Le moment est venu de refonder l’Europe

J’ai choisi le thème de l’Europe pour mon premier billet hebdomadaire comme un symbole d’une nouvelle page à ouvrir. Deux événements ont orienté ce choix : tout d’abord le discours du président de la République à Athènes au début du mois ; puis la perspective des élections en Allemagne dimanche 24 septembre.

Lors de son intervention prononcée le 7 septembre depuis le sommet de la Pnyx – antique colline où l’assemblée des citoyens votait à main levée les lois durant «l’âge d’or» de la démocratie athénienne – le président de la République a proposé un véritable discours de la méthode pour une relance de l’Union européenne. Il a su trouver les mots justes pour parler d’Europe, des  mots qui ont manqué jusqu’alors à tous nos dirigeants.

Il a tout d’abord su mettre l’accent sur ce qui ne fonctionne pas et sur ce qui a échoué, pour ne pas laisser le monopole de la critique de l’Union européenne à ceux qui voudraient la détruire.

En effet, l’Europe des gestionnaires a échoué. Les élites européennes  ont cru pouvoir s’accommoder des peuples et la seule stratégie de la maîtrise des chiffres des déficits publics ne fait pas une politique. Il fallait le dire et il l’a dit.

Le président de la République a aussi justement identifié les vrais problèmes que nous devrons maintenant rapidement régler. L’ouverture d’un débat public à l’échelle du continent tout entier sur ses orientations, son avenir et son horizon en constitue le premier.

Nous voyageons librement sans frontières, nous payons avec la même monnaie, notre jeunesse va d’une capitale à l’autre, d’une université à l’autre, mais le débat politique est toujours en devenir.

Si l’idée d’un Parlement de la zone euro a déjà été avancée pour être reprise avec force par Emmanuel Macron, son projet de constituer des listes transnationales pour les prochaines élections européennes porte en germe cette conscience politique européenne qui fait tant défaut.

J’en viens au second événement de cette fin de semaine que constituent les élections législatives en Allemagne. Angela  Merkel est donnée favorite des sondages. Mais elle n’aura pas de majorité et devra en constituer une.

Recommencera-t-elle une coalition avec le SPD dont le président Martin Schultz est un Européen convaincu ou avec les Verts ? Dans l’une ou l’autre hypothèse l’Europe continuera à avancer. Emmanuel Macron et Angela Merkel pourraient alors reconstituer le tandem dont l’Europe a besoin comme en leur temps, François Mitterrand et Helmut Kohl  l’avaient fait.

En revanche, une alliance avec les libéraux constituerait à n’en pas douter une difficulté et plus encore, peut-être, une menace d’affaiblissement du Vieux continent, alors même que se dessinent les trois blocs qui pèseront demain sur l’économie mondiale, la Chine, l’Inde et les États-Unis.

Le discours du président de la République est essentiel et je vous invite à le lire*; il faut qu’il trouve maintenant une résonance outre-Rhin. En ce sens, les élections de dimanche prochain sont déterminantes.

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