En cette nouvelle décennie, visons toujours la lune !

Pour la troisième fois, j’ai beaucoup appris en ce traditionnel mois du « marathon des vœux » pour les élus ; beaucoup appris dans ces bourgs et villages où j’ai eu le plaisir de représenter Jean-Michel Clément, lorsqu’il se trouvait au même moment dans d’autres communes de notre grande circonscription.

J’ai continué de mieux prendre la mesure de ce qui s’élabore à l’échelon communal pour susciter ou soutenir de nouvelles dynamiques locales.

Comme j’ai déjà eu l’occasion de le rappeler, la France n’existe pas seulement dans ses métropoles et ses villes, grandes ou moyennes, comme certains voudraient nous le faire croire. Comme tout corps vivant, les organes centraux ne peuvent fonctionner et n’ont de sens qu’au sein d’un système complexe, où les éléments sont en interaction permanente. Une société ressemble à un corps humain : point de vie et de santé, point d’harmonie, sans les multiples petits vaisseaux qui irriguent l’ensemble par capillarité, et participent à son équilibre.

C’est la raison pour laquelle, j’ai voulu encore une fois rendre hommage aux élus locaux, ainsi qu’aux acteurs associatifs, et à tous ceux et celles qui, souvent à titre bénévole et sur leur temps personnel, se dédient au bien commun et à l’intérêt général.

Dans mon billet de novembre 2019, je me demandais « comment refaire du commun dans une société de défiance généralisée à l’égard « des politiques » et de presque tous les corps institués ? »

Je pense de plus en plus qu’une partie de la solution se trouve dans la démocratie locale, celle qui s’exerce de manière très vivante à la fois dans les communes, mais aussi dans le tissu associatif ; on oublie en effet trop souvent que les associations sont des lieux d’expérimentation de la citoyenneté et du « vouloir vivre ensemble ».

Ainsi, pour soigner notre démocratie malade, et ne pas abandonner notre avenir collectif soit à des technostructures désincarnées, soit au simplisme de démagogues souvent dangereux, l’échelle communale constitue un bon niveau territorial : ce peut être un excellent laboratoire pour innover, agir ensemble dans le dépassement de certaines oppositions doctrinaires et stériles.

Comme le rappelle le président-directeur général de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), Arnaud Leroy, dans un récent entretien publié dans La Gazette des communes, la prochaine génération d’élus municipaux – et intercommunaux – aura un rôle déterminant à jouer pour accélérer la transition écologique : « Des territoires et des élus qui veulent agir, il y en a de plus en plus. (…) Le moment est propice avec les élections municipales à venir et le renouvellement des intercommunalités. On sent bien que la dimension écologique va y jouer un rôle important et que cette thématique est devenue très prégnante, comme le confirment les derniers sondages où l’environnement est au même niveau que la sécurité. Ce qui est une bonne chose au regard de l’urgence de la situation. (…) Le prochain mandat (2020-2026) est crucial pour la transition ».

Tout cela va impliquer des changements profonds dans nos modes de production et de consommation. L’échelon local constitue un excellent laboratoire pour imaginer des solutions nouvelles, dans la coopération, le dialogue, en valorisant les complémentarités et les interactions entre les différentes formes de l’action publique, que l’on soit élu ou simplement citoyen ayant envie de s’engager dans sa ville ou son village pour le bien commun.

Dans la décennie qui s’ouvre, il va s’agir d’embarquer l’ensemble des parties prenantes de la société, de proposer des alternatives, d’anticiper les mutations de ce futur désirable qui peut naître de l’union intelligente des forces vives d’un territoire, quand elles sont orchestrées et stimulées par la vision d’une équipe municipale, travaillant étroitement avec des intercommunalités dynamiques.

Par sa proximité avec les citoyens, le maire va de plus en plus être un acteur clé de ces indispensables transformations, dans sa commune, mais aussi au sein des Établissement public de coopération intercommunale où il peut contribuer à porter des projets à une échelle plus large : pour une alimentation de qualité, des logements économes en énergie, des modes de déplacements propres, le développement de l’économie circulaire et plus solidaire…

Les nouvelles équipes municipales devront s’engager avec beaucoup de courage, mais aussi avec de l’enthousiasme et de l’ambition, dans ce combat contre le réchauffement climatique et pour la vie : la nôtre, et plus encore celle des générations à venir ; ainsi que pour la protection de la biodiversité végétale et animale qui est partout de plus en plus menacée.

Nous allons devoir changer certaines de nos habitudes, inventer de nouveaux modèles. Je crois de plus en plus que cela peut être une chance, et l’occasion de redécouvrir où se situe l’essentiel dans nos vies, redécouvrir le sens des solidarités et des liens qui nous unissent, nous les humains ; et aussi les liens entre les humains et la nature.

Car c’est d’un nouveau pacte pour le bien-être et le mieux-vivre ensemble dont nous avons besoin, d’un engagement en faveur d’une sociale-écologie encore à préciser, fortifier et traduire concrètement dans des programmes et des réponses politiques. Pour cela il va falloir être ingénieux et créatifs !

Parce que les déclarations d’intention individuelles ne suffisent plus, inspirons-nous de la dynamique des 19 associations, ONG et syndicats[1] qui ont travaillé ensemble pour faire face à l’urgence sociale et écologique, et lancé au printemps 2019 un « Pacte du pouvoir de vivre », à travers 66 propositions visant à allier justice sociale, lutte contre les inégalités et transition écologique.

Ce pacte, fruit de débats et de travaux associant des milliers de personnes, vise à la fois à lutter contre le dérèglement climatique, enrayer l’érosion de la biodiversité, améliorer le quotidien des citoyens, améliorer les pratiques démocratiques et la participation citoyenne, remettre l’exigence de solidarité et d’égalité au cœur de l’économie, et construire une société plus juste et solidaire, qui ne laisse personne de côté.

Il y a mille choses à faire et à construire, et notre territoire est déjà riche d’initiatives et de compétences qu’il faudra encore mieux relier entre elles et valoriser.

L’alimentation durable, et tout ce qui est en lien avec elle (lutte contre les gaspillages, valorisation des circuits courts et des modèles agricoles vertueux, etc.), en est un bel exemple susceptible de constituer un sujet fédérateur, tout autant qu’un levier de développement économique, social et culturel pour nos espaces ruraux.

Il n’y a encore en Nouvelle-Aquitaine, à ma connaissance, que trois « Projets alimentaires territoriaux » (P.A.T.) reconnus par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation… Pourquoi ne pas rêver d’en ajouter un dans la troisième circonscription de la Vienne dans les prochaines années. Il faut savoir rêver pour construire l’avenir !

Comme l’a écrit un grand écrivain irlandais, que j’aime beaucoup, Oscar Wilde :

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles » !

Je vous souhaite de tout cœur la meilleure des années 2020, et une décennie d’enthousiasmes, de rêves et d’engagements collectifs à mettre au service du bien commun et de notre communauté de destins.


[1] Les 19 premiers signataires : ATD Quart-Monde, CFDT, CFTC, FAGE, France Nature Environnement, France Terre d’Asile, Fondation Abbé Pierre, Fondation Nicolas Hulot, Humanité et Biodiversité, Le Mouvement associatif, La Ligue de l’enseignement, Mutualité Française, Pacte civique, Réseau Action Climat, Secours catholique, UNIOPSS, UNSA, La Cimade, Les Francas. Depuis de nombreuses autres structures les ont rejoints et ont signé le « Pacte du pouvoir de vivre ».

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