2017 : Civaux, 20 ans déjà ; Taishan, année 0

Deux noms, deux pays, la France et la Chine : 20 ans séparent la dernière née des centrales nucléaires de 2e génération en France et la première de la 3e génération en Chine, l’EPR (European Pressurised Reactor).

Coïncidences du calendrier, j’ai pris part en décembre dernier à la fois au 20e anniversaire de la Centrale de Civaux et visité le 1er EPR qui sera mis en service cette année dans le monde par EDF, en partenariat avec le Groupe chinois CGN, dans le cadre d’un « joint venture ».

En France, la poursuite des travaux sur l’EPR de Flamanville accompagne la nécessaire transition engagée pour ramener à 50% la part du nucléaire dans la production d’énergie.

Même si Nicolas Hulot a précisé que cet objectif ne pourrait être atteint à l’horizon 2025, il n’est pas remis en question, et il faut espérer que cette annonce ne sera pas interprétée comme un frein à la nécessité de poursuivre nos efforts en matière d’économie d’énergie, de recherches sur le stockage de l’énergie électrique et de développement des énergies renouvelables.

La mutation doit en effet se faire en luttant, en même temps, contre le réchauffement climatique et les émissions de CO2.

C’est ce à quoi est confrontée la Chine et ses 1.4 milliards d’habitants, où le charbon constitue encore 65 % (78 % en 2011) de la production d’énergie électrique contre 35 % pour l’énergie décarbonée, dont 4 % seulement d’origine nucléaire.

En Chine, le déploiement du nucléaire constitue une alternative parmi d’autres, à la fermeture des centrales à charbon, vieillissantes et très polluantes. Les particules fines qu’elles produisent, contraignent les habitants des mégapoles, Pékin ou Shangaï, à s’équiper de protections pour respirer.

Préoccupante future humanité où les hommes devraient vivre en ville, masqués !

Chez nous en France, le choix du tout nucléaire a fait l’objet de critiques (traitement des déchets et sécurité des centrales), et Fukushima a conduit au renforcement de la sécurité. Les conclusions de l’Autorité de sûreté nucléaire ont permis d’évaluer le coût de l’allongement de la durée de vie des centrales.

L’incontournable transition énergétique doit être réalisée en tenant compte de toutes les contraintes :

– Répondre au souci de sécurité avec lequel on ne saurait transiger,

– Assurer en tout temps les besoins en énergie de notre pays,

– Réguler la production selon les différentes sources dont certaines sont intermittentes, alors que le nucléaire permet d’assurer la continuité du service sur le réseau de l’énergie, en complétant d’autres ressources en fonction des besoins ou en réduisant les tensions.

Ainsi la transition énergétique conduira inéluctablement à la fermeture de centrales, même si certaines seront remplacées par des centrales de 3e génération comme l’EPR à Flamanville.

À Civaux, la dernière de seconde génération durera encore longtemps : 60 ans selon son actuel directeur.

Et pourtant, ici comme ailleurs, je pense indispensable d’anticiper sur ces fermetures annoncées. Il faudrait « provisionner » pour permettre à de nouvelles activités de se déployer, et assurer ainsi à un territoire un développement durable ne dépendant pas uniquement d’une centrale nucléaire.

Parce que la durée de vie des centrales nucléaires sera limitée par souci de sécurité et de transition énergétique, il nous faut dès aujourd’hui penser l’avenir

Ce sera l’un des enjeux du futur débat sur la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui devra être révisée d’ici à la fin de l’année 2018, et portera sur les deux périodes 2018-2023 et 2024-2028.

L’objectif de cette révision est d’organiser l’atteinte des objectifs de la loi relative à la « transition énergétique pour la croissance verte » à l’horizon 2030.

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