Hommage à Jacques Chirac

La disparition d’un ancien président de la République constitue toujours un moment particulier pour tous les Français.

Un peu de leur histoire ressurgit alors, tant ils sont attachés à l’élection présidentielle au suffrage universel direct qui suscite toujours une forte participation, tout en personnalisant le scrutin au détriment du Parlement qui représente pourtant le peuple français.

Nous manquons toujours d’un authentique régime parlementaire, qui n’est pas celui des Assemblées associé à la 4e République, et qui reste à inventer.

Le Général de Gaulle nous a laissé en héritage une fonction présidentielle à laquelle les Français s’en remettent, aussi bien pour les missions régaliennes que la Constitution lui attribue – comme les affaires étrangères et les armées – que pour mettre un terme à un conflit social ou obtenir la baisse du prix du permis de chasser !

Jacques Chirac, auquel l’Assemblée nationale a rendu hommage ce jour, était aussi à l’aise dans une situation que dans l’autre.

Il a été celui qui a dit non aux États-Unis et à la guerre en Irak, et qui a reçu les agriculteurs partis de Charroux avec leurs animaux jusqu’à l’Élysée (La Marche de l’espoir – 1996) !

Il a été celui qui relancé les essais nucléaires dans le Pacifique au début de son premier mandat en 1995, tout en vouant une passion aux « Arts premiers ».

S’il a fait de la « fracture sociale » son slogan de campagne en 1995, sans parvenir ensuite à la résorber, il avait auparavant maladroitement dérapé dans son évocation du « bruit et l’odeur » supposément causés par des personnes immigrées en France, dans un discours à Orléans en juin 1991.

Parce qu’il était complexe et ambigu, sensible et humain, provincial et parisien, aussi à l’aise dans un comice agricole que sous les ors de la République, chaque Français pouvait se reconnaître en lui, quelle que soit son appartenance politique.

Chacun ira de ses propres souvenirs et analyses. Je vais en livrer quelques-uns.

Je n’oublie pas qu’il m’a permis en 1997 de vivre ma première campagne pour les élections législatives aux côtés de Jean-Claude Cubaud, alors maire de l’Isle-Jourdain, suite à la dissolution de l’Assemblée nationale. Il nous aura manqué 350 voix…

En 2002, j’ai voté et appelé à voter pour lui, afin de faire barrage au Front national. J’ai même réussi à faire voter mon père à… 17h55, quelques minutes avant la fermeture du bureau de vote !

J’ai ensuite été déçu que, fort de 82% de suffrages, il ne tienne pas compte, dans la formation du Gouvernement, de l’unité nationale qui s’était exprimée.

Appelant à une majorité forte au moment des législatives, il a contribué à accroître encore le pouvoir présidentiel, au détriment du Parlement ; comme si un seul homme pouvait s’ériger en rempart contre le populisme extrême. Je ne sais si l’histoire se répète ou si elle bégaie ; ce que je sais, c’est que depuis ce jour la démocratie s’est trouvée affaiblie.

J’ai vu Jacques Chirac pour la dernière fois à l’Assemblée nationale en 2010 à l’occasion de l’éloge funèbre de son ancien directeur de cabinet qui fut aussi député. Il était déjà très fatigué, voir absent de l’hommage auquel il assistait.

Je l’ai revu pour la dernière fois à l’occasion de la foire à la myrtille à Chaumeil dans les Monédières en juillet 2011, dans sa Corrèze. Tout le monde avait pour lui une attention bienveillante, mais manifestement il n’était plus là. Ce fut pour moi un contraste saisissant avec la force qu’il avait toujours dégagée et qui l’avait abandonné au terme d’une vie politique à nulle autre pareille.

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