Le monde nous regarde, sachons le regarder.

Au terme d’une soirée et d’une nuit de liesse qui ont vu le peuple français uni autour de son équipe de football, j’ai parcouru de nombreux journaux parus après la victoire, pour prolonger la magie de ce moment exceptionnel.

J’y ai découvert – dans la presse nationale et internationale – les images des villages, des quartiers, des banlieues où ont grandi nos champions. Une France multicolore que le monde nous envie et cite en exemple (comme Barak Obama dans son discours d’hommage à Nelson Mandela, en ce début de semaine en Afrique du sud).

Cette France bigarrée, c’est à la fois notre équipe de football et notre pays aujourd’hui.

Pensez donc, les origines de 14 des 23 joueurs présents à Moscou sont à rechercher sur le continent africain : Congo, Mali, Algérie, Maroc, Sénégal, Cameroun, Mauritanie, Angola, Togo, Guinée ; celles de trois autres aux Antilles et six en métropole.

Rappelons-nous aussi que nos idoles d’hier avaient pour nom Kopa d’origine polonaise, Platini d’origine italienne et Zidane d’origine algérienne, tous français à part entière.

À cet instant, une interrogation s’impose à moi : et si nos idoles de demain se trouvaient parmi les migrants qui frappent actuellement à nos portes ? Et que faisons-nous

Il y a des moments où l’histoire et l’avenir se télescopent dans une réalité trompeuse, celle que nous connaissons aujourd’hui.

Tout le pays s’est retrouvé derrière une équipe de France aux origines plurielles, quand dans le même temps 60 % des Français soutiennent la politique restrictive du ministre de l’Intérieur.

Ce à quoi nous assistons est pourtant le contraire d’une crise migratoire. Ce n’est que l’amplification d’une tendance de fond liée, ces dernières années, à l’immigration des continents africain ou asiatique.

Cet afflux de population n’est pas accidentel ; c’est un problème structurel qui va durablement troubler l’horizon européen et français, bien au-delà du fait de se renvoyer honteusement la responsabilité d’accueillir un bateau en détresse.

Il nous faut regarder la réalité en face.

Notre pays et l’Europe constituent toujours un havre de paix et de prospérité que nous ne pouvons cacher aux yeux de ceux qui souffrent, à l’heure où plus personne ne méconnaît ce que d’autres ont trouvé au-delà des rives de la Méditerranée. Et ce n’est pas un événement comme celui que nous venons de vivre qui va éteindre le rêve de ceux qui souhaitent retrouver leurs grands frères.

Sachons regarder ce monde et ne nous replions pas sur nous-mêmes. Dans nos sociétés fragiles, la machine à intégrer est depuis trop longtemps en panne. Cet événement nous oblige : le moment est venu de définir une politique en nous posant les vraies questions en France et… en Europe.

 

 

 

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