousin, une solution aussi pour notre territoire

Michel Delebarre, ancien Ministre d’État, Sénateur du Nord, nommé parlementaire en mission, a été chargé de rédiger un rapport relatif au désenclavement  du Limousin et des territoires limitrophes.

Cette mission lui avait été confiée par le précédent Gouvernement, suite à l’annulation par le Conseil d’État le 15 avril 2016 de la déclaration d’utilité publique du projet de barreau à grande vitesse Poitiers-Limoges.

Il vient de rendre son rapport.

J’avais été pour ma part, auditionné sur ce sujet le 14 mars dernier.

Afin de désenclaver ce territoire et tenant compte de l’annulation de la déclaration d’utilité publique, Michel Delebarre préconise dans son rapport la modernisation de la ligne ferroviaire existant actuellement entre Poitiers et Limoges, afin d’y faire circuler des TER, mais également des TGV en provenance de la ligne Paris-Bordeaux, précisant que cette solution doit se déployer en parallèle de la pérennisation de l’axe historique POLT. Il recommande également une série d’autres pistes alternatives visant à améliorer rapidement la desserte de ce territoire.

Je me félicite de cette décision qui a toujours eu ma préférence tant elle répond au respect de la règle d’or ferroviaire introduite par la loi du 4 août 2014 qui encadre le financement des projets de développement du réseau ferré. Cette règle impose à la SNCF de ne pas s’endetter pour financer des projets, au-delà un certain ratio, atteint déjà depuis longtemps avec une dette de 44 milliards d’euros, dont 37 millions d’euros pour SNCF Réseau !!

Aujourd’hui, le Gouvernement se fixe comme cap, d’assurer la mobilité pour tous et pour tous les territoires.

Le Limousin et ses territoires limitrophes soulèvent à ce titre des enjeux majeurs de désenclavement, il convient d’y apporter les réponses les plus pertinentes, pour en améliorer concrètement et rapidement la desserte.

Les conclusions de ce rapport constituent des pistes importantes, et vont désormais faire l’objet d’un examen approfondi par le Gouvernement et les services de l’État, en lien étroit avec les élus du territoire.

Par ailleurs, ces Assises de la mobilité seront lancées à la rentrée, doivent permettre d’identifier les besoins et attentes prioritaires des Français en matière de mobilité et de faire émerger de nouvelles solutions, en écoutant largement les usagers, les collectivités, les opérateurs, les acteurs économiques et les ONG.

Une attention particulière doit être accordée pour les transports de la vie quotidienne ainsi que les zones rurales et périurbaines.

Ces Assises de la mobilité prépareront aussi une Loi d’orientation des mobilités, qui sera présentée au premier semestre 2018 et traduira ces priorités à travers  une programmation des investissements.

Les solutions de mobilité pour le Limousin et ses territoires limitrophes prendront toute leur place dans cette démarche de concertation et de programmation.

Enfin, une réunion se tiendra à la rentrée pour évoquer les suites concrètes à donner, débarrassés que nous sommes désormais de toute démagogie en la matière.

La « pause » annoncée dans la construction de nouvelles infrastructures de type LGV signifie qu’il y a d’autres priorités, chacun doit en prendre conscience. Nous ne pouvons pas poursuivre une politique des transports faite de promesses non financées, comme ce fut le cas ces dernières années.

Sur le quinquennat à venir, près de 10 milliards de projets d’infrastructures ont été annoncés sans être financés, dont 7 milliards de projets nouveaux.

La priorité, c’est d’assurer une mobilité pour tous et pour tous les territoires. Et cela passe d’abord par les transports de la vie quotidienne.

Si on inaugure des lignes à grande vitesse, il faut être conscient que, dans le même temps, les réseaux de tous les jours se dégradent. Sur le réseau ferré national, 5 300 kilomètres de lignes sont ralenties pour des raisons de sécurité. Ce constat préoccupant est aussi valable pour les voies rapides en Ile de France ou pour les axes routiers qui ne sont pas au niveau, alors qu’ils supportent un énorme trafic de poids lourds.

Il ne faut pas oublier non plus que 40 % de la population vit en dehors des périmètres de transport urbain, sans autre possibilité que la voiture individuelle pour ses déplacements.

Face à cette réalité, il faut faire des choix. C’est l’objectif de la démarche engagée, c’est une priorité aux déplacements de la vie quotidienne, et à la remise à niveau des réseaux existants.

L’argent doit prioritairement aller à l’entretien et à la modernisation des réseaux existants. L’ajustement se fera forcément sur les grands projets dont les atteintes à l’environnement ne doivent pas non plus, être occultées.

Ces orientations feront, je crois consensus et le rapport de Michel Delebarre, un excellent reflet.

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