Tradition des voeux

Janvier est un mois particulièrement sportif pour les élus locaux ! La troisième circonscription de la Vienne ne comptant pas moins de 116 communes, et les maires de celles-ci ayant – à quelques notables exceptions, comme à Chauvigny – la courtoisie républicaine d’inviter leur député aux cérémonies de vœux, l’emploi du temps de Jean-Michel Clément (et plus modestement de sa suppléante) s’est apparenté à une course de fond.

L’exercice fut, pour moi, enrichissant et passionnant, me mettant en contact direct avec le territoire que j’apprends à mieux connaître, et avec ses forces vives.

On ne saluera jamais assez l’engagement – le plus souvent bénévole – des femmes et des hommes qui assurent ce lien essentiel entre la République et la population, dans la plus petite subdivision de notre administration territoriale qu’est la commune, surtout dans les espaces ruraux.

Alors qu’en cette fin de semaine le Président de la République s’adresse particulièrement à cette France, lors de son déplacement en Auvergne, il n’est pas inutile de se remémorer les pages consacrées à sa volonté de « Réconcilier les France » dans son livre-programme, Révolution : « Je crois à la possibilité de développer une économie productive dans nos campagnes. Cette économie peut être « résidentielle » fondée sur la rénovation du bâtiment, le tourisme, et sur la valorisation des produits locaux. Elle peut se projeter bien au-delà à la faveur du développement des nouvelles technologies qui permettent d’abolir les distances. (…) L’industrie peut aussi s’y implanter avec de l’innovation (…). Ces territoires ont besoin de pouvoir prendre des risques, de tenter, d’expérimenter. (…) Dans ces territoires, plus encore qu’ailleurs, le combat que nous devons mener pour nos paysans (…) est vital. Et je veux parler ici des « paysans » et pas simplement des agriculteurs. Car ces femmes et ces hommes sont ceux qui font nos paysages, notre pays, qui tiennent notre sol. Et lorsque le désespoir gagne ces terrains, il y a quelque chose du moral collectif qui s’effondre. Nous devons, par la réorganisation des filières, leur redonner une stabilité du juste prix qui permet à la fois de vivre et d’investir ».

Pour que cette France rurale reprenne enfin confiance, les chantiers sont immenses et multiples : accès aux soins, aux services publics, au foncier agricole pour les jeunes exploitants ; couverture numérique en très haut débit ou en fibre pour que disparaissent les zones blanches ; infrastructures de transport pour faciliter les mobilités ; promotion et développement des « circuits courts », en particulier dans la restauration collective, sont autant de priorités (parmi d’autres) qu’il va maintenant falloir, sans tarder, traduire dans la réalité. Plus qu’en 2017, des signes et des décisions devront concrètement rassurer les élus locaux et les populations des espaces ruraux.

Jean-Michel Clément s’emploiera à rappeler ces urgences tout autant au Parlement que dans la circonscription, comme en témoignent les sujets traités dans ses billets hebdomadaires, à retrouver sur son blog (https://www.jeanmichelclement.com/).

En 2018, en accord avec nos convictions, lui et moi donnerons la priorité à la solidarité, l’innovation sociale et sociétale (que ce soit dans les domaines de la santé, les nouvelles formes d’accès au travail, de nouveaux modèles agricoles, artisanaux et commerciaux), à l’émancipation par l’éducation et la culture, la citoyenneté, etc.

Nous croyons l’un et l’autre à ce Pouvoir de faire évoqué par Jack Lang dans un livre dont j’aime à citer l’extrait suivant :

« Je veux témoigner qu’il est parfaitement possible, en peu de temps et sans forcément beaucoup d’argent, de mettre en œuvre des idées audacieuses, originales, qui de petites deviennent parfois grandes, qui d’éphémères deviennent parfois pérennes, ou encore qui ont le pouvoir d’en inspirer d’autres… »

Ce « pouvoir de faire » est ce vers quoi nous tendrons, en conformité avec les engagements exprimés lors de la dernière campagne des législatives : préparation d’une conférence pour l’accès aux soins, parce que c’est un droit et une priorité pour chacun d’entre nous ; préparation d’un nouveau « Parlement des enfants » avec les collèges et les lycées, parce que la citoyenneté s’apprend dès le plus jeune âge ; enfin, une action forte en faveur de l’économie sociale et solidaire.

C’est dans ce dernier champ que j’apporterai une contribution active, en recensant à partir des prochains mois celles et ceux qui agissent et innovent dans les secteurs de l’Alimentation (agriculture, élevage, circuits courts de distribution, de restauration, etc.), mais aussi dans les domaines de la Culture et du Tourisme. Que ces personnes agissent au sein d’associations, d’entreprises privées, de coopératives, ou d’autres structures, qu’elles soient paysans, animateurs d’AMAP, d’espaces culturels ou de travail alternatifs, de tiers lieux, de restaurants « gastro bio locavore » comme se définit Olivia Gautier des Orangeries à Lussac…, il s’agira de les identifier, afin de mieux les connaître, les relier, les valoriser. Nous espérons que cela permettra d’en activer les potentielles complémentarités et d’augmenter les capacités à faire, pour contribuer à la revitalisation économique, culturelle et environnementale de notre espace rural.

Nous sommes convaincus que la question du Bien vivre peut constituer, en soi, la base d’un renouveau démocratique et territorial. Elle est susceptible de fédérer, de réconcilier les citoyens avec l’action politique, de créer du désir, des initiatives et des synergies pour le bien commun dans un territoire.

« La France dispose de tous les atouts pour être un leader mondial de l’innovation environnementale (…) Loin d’être une contrainte, la nouvelle écologie que nous voulons développer est une écologie du plaisir. (…) Cette nouvelle écologie permet de transformer nos campagnes. Elle peut être facteur de fort développement pour notre agriculture si, là encore, nous savons en saisir l’opportunité. (…) Chacun doit comprendre que de notre agriculture dépendent notre souveraineté alimentaire et donc notre avenir »[1].

Cette ambition sera au cœur du projet de loi sur les conclusions des États généraux de l’alimentation qui sera prochainement présenté, et doit notamment revoir la question des marges et permettre aux agriculteurs de vivre décemment de leur métier.

Elle sera également au cœur de notre ambition tout au long de cette année, dans la circonscription.

« Le Bien vivre n’est pas un recueil de recettes de santé ou de cuisine ; ce n’est pas le repli sur soi, mais un extraordinaire projet politique. (…) Être du côté de la vie contre tout ce qui (nous) tue… ne va pourtant plus de soi ; il faut se libérer de ce qui rend l’esprit du temps hostile aux rêveries, à la poésie, au don ; il faut échapper à la glaciation de l’époque, l’égoïsme, la jouissance d’emprise ; il faut accepter de commencer à construire un autre monde et une autre société avant même d’en avoir fini avec ceux-ci. »

Extrait de Le Socialisme gourmand, Paul Ariès, édition La Découverte[2].

[1] Emmanuel Macron, Révolution.
[2] Lire également, du même auteur, Une histoire politique de l’alimentation (du paléolithique à nos jours), éditions Max Milo

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