Déjà Pythagore… !

Au moment d’écrire ce billet qui n’est plus hebdomadaire, nous en étions au 49e jour de confinement.

Je choisis de prendre un crayon parce que claviers et écrans m’ont trop donné l’impression d’avoir changé de monde, comme pour accentuer la virtualité des échanges devenue la règle depuis que nous sommes assignés à résidence.

Un billet cette semaine pour espérer qu’elle sera la dernière de ce mauvais rêve, où le monde et l’humanité sont menacés par un ennemi invisible dénommé « virus ». Virus mais pas virtuel, parce que celles et ceux qu’il frappe peuvent témoigner du cauchemar vécu, quand tant d’autres n’y ont pas survécu. Comment ne pas penser à tous ceux-là, célèbres et anonymes, soignants et patients unis dans le même destin.

49 jours ce lundi au cours desquels nous sommes passés de l’inquiétude à l’angoisse, de la patience prudente à l’impatience coupable, de la peur à laquelle on ne voulait pas croire jusqu’à l’espérance du retour de la vie.

Oui, elle va reprendre. Comment ? Nous sommes nombreux à nous questionner…

Mais avant de répondre, ne serait-il pas utile de nous interroger pour savoir comment nous en sommes arrivés là ?

Je suis de ceux qui pensent que notre mode de vie ne pouvait pas continuer de la sorte, et que nous serions rattrapés un jour par des phénomènes annonciateurs d’un nécessaire changement de cap. Affrontements pour accéder à l’eau, émeutes de la faim, catastrophes naturelles de grande ampleur à répétition… autant de signes qui devraient nous alerter.

En effet, le réchauffement climatique est une réalité, l’épuisement des ressources naturelles s’accélère chaque année un peu plus, la biodiversité ne cesse de se dégrader, la pollution est devenue le ciel de nombreuses métropoles, quand ce n’est pas celui de certaines villes moyennes ou de pays tout entiers, sans oublier la manipulation du vivant à des fins mercantiles…!

Et pendant ce temps, les riches sont toujours plus riches et les pauvres, plus nombreux et plus pauvres.

Sans céder à la peur d’un effondrement général de la civilisation industrielle, théorisé par les collapsologues, force est de constater que la période actuelle nous invite à la réflexion. Pour y contribuer, je vous livre ci-après quelques réflexions personnelles.

Tout d’abord, être condamné au confinement aura démontré à nombre de nos concitoyens combien l’organisation de nos sociétés a atteint ses limites ; et en même temps combien certains modes de vie méritaient d’être réhabilités.

La concentration urbaine et ses conséquences en matière de logement et de transports ont révélé avec cette crise les limites du supportable.

Les modes de consommation et d’approvisionnement ont eux aussi été affectés, et la notion de proximité est apparue comme une valeur à réinventer et se réapproprier.

Ensuite, si cette période a à l’évidence accéléré le développement du télétravail, elle aura aussi permis de mesurer l’importance des inégalités qui demeurent en ce domaine. Il est paradoxal de constater combien ces nouvelles pratiques sont plus aisées quand on vit proche de son emploi en ville, alors que c’est justement lorsque l’on est éloigné des centres urbains qu’elles devraient être les plus efficientes.

 Avec moins d’un Méga à mon domicile à la campagne, ce fut parfois compliqué, et lorsqu’une coupure brutale en pleine audio conférence avec la Préfète vous laisse 5 jours sans possibilité de contacts, vos interlocuteurs peinent à  le croire  ! C’est cela la fracture numérique, qu’il faudra plus vite encore combler, si on veut que changent certains de nos modes de vie.

De plus, beaucoup travailler en audio ou visio-conférence nous a également permis d’en découvrir les insuffisances, et de mesurer combien les relations sociales sont et restent essentielles au bien et mieux vivre ensemble. La distanciation dont on nous rabâche les bienfaits en matière sanitaire peut se concevoir un temps durant, mais rien ne remplacera les marques d’affection, de convivialité ou de respect.

Nous ne sommes ni asiatiques, ni scandinaves ; nous sommes des latins et voulons le rester. C’est mon cas tout du moins et je le revendique.

J’espère aussi que ces semaines si singulières auront pu être mises à profit pour réfléchir à ce qui est essentiel dans nos vies, et au libre arbitre qui doit redevenir la règle dans nos comportements, au détriment des influenceurs et de leurs réseaux.

Retrouvons des valeurs abimées par l’habitude et la pression du temps, et sachons regarder les autres autrement qu’à travers des réflexes égoïstes.

Ce temps de confinement aura permis à beaucoup de découvrir le chant des oiseaux qu’ils n’entendaient plus ou ne savaient plus écouter, comme ceux qui se répondent à cette heure du début d’après-midi. Il aura aussi permis de redécouvrir que la nature a son rythme qu’il est bien prétentieux de vouloir accélérer (inutile de semer trop tôt ses haricots, et surtout pas tant que la Saint Didier n’est pas passée).

De découvrir aussi nos voisins sous leurs meilleurs aspects ou les pires (la délation a aussi été présente !).

Mais ce qui reste à mes yeux le plus important, c’est de prendre conscience de ce que disait en son temps Pythagore : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Hommes. »

Puisse cette période vous l’avoir un peu permis pour reconstruire une Humanité durable !

Proposition de lecture ...

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