Réfléchir à l’après et, agir avant qu’il ne soit trop tard…

Si j’ai suspendu la parution de mon billet hebdomadaire depuis le début de l’actuelle pandémie – cette maladie infectieuse à l’ampleur géographique sans précédent : 195 pays sur 198 reconnus par l’ONU-, c’est parce que nous étions tous préoccupés par une seule chose : comment faire face à cet invisible ennemi aux origines encore incertaines, pour ne pas dire inconnues ? Tout le reste était relégué au second plan.

D’état d’urgence sanitaire en état d’urgence sanitaire, de confinement en déconfinement ou en reconfinement, de la suspension de toute vie sociale et culturelle, en passant par une économie asphyxiée aux conséquences mortifères pour certains secteurs, que reste-t-il à dire ?

Que plus rien ne sera jamais comme avant ? Peut-être, mais que sera l’après ?

Que chacun de nous a pris conscience de la nécessité de changer certains de nos modes de vie ? Certainement. Mais tout un chacun le pourra-t-il vraiment ?

Que la manière avec laquelle notre monde s’est développé au cours des dernières décennies, avec l’expansion de la civilisation industrielle planétaire, conduit inéluctablement vers l’altération, voire la disparition des conditions de la vie sur Terre ? Il s’en trouve suffisamment pour le penser, ce sont les collapsologues. Le livre de l’ancien ministre de l’Écologie et parlementaire, Yves Cochet, Devant l’effondrement paru en septembre 2019, est ainsi brutalement apparu prémonitoire.

Sans adhérer à cette vision, force est de constater qu’avec cette pandémie se pose la question de l’avenir de l’Humanité et des transitions qui nous attendent. Quel est l’avenir du futur, pourrait-on dire ?

Je n’ai guère été surpris par l’avènement de ce que nous connaissons depuis le printemps, même si je n’avais pas imaginé que la cause en serait une pandémie.

J’ai toujours pensé que nous ne pourrions pas continuer à épuiser les énergies fossiles, à concentrer les populations dans des villes déshumanisées, à constamment voir s’accroître les richesses de quelques-uns quand grossissent les rangs des plus pauvres, à constater des formes nouvelles d’exploitation des hommes ou la prospérité croissante des trafics d’êtres humains ; j’ai toujours pensé que nous ne pourrions continuer à dégrader inexorablement la biodiversité, et la qualité de l’eau avant qu’elle ne vienne à manquer… Bref, j’ai toujours pensé qu’il était temps de cesser de dépasser les seuils de « nos limites planétaires ».

Le philosophe Gramsci disait « le Vieux monde se meurt, le Nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Ne sont-ils pas déjà là sous nos yeux ?

L’un d’entre eux est invisible, mais nous oblige à nous masquer, et cache nos sourires. Il nous contraint à prendre nos distances avec l’autre, certains parlant même de distanciations sociales – formule schizophrène s’il en est, à couper les liens avec nos aînés, rompant les chaînes des générations.

Que restera-t-il de ce tourment, si toutefois un vaccin venait bientôt à nous protéger ?

Le pire serait de faire comme si nous pouvions retrouver la situation d’avant. Mais je suis sûr que nous n’y reviendrons pas complètement, même s’il faudra certainement encore en passer par d’autres évènements qui affecteront l’Humanité tout entière. « Les ennuis arriveront du réchauffement climatique, de la destruction de la nature et de l’infiniment petit » disait l’écologue et biologiste Jean-Marie Pelt en 2006 dans un entretien.

L’homme fait « sortir du bois » les virus portés par la faune sauvage, que nous coupons de son habitat original sans parler de ceux que les glaces libéreront, éventuellement.

La mondialisation fait le reste, c’est-à-dire les propage à la vitesse des échanges.

Alors comment agir chacun à notre niveau ?

  • Les États devront sortir de logiques bilatérales qui conduisent à mettre en avant des intérêts particuliers. Le multilatéralisme devra s’imposer comme une évidence. La question sanitaire n’en est-elle pas la preuve ?
  • Le monde économique devra ériger des règles partagées en matière de responsabilité sociale et environnementale, non pas facultatives mais impératives, que des traités rendront contraignantes.
  • Les politiques devront sortir de la seule logique de la croissance mesurée qui prévaut aujourd’hui, pour y intégrer d’autres critères plus qualitatifs. Le débat n’est plus entre croissance ou décroissance, il doit plus s’orienter vers l’unique exigence impérative qui tienne dans la durée : comment assurer la survie de l’humanité ?
  • Restent nous autres, les simples citoyens. Penser que seuls, nous ne pouvons rien, serait coupable et irresponsable. N’est-ce pas la somme de tous ces gestes, tous ces comportements nouveaux que nous devons manifester qui nous conduira à consommer mieux, vivre plus sereinement et profiter de l’autre ?

Récemment, le directeur de la revue L’Oiseau Magazine terminait son éditorial en citant l’empereur stoïcien, Marc Aurèle : « En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d’être heureux » ! Qu’attendons-nous pour prendre conscience de cela et agir en conséquence ?

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