De Strasbourg à Berlin, de nouvelles relations entre la France et l’Allemagne

Les deux dernières semaines ont été placées sous le signe des échanges franco-allemand, que les Parlements des deux pays ont décidé de renforcer depuis la signature du Traité d’Aix-la-Chapelle en janvier 2019.

Une nouvelle séance du Parlement franco-allemand s’est tenue à Strasbourg, dans l’enceinte du Parlement européen puis, s’est déroulée une réunion conjointe des commissions des Affaires étrangères de nos deux États, à Berlin.

J’ai participé à tous ces travaux qui se sont succédé dans un contexte politique particulier : après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, le couple franco-allemand se trouve devant de nouvelles responsabilités.

Contexte également marqué par le résultat des élections dans le Land de Thuringe, où le président élu l’a été avec les voix additionnées de la CDU, le parti de la Chancelière Angela Merkel, et de l’AFD, le parti d’extrême –droite, nostalgique de la période la plus sombre de l’Histoire de l’Allemagne.

Cette élection a entraîné le renoncement de Annegret Kramp-Karrenbauer, ministre de la Défense, qui a renoncé à succéder à la Chancelière. De nouvelles élections devraient avoir lieu pour la présidence du Land, alors même que l’Allemagne va présider l’Union européenne le 1er juillet prochain.

La France n’était cependant pas en reste avec l’exclusion du groupe majoritaire de notre co-présidente du bureau franco-allemand du Parlement. Elle a été écartée pour des questions de politique interne à la Majorité parlementaire. Nous avons eu connaissance de cette information… en ouverture de nos travaux, donnant ainsi de notre institution une piètre image.

Malgré toutes ces péripéties politiques intérieures, nous avons adopté les premières délibérations communes, à l’occasion de la session parlementaire.

Elles concernent :

  • l’institution d’un groupe de travail sur l’harmonisation du droit français et du droit allemand des affaires et des faillites, prémices d’une harmonisation plus ambitieuse inter-gouvernementale avec des États membres volontaires.

Même si ce travail peut s’avérer utile, j’ai pour ma part regretté que de pareils travaux ne s’engagent pas, dans le même temps, dans les domaines aussi essentiels que l’harmonisation sociale ou fiscale. Il est, en effet, bien singulier qu’on ait voulu faire de l’espace communautaire un vaste marché libre pour les services et les biens, avant de travailler à une approche commune des règles fiscales et sociales.

  • l’institution d’un groupe de travail sur le « Pacte vert pour l’Europe ». Ce Pacte vert doit rendre l’économie européenne durable, en transformant les défis climatiques et environnementaux en opportunités : opportunités de développement durable pour nos territoires, opportunités d’innovations pour nos industries et opportunités pour réaliser la société durable que nous nous devons de laisser aux générations futures.

Ajoutons à ces décisions, l’initiative commune pour l’amélioration du trafic transfrontalier entre la France et l’Allemagne, nos deux pays entretenant de nombreuses relations bilatérales au travers d’activités économiques ou culturelles, par exemple.

Par-delà les travaux de l’Assemblée parlementaire franco-allemande, les commissions des Affaires étrangères de nos deux pays ont engagé parallèlement des échanges pour mieux apprécier la position des uns et des autres en matière de politique étrangère.

Une réunion s’est tenue à cet effet le 12 février dernier à Berlin, à laquelle je participais. Co-présidée par nos présidents respectifs, Marielle de Sarnez et Norbert Röttgen, nos réflexions ont porté successivement sur la Chine, le Moyen-Orient et l’Afrique.

Depuis notre dernière rencontre, les défis auxquels l’Europe est confronté sont devenus plus complexes et urgents. Plus que jamais, le temps est venu pour l’Europe de parler d’une seule voix et de mener une politique étrangère commune. Nos intérêts sécuritaires sont inévitablement liés.

En tant que parlementaires, nous partageons l’intention de favoriser l’amélioration et le renforcement de l’action européenne, de sa cohérence et de sa crédibilité.

Nous nous sommes entretenus sur les initiatives parlementaires franco-allemandes en lien avec la situation en Afrique et dans la région du Sahel, ainsi que sur les dernières évolutions au Proche-Orient et au Moyen-Orient. Nous nous sommes aussi efforcés d’esquisser une réponse commune à l’influence géopolitique croissante de la Chine. Ces problématiques ont un impact direct sur les intérêts de l’Europe.

Nous envisageons de mener une mission conjointe des commissions (des Affaires étrangères du Bundestag et de l’Assemblée nationale) au Sahel afin d’explorer les moyens politiques, civils et militaires à notre disposition pour améliorer la stabilité de long terme dans cette Région.

Nous sommes par ailleurs engagés à suivre un programme commun pour le Moyen-Orient.

Dans ce contexte, nous avons condamné l’escalade militaire conduite par Assad et la Russie à Idlib, en Syrie, laquelle viole le droit international et, engendre des centaines de milliers de réfugiés.

Enfin, nous mettrons en œuvre une initiative franco-allemande visant à trouver une solution européenne pour le développement des technologies de pointe en matière de télécommunication.

Autant de sujets que nous devons partager pour mieux comprendre nos positionnements présents, et infléchir les futurs afin de donner au couple franco-allemand toute sa place dans l’Europe de demain.

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