Regard sur la première année de la législature

Arrivé au terme de la première année de la nouvelle législature, j’ai souhaité revenir sur celle-ci pour vous en donner ma perception et en faire un premier bilan.

Une perception qui est forcément marquée par le recul de l’expérience de deux mandats : le premier, en qualité de député d’opposition, le second de la majorité.

Il ne m’aura pas fallu plus d’un an d’exercice de ce nouveau mandat pour comprendre que le « en même temps », se heurterait au principe de réalité. Il est en effet difficile d’emprunter les voies de droite et de gauche en même temps, sauf à rouler en permanence sur la ligne blanche, ce qui représente un réel danger.

Qu’en a t’il été réellement ?

La législature devait débuter avec la loi sur la moralisation de la vie publique, elle se termine avec une affaire qui vient l’entacher.

Avec les lois dites « confiance dans la vie politique », on devait tourner la page de pratiques héritées d’un autre temps, d’un monde qualifié d’ancien par des élus à qui il restait tout à prouver.

Et nous n’avons pas tardé à savoir. Dès la première loi, on s’est bien gardé d’aborder le vrai sujet que représente la question des conflits d’intérêts, alors même qu’on nous a parlé de morale en politique tout au long des débats.

Quant aux pratiques dénoncées, elles nous reviennent avec l’affaire Benalla, comme un démenti. Non pas par rapport à l’action de l’intéressé, mais plutôt par la manière dont l’affaire était traitée par l’Élysée, le ministère de l’intérieur et la commission d’enquête de l’assemblée nationale, manifestement aux ordres et qui ne remettra même pas de rapport !

Un regard en arrière, c’est aussi le regard qu’il nous faut porter sur le travail parlementaire, tout entier rythmé par l’exécutif. Le parlement abandonnant son pouvoir législatif au profit d’ordonnances sur des sujets aussi importants que la loi “travail “ou “la réforme ferroviaire “.

Je ne peux pas non plus passer sous silence la loi “Asile et immigration”dont on sait déjà qu’elle ne résoudra pas un phénomène qui dépasse nos frontières et dont il aurait fallu mettre à plat de nombreuses dispositions eu égard aux moyens consacrés à notre politique migratoire. Sans compter la nouvelle donne européenne.

Inefficace avant même de recevoir un commence ment d’application, elle se révélera inhumaine face à des réalités parfois dramatiques.

Ce texte m’aura conduit à assumer mes convictions, avec les conséquences que l’on sait, quand d’autres se sont vus seulement rappeler à l’ordre dans un groupe qui ne semble pas accepter les opinions divergentes. Franchir la ligne blanche serait possible, à condition de se rabattre vite dans la ligne de conduite fixée pour tous.

La mienne n’a pas changé. Je reste plus que jamais attaché aux valeurs qui ont toujours été les miennes et qui m’amènent à dire que le compte n’y est pas.

Si la nécessité de réformer était nécessaire dans de nombreux domaines, et je fais partie de ceux qui l’appelait de mes vœux, c’est la voie du libéralisme qui a été empruntée partout : libérer l’initiative en toutes circonstances conduit forcément à laisser du monde en route.

Je termine cette première année comme député non-inscrit, ne pouvant accepter plus avant, ni la ligne libérale assumée, ni le fonctionnement d’un groupe aux ordres, manquant cruellement de doctrine politique à laquelle se référer. Les seules injonctions de l’Elysée n’y suffisant pas. Dès lors la constitution d’un groupe parlementaire à l’aube de la seconde année sera une nécessité pour retrouver du temps pour s’exprimer et faire entendre aussi la voix de ceux qui souffrent.

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