Finalement, je n’irai pas à Versailles…

La deuxième convocation par le président de la République, à un an d’intervalle, d’un congrès à Versailles interroge à plus d’un titre.

  • Sur la forme :

La révision de la Constitution en 2008 a introduit la possibilité pour le président de la République de s’exprimer de vive voix devant les députés et les sénateurs réunis en congrès (article 18). On pouvait penser que ce recours resterait exceptionnel, justifié par des circonstances très particulières.

Les deux précédents présidents ne sont venus qu’à deux reprises devant le congrès : Nicolas Sarkozy en juin 2009 pour présenter sa politique économique et sociale ; François Hollande, en novembre 2015, suite aux dramatiques attentats à Paris.

  • Sur le fond :

L’actuel Président s’est déjà exprimé le 3 juillet 2017 sur les grandes orientations de sa politique et sur la future révision constitutionnelle.

Est-il vraiment nécessaire de renouveler l’exercice, alors même que nous sommes en plein débat sur la réforme constitutionnelle, et déjà en capacité d’apprécier les lignes directives de sa politique au travers des mesures adoptées ces derniers mois ?

Je n’irai finalement pas à Versailles, parce que cette convocation annuelle du Congrès me semble préfigurer l’avenir de plus en plus réservé à nos institutions : on voudrait renforcer la présidentialisation du pouvoir qu’on ne s’y prendrait pas autrement !

À la veille d’une réduction annoncée du nombre de parlementaires qui éloignera la population de ses représentants, et d’un nouveau renforcement de l’exécutif, la place des élus de la République est dans leur assemblée respective, pas à Versailles, ce lieu si chargé de symboles.

Je ne me prêterai pas à l’affaiblissement de notre démocratie.

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