La Chine : 30 ans après Tian’anmen, les libertés sacrifiées au nom du développement économique

30 ans après les événements tragiques de la place Tian’anmen, l’élan démocratique soulevé par les étudiants pékinois tombe un peu dans l’oubli collectif.

Le temps faisant son œuvre, la Chine a réaffirmé lors du sommet de Singapour sur la défense asiatique, sa vision autoritariste en matière de droits et libertés fondamentales, son ministre de la Défense allant jusqu’à justifier le massacre perpétré le 4 juin 1989 ! Pire, la simple mention de cette date, interdite dans le monde réel comme dans le virtuel, peut conduire en prison.

Une véritable amnésie a été organisée au nom de la prospérité économique, l’injonction à réussir justifiant les privations de libertés, comme si elles en étaient la condition nécessaire.

Au nom de cette réussite voulue pour le plus grand nombre dans la deuxième puissance mondiale, les droits économiques sont érigés en droits supérieurs à tous les autres.

Dans cet État policier où les opposants politiques sont arbitrairement emprisonnés et des minorités persécutées, où les libertés collectives et individuelles sont bâillonnées, un système « orwellien » s’est mis en place et se renforce avec le développement des nouvelles technologies.

L’enfermement par le gouvernement chinois dans des camps de concentration, présentés comme des camps de « rééducation », d’un million de Ouïgours – ethnie vivant dans la province du Xinjiang à l’extrême ouest du pays – a été récemment révélée dans l’indifférence générale.

La Chine, premier pays de la planète par son poids démographique et deuxième puissance économique et militaire n’entend pas seulement faire taire les critiques sur l’emprisonnement de ses dissidents, elle veut aujourd’hui être célébrée dans les grandes institutions internationales.

Cherchant à devenir la première puissance mondiale sur le plan économique, elle utilise tous les moyens possibles pour assouvir ses besoins d’expansion : déploiement de la 5 G, mise en œuvre des « routes de la soie », rachat de terres en Afrique et en France, implantation au cœur de l’Europe avec le dispositif 16+1, achat d’aéroports (comme à Toulouse) ou de ports (comme en Grèce), sans compter l’intelligence économique où l’Empire du milieu excelle. Dans ce contexte il n’y pas de place pour les droits humains.

La Chine veut cependant aller encore plus loin, et devenir à terme la première puissance mondiale.

Son objectif est désormais de faire reconnaître ses propres valeurs à l’ONU : un modèle alternatif selon lequel les droits de vote, d’expression et de manifestation s’effaceraient au profit du droit à ne plus avoir faim, à voyager en train à grande vitesse ou à apprendre à écrire. Cette expansion s’organise également en faisant commerce avec les grandes puissances économiques de ce monde.

Aussi profitables soient nos relations financières et commerciales avec la Chine, devons-nous pour autant détourner notre regard des atteintes aux droits ?

Les pragmatiques parleront de realpolitik, les humanistes seront perçus comme des idéalistes, mais tous ne devront jamais oublier que des aspirations démocratiques ont été anéanties dans le sang. Après les « quatre modernisations » proclamées par Deng Xiaoping peu après la mort de Mao (agriculture, industrie, sciences & technologies, défense nationale), la « cinquième modernisation », la démocratie, n’aura pas lieu.

Pire, la marge de manœuvre de ceux qui ont accepté de parler ou de témoigner se réduit chaque jour. Il y a moins de cinq ans, le parti communiste chinois ne définissait-il pas la société civile comme « une théorie sociopolitique d’origine occidentale » que « les forces politiques occidentales anti-chinoises utilisent contre la Chine » ?

La reconnaissance des responsabilités du passé n’est donc pas pour demain !

 

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Un commentaire

  1. Tout à fait d’accord. Il est incroyable et inadmissible que la Chine puisse être une telle dictature, où les droits de l’Homme sont niés et foulés aux pieds. N’oublions pas le passé, souvenons de Tian’anmen et cessons de dérouler le tapis rouge à ceux qui veulent dominer le monde et imposer leur sinistre régime.

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