Pourquoi j’ai voté contre le plan de sortie du confinement ?

La Loi d’urgence sanitaire n’imposait nullement au Gouvernement d’en appeler à un vote sur les mesures qu’il envisageait de mettre en œuvre pour sortir du confinement dans lequel le pays est plongé depuis le 17 mars dernier.

Nous avons tous pensé, mes collègues du Parlement et moi-même, qu’il le faisait pour débattre d’un sujet éminemment sensible, celui du traçage numérique.

Nous apprîmes au début de l’intervention du Premier ministre que ce n’était pas  le moment : nous ne serions pas prêts ! Une fois encore  une annonce était contredite !

Sans sous-estimer la difficulté à appréhender la gestion de cette crise, force est de constater que depuis le début nous naviguons entre promesses qu’on ne peut tenir et déclarations contradictoires. Tout  cela participe à alimenter l’inquiétude que le virus entretient.

Et personne n’a été rassuré par ce discours, ni les parents, ni les élus locaux, ni les salariés, ni les entreprises, et pas plus, nombre de députés, alors qu’on aurait pu penser qu’une  concorde aurait été recherchée ! Mais rien de tel n’apparaît depuis le début de la gestion de cette crise.

Certains n’ont même pas été convoqués, alors que c’est sur eux que va reposer une grande partie de l’après-confinement. Et, l’incertitude s’est maintenant installée.

  • Quels élus devront se mobiliser ? Ceux d’hier encore en place ou ceux sortis des urnes le 15 mars dernier ?
  • Que devront faire les parents ? Envoyer leurs enfants à l’école, sans savoir si les enseignants vont reprendre le travail ou si les communes auront les moyens d’accueillir leurs enfants dans des conditions de sécurité suffisantes ?
  • Que devront faire les entreprises ? Reprendre le travail comme elles le pourront en fonction de leur activité ou des risques qu’elles feront prendre à leurs salariés ?

Tout cela aurait dû faire l’objet de concertations préalables, avant de présenter ce plan de sortie progressive du confinement !

De plus, aucun appel à la responsabilité de chacun n’a été formulé. Mais il est vrai que sanctionner est tellement plus facile, quand cela cache en réalité un manque de confiance et une forme de faiblesse.

Ouvrir un débat au Parlement, était-ce un cadeau qu’on nous faisait, après nous avoir si longtemps méprisés ?

En fait, le Gouvernement est venu rechercher un vote de confiance qui n’en portait pas le nom, comme pour resserrer sa Majorité, fragilisée avant les dernières municipales. Ou pour faire oublier les propos du Président de la République lequel a posé les premiers actes, en intervenant de manière sentencieuse, décidant seul, ce que les propos embarrassés de ses ministres, le lendemain de ses interventions trahissent.

Le Conseil scientifique est resté, lui, circonspect, le Gouvernement et l’Administration étant sommés de mettre en œuvre ce que le chef avait décidé.

Point de co-construction avec le corps médical, les élus ou le Parlement. Une verticalité du pouvoir, même au plus fort de la crise ! Et un Gouvernement qui cherche une porte de sortie, en sollicitant le vote du Parlement.

Ce n’est pas  le plan en lui-même que j’ai  refusé, mais  la manière avec laquelle cette crise est gérée depuis le début. Cet épisode parlementaire est apparu à tous, bien tardif.

Infantiliser les Français, mépriser leurs représentants que sont les élus, qu’ils soient parlementaires ou élus locaux, ne pas associer les médias à la gestion de cette crise, tout cela est l’expression d’une forme d’exercice du pouvoir, révélatrice de l’obsolescence des institutions de la Ve  République. Le vote sur le plan de sortie du confinement en constitue une nouvelle illustration que je ne pouvais accepter.

Retrouvez les différentes interventions en séance du 28 et avril dernier, en cliquant ici.

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Un commentaire

  1. Pourquoi, alors qu’il se retranche toujours derrière l’avis du conseil scientifique, le président est-il aller contre pour décider que les écoles rouvriraient le 11 mai ?
    Pourquoi cette date alors que l’Italie et l’Espagne ont repoussé la rentrée au mois de septembre ?
    Pourquoi commencer par les écoles maternelles et élémentaires alors que l’Allemagne commence par les lycées et collèges ?
    Pourquoi imposer des contraintes rendant cette rentrée extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible dans bien des écoles, alors que les enfants échappent pratiquement, nous affirme-t-on à la contamination ?
    Comment maintenir des petits confinés tote la journée dans des locaux, repas et récréations compris ?
    Pourquoi l’Education nationale ne fournit-elle pas des masques aux enseignants, les maires estimant avec raison que ce n’est pas à eux de la faire ?
    Qui nous gouverne, les politiques ou le MEDEF ?

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