Et si on parlait du travail d’un parlementaire ?

Quelle idée de parler de soi me direz-vous ? Pour justifier mon action ? Pour donner l’occasion à mes détracteurs (ils se reconnaîtront) d’alimenter leurs logorrhées sur les réseaux sociaux ?

Rien de tout cela, mais tout au contraire pour expliquer ce que beaucoup ne savent pas et ce que le site de référence, pour la presse ou les pourfendeurs de l’action politique, « nosdeputes.fr » par exemple, ne dit pas !

L’action d’un parlementaire est méconnue. Elle se partage entre l’Assemblée et sa circonscription. Et pour la circonscription, ce sont les électeurs qu’il faut interroger. Ils le sont à chaque renouvellement du mandat et n’hésitent pas à sanctionner ou renouveler leur confiance.

Pour ma part, ils l’ont fait avec une expression forte, lors de la consultation de juin dernier.

Ils le font aussi lors de mes nombreuses permanences assurées ces dernières semaines dans les maisons de services (Montmorillon, Lusignan), les mairies (l’Isle-Jourdain, Archigny), à la permanence de Gençay bien sûr ou, pour la première fois fin octobre, à Pluriservices à Civray. Sans oublier les visites aux maires, dans les entreprises, ou chez les habitants eux-mêmes !

Simples citoyens aux prises avec des problèmes d’accès à leurs droits (logement, travail, handicap…), des problèmes d’ordre juridique souvent (succession, divorce, garde d’enfants, urbanisme, assurance…).

Organisations professionnelles, administrations et syndicats, chambres consulaires… ; en voici quelques exemples : Chambre de Métiers, CAPEB, CAF, Coordination rurale, Orange, Crédit Agricole Touraine Poitou, Thalès, DGFIP, Syndicat de Police, Associations de retraités (CFDT, FNSEA), Banque alimentaire, CRGE, Banque de France, MSA Sèvres-Vienne…

Ces nombreux échanges constituent la face cachée du travail parlementaire que le Président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, souhaite mettre en valeur. Les groupes de réflexion mis en place sur « la réforme de l’Assemblée nationale » entendent également répondre à ces objectifs.

Cette démarche implique non seulement les parlementaires — et j’y prends une part importante en tant que rapporteur du groupe de travail sur « Comment rendre la procédure parlementaire plus efficace dans le cadre de la révision constitutionnelle ? » —, mais aussi tous les citoyens.

La plateforme de consultation sur la participation des citoyens à l’élaboration et au contrôle de la loi, ouverte le 6 octobre 2017, a été close le 8 novembre 2017. Elle a enregistré 1 334 contributions, 1 700 commentaires  et 17 321 votes.

L’ensemble des contributions fera l’objet d’une synthèse qui sera publiée mi-décembre 2017 avec le premier rapport du groupe de travail sur la démocratie numérique et les nouvelles formes de participation citoyenne.

Auparavant, les meilleurs contributeurs, sélectionnés par le comité scientifique de la consultation sur la base des critères préétablis, seront conviés le 25 novembre 2017 pour travailler avec les députés sur des propositions qui pourront être reprises par les parlementaires. Ces ateliers de travail feront l’objet d’une restitution publique.

Accéder à la plateforme de consultation

Pour ma part, au terme d’un intense travail d’auditions (Jean-Louis Debré, ancien Président de l’Assemblée et du Conseil constitutionnel ; Jean-Jacques Urvoas, ancien Garde des Sceaux), animations de tables rondes avec des universitaires, déplacements à Londres et Bruxelles pour voir comment travaillent les Parlements voisins…, je rendrai un rapport début décembre, en vue de mesurer ce qui nécessitera une réforme constitutionnelle ou de simples ajustements législatifs du règlement de l’Assemblée nationale.

Ne dit-on pas d’un iceberg que 10 % de son volume est visible ? Pour les missions d’un parlementaire, il en va de même. Et il nous faudra tous nous interroger le moment venu, citoyens et élus de la République, afin d’apprécier si la réduction du nombre de parlementaires (400 pour les députés et 200 pour les sénateurs) améliorera la perception et la compréhension du travail de ceux-ci.

Et si elle permettra surtout aux élus de poursuivre la nécessaire écoute des citoyens de leur circonscription, l’indispensable relation humaine et directe à laquelle je suis personnellement très attaché, comme le nécessaire suivi de la mise en œuvre des textes adoptés, qu’ils ont parfois eux-mêmes portés.

La confiance dans l’action parlementaire suppose une bonne appréciation de la complexité et de la temporalité de notre travail. Elle n’est pas facilitée par l’immédiateté des réactions –souvent superficielles et épidermiques- qui fleurissent sur les réseaux sociaux et ne favorisent pas le temps long de la réflexion. La place prise aujourd’hui par ces médias constitue un obstacle difficile, que le dialogue, la proximité et la pédagogie peuvent heureusement permettre de dépasser.

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