Du syndicat d’électricité de la Vienne au… Plan Juncker

Créé en 1923, le Syndicat d’électricité de la Vienne se projette dans l’avenir via les structures qui portent aujourd’hui sa stratégie de développement. Le 21 décembre dernier, le Groupe Énergies Vienne signait en effet avec la Banque européenne d’investissement (BEI) l’obtention d’un financement de 70 millions d’euros, dans le cadre du Plan JUNCKER.

Une occasion de revenir sur ce plan et ses déclinaisons en matière de développement.

Le Plan Juncker, c’est quoi ?

Le Plan d’investissement pour l’Europe, « plan Juncker », a été annoncé par le Président de la Commission européenne le 26 novembre 2014. Son objectif est de remédier à la faiblesse globale de l’investissement en Europe.

En juillet 2015, le Parlement européen et le Conseil ont délégué à la BEI l’exécution de ce plan. En France, le Premier Ministre, Manuel Valls, a confié au Commissariat général à l’investissement (CGI) la mission de coordonner sa mise en œuvre.

Le Plan est conçu comme un mécanisme financier destiné à débloquer des projets d’investissement grâce à la garantie prise sur le budget de l’Union européenne.

Plutôt que de donner naissance à des projets déterminés, la vocation principale du Plan est d’accueillir des projets qui peinent à se financer en raison de la frilosité des financeurs, sans répartition géographique ou sectorielle fixée a priori.

En pratique, le mécanisme du plan Juncker consiste à apporter, via le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), 21 milliards d’euros de garantie au groupe Banque européenne d’investissement, afin que celui-ci produise 60,8 milliards d’euros de financements nouveaux.

Chaque euro financé par la BEI dans le cadre du plan Juncker doit à son tour générer quatre euros de financements additionnels investis par d’autres acteurs, privés et publics.

Les 60,8 milliards d’euros de financements du groupe BEI doivent déboucher sur la mobilisation d’un total d’investissement de 315 milliards d’euros !

Pour être éligibles à ces nouveaux financements de la BEI, les projets concernés doivent répondre à trois critères :

  1. Satisfaire l’un des objectifs de l’Union,
  2. Être viable économiquement, mais présenter un niveau de risque tel qu’il ne pourrait pas être financé par les banques commerciales aux conditions du marché, sans l’intervention de la BEI et l’utilisation de la garantie,
  3. Être à même de déclencher des dépenses significatives d’investissement, avant mi-2020.

Le guichet de la BEI est librement et directement ouvert aux porteurs de projets. Aucune labellisation des États membres n’est nécessaire pour qu’un porteur de projet se présente auprès de la Banque Européenne d’investissement.

Le Plan Juncker, où en sommes-nous ?

Avec 100 projets retenus, 7,5 milliards d’euros de financements approuvés par le groupe BEI et près de 35 milliards d’euros d’investissements associés, la France est à ce jour, avec l’Italie, l’État membre de l’Union où les porteurs de projet se sont le mieux mobilisés.

Le plan Juncker a permis de garantir des financements au bénéfice de près de 28 000 TPE, PME et entreprises de tailles intermédiaires (ETI) françaises employant 220 000 salariés. Il permet également d’orienter des financements directs de la BEI vers des entreprises innovantes de taille petite et moyenne.

En témoigne la signature d’un financement avec le groupe « Énergies Vienne ».

Grâce au Plan Juncker, la BEI peut ainsi renforcer son engagement dans les infrastructures numériques, le déploiement de la fibre dans les Hauts-de-France, en Alsace et dans la région Grand Est, le transport durable et la transition énergétique, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, comme ici dans notre département.

Cette mobilisation remarquable doit beaucoup à la qualité de la coopération entre le groupe BEI et le Commissariat général à l’investissement (CGI). Le travail mené en amont par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) pour développer la recherche et ses applications fournit aux équipes de la BEI de nombreux projets innovants dans l’industrie et l’énergie : ainsi, la part des projets d’investissement dans l’innovation et la transition énergétique est plus importante en France que dans le reste de l’Union Européenne.

Concrètement ce financement va permettre au Groupe « Énergies Vienne » de financer le développement d’énergies renouvelables, des compteurs communicants, l’extension et le renouvellement des réseaux de gaz et d’électricité.

Cette nouvelle enveloppe permettra de poursuivre l’ambitieux plan d’investissement du groupe, pour atteindre 600 millions d’euros à l’horizon 2025.

Ce financement de la BEI constitue un effet de levier financier déterminant, tant il est un gage de confiance mis dans le groupe représenté par la maison mère SOREGIES et ses filiales (SRD, SERGIES et bien d’autres).

Autant de signes positifs qui militent en faveur d’un modèle économique dont les collectivités locales sont les décideurs politiques et les SEM (sociétés d’économie mixte) les outils de mise en œuvre dans l’intérêt des usagers, des citoyens, et des consommateurs : une survivance d’un modèle public, plus moderne que jamais.

Cet accord démontre aussi que lorsque les responsables politiques décident de garder la main sur ce qui touche aux services fondamentaux, comme l’eau ou l’électricité, la confiance des financiers est alors le gage du bien fondé de leurs choix.

D’autres secteurs comme le service aux personnes âgées pourrait utilement prendre exemple sur le modèle du Syndicat d’électricité de la Vienne, fort de son expérience bientôt centenaire.

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