Les temps changent… et le temps aussi

« The time they are a changing » chantait déjà Bob Dylan en 1964. Les temps changent en effet, mais celui du climat est désormais le plus préoccupant.

Le phénomène n’est pas nouveau puisque déjà en 1988, à la demande du G7, était créé le GIEC, groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

30 ans déjà que cette question préoccupe les grandes nations.

30 ans pendant lesquels des climato-sceptiques ont développé des contre-argumentations dont se sont saisis les défenseurs du libéralisme le plus sauvage, comme Donald Trump ou Jair Bolsonaro pour remporter les élections dans leurs pays respectifs.

Même l’attribution conjointe du prix Nobel de la Paix en 2007 au GIEC et Al Gore (ancien vice-président démocrate américain) n’a pas réussi à sensibiliser suffisamment aux futurs désordres du monde qui nous menacent chaque jour un peu plus !

Il y a plus de quinze ans, Jacques Chirac déclarait en ouverture de son discours au Sommet de la Terre à Johannesburg (2002), « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

Il y a moins d’un mois, le 18 août, l’Islande inaugurait officiellement une plaque en mémoire d’un glacier disparu à cause du réchauffement climatique : comment ne pas être abasourdi par la force de cette manifestation symbolique !

La réalité est là devant nous après un nouvel été aux pics de chaleur inédits ; les épisodes caniculaires sont désormais appelés à se renouveler de plus en plus fréquemment, et l’eau – pourtant élevée au rang de bien commun de l’humanité et « patrimoine commun de la nation » par la loi du 3 janvier 1992 – pourrait bientôt manquer.

Face à la sécheresse décennale que nous venons de vivre, continuer de nier le dérèglement climatique serait une faute impardonnable.
Ces transformations nous obligent : l’eau peut devenir un facteur limitant pour les populations – on parle déjà de « migrants climatiques » -, mais aussi pour le développement économique qu’il faudra reconsidérer à l’échelle des continents, et pour les milieux aquatiques ou les zones humides, réserves de biodiversité.

Ces dérèglements nous invitent à repenser l’économie du monde et, l’organisation mondiale du commerce (OMC) ferait bien de changer rapidement de paradigmes.

Quel sens donner à des échanges de biens entre deux continents quand nous pouvons les produire sur chacun d’eux ?

Ne lutterait-on pas, en même temps, contre cette surenchère sociale à la baisse qui conduit à fabriquer des marchandises sur un continent – en Asie par exemple – avec de la matière première venant d’un autre – pourquoi pas l’Océanie -, pour les vendre en Europe ?!

Les productions textiles en sont l’illustration parmi les plus absurdes. Pouvons-nous encore croire que cette manière de faire favorise un développement responsable ? Le penser est une imposture qu’il faut combattre.

Dans le même ordre d’idées, une contre-vérité plus proche de nous alimente la polémique que la sécheresse 2019 ne va pas manquer de relancer : on nous dit « l’agriculture a besoin d’eau, il faut creuser des bassines pour stocker l’eau qui coule l’hiver pour l’utiliser en été » !

Ce serait si simple alors, comment ne pas y avoir pensé plus tôt !

C’est oublier que plus de la moitié des mètres cubes nécessaires à alimenter ces bassines sont prélevés l’hiver dans des nappes phréatiques qui ne cessent de baisser depuis 20 ans. Tous les ans les seuils d’alerte sont atteints de plus en plus tôt, ce qui provoque des mises à sec des ruisseaux de plus en plus importantes.

J’ai pu le constater cet été dans le Clain, cette rivière où j’ai développé ma passion pour la pêche : elle offre une image de désolation, sans vie aquatique sur des centaines de mètres !! Mon indignation se transformerait vite en colère s’il ne fallait raison garder.

Il est clair que les prélèvements pour l’irrigation sont excessifs. On ne compte plus les puits asséchés, les sources taries et, maintenant, ce sont les rivières qui sont directement touchées.

Même si les comportements vis-à-vis des cultures irriguées ont changé (autre argument entendu pour justifier ce qui peut l’être encore), force est de constater que même la culture sèche de maïs dans notre région devient un non-sens économique, surtout si l’annonce d’épisodes de chaleur répétés comme en 2019 se confirme.

Ce n’est pas à la ressource de s’adapter au modèle agricole, mais à l’agriculture de s’adapter à la baisse de la ressource en eau !

Rappelons-nous les priorités fixées par la loi : l’eau doit d’abord servir à l’alimentation humaine, puis au maintien de la biodiversité des milieux et enfin, à l’économie !

Le dérèglement climatique nous oblige, disais-je plus haut ; pire il commande d’urgence d’autres modes de pensées, de pratiques et d’usages. Il en va de notre futur commun et de celui de notre jeunesse.

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