La renaissance des campagnes

Édition Seuil -Avril 2020

Cette semaine, nous vous proposons un avis littéraire sur le livre de Vincent Grimault, la Renaissance des campagnes.

L’auteur pose la question : « Et si l’avenir d’une croissance plus durable et plus humaine se jouait aujourd’hui dans les campagnes ? ». Il rend compte des nombreux reportages qu’il a effectués en divers lieux de notre pays : Vendée, Alsace, Haute-Loire, Drôme, Région toulousaine et Cévennes.

L’introduction décrit le sentiment d’abandon que ressentent les habitants des campagnes.

Chapitre 1 : A la recherche de la France rurale.

Au fait qu’est-ce que la campagne ? Où commence la campagne ? où commence la ville ?

Vincent Grimault en arrive à concevoir une grande variété de campagnes, des frontières de moins en moins nettes entre zones urbaines et zones rurales. Pour lui, au final, le « rural » existe quand même.

Chapitre 2 : Des campagnes fragiles.

L’auteur expose les difficultés rencontrées dans les Vosges et en Auvergne : transports ferroviaires à l’abandon, manque d’industries valorisant les productions locales, fuite des jeunes vers les villes et baisse de la population départementale des Vosges et du Cantal. Manque flagrant d’emplois malgré parfois, un taux de chômage très faible qui s’explique par la fuite des actifs vers des lieux plus propices. Et faute de travailleurs qualifiés, les entreprises ont des difficultés à recruter les personnels dont elles auraient besoin. Les jeunes sont une denrée rare. A cela s’ajoute un recul des services publics et une couverture numérique déficiente ou absente. L’auteur note aussi la désertification médicale.

Tout cela se traduit par un sentiment d’isolement, une dépendance aux déplacements automobiles. Dès lors, on comprend que l’augmentation du prix des carburants et le 80 km/h imposé expliquent en partie le·  mouvement des « gilets jaunes».

Les ruraux se sentent délaissés, à tort ou à raison, au profit des métropoles.

Le chapitre se termine sur une note d’espoir en prenant en exemple des entreprises, certes petites, qui ont choisi de s’installer volontairement en zone rurale où elles bénéficient d’une qualité de vie : espace, air pur, relations humaines, supérieure à celle des villes.

Chapitre 3 : La Drôme, laboratoire des campagnes qui renaissent.

Dans ce chapitre d’une centaine de pages, l’auteur décrit comment la vallée de la Drôme s’est transformée depuis 1970. Le renouveau a commencé avec l’arrivée de hollandais venus cultiver des plantes aromatiques et médicinales. Ce renouveau exemplaire a concerné tous les domaines sociaux, démographiques, économiques, culturels et politiques. Il est la conséquence d’une dynamique portée par les acteurs socioprofessionnels et les élus.

On y trouve aussi des propositions de réponse à la question : « Pourquoi la campagne attire ? » : la qualité de vie, l’importance de l’environnement, la décroissance tranquille, une agriculture durable entre bio, circuits et labels, un petit commerce de proximité qui se redresse, une production culturelle dynamique etc…

L’auteur souligne aussi le rôle essentiel de l’économie résidentielle et en particulier celui de la richesse apportée au territoire par les retraités qui y résident.

Chapitre 4 : De la Vendée à la région d’Albi, des campagnes productives.

La fin du chapitre aborde les limites de ces renaissances des territoires ruraux.

Vincent Grimault nous décrit l’étonnant développement industriel de la commune rurale des Herbiers en Vendée et l’effet « boule de neige » qui s’enclenche autour de ces zones d’activité performantes. Il présente aussi d’autres exemples situés ailleurs en France sont présentés.

Pourquoi ces développements en zone rurale ?

L’auteur cite la qualité de vie au travail, des logements à prix abordables, une main­ d’œuvre fidèle qui se forme facilement sur le tas. Il souligne aussi le rôle des entrepreneurs et l’apport du numérique, condition essentielle au développement des campagnes.

Chapitre 5 : Au six coins de l’hexagone, les recettes pour réussir.

Dans ce dernier chapitre, l’auteur insiste sur le rôle des élus et des associations locales à organiser la gestion de leur territoire. Il poursuit sur le rôle de l’accompagnement public, des politiques européennes. Il souligne que l’essentiel des décisions doit être pris localement. Chaque territoire étant particulier il est impossible de définir à Paris des conditions de développement qui s’appliqueraient partout sur le territoire national métropolitain et outre-mer.

Il faut au contraire sortir de la compétition entre territoires. Il cite en exemple la guerre que se sont livrée Poitiers et Châtellerault pour accueillir Forsee Power. Cette entreprise avait l’intention de s’installer en France et sans doute dans la Vienne en y investissant 55 millions d’euros. Au final, Grand Poitiers et la région Nouvelle-Aquitaine ont pris en charge 20% de l’investissement. Forsee Power a donc économisé 10 millions d’euros que la région et Grand Poitiers auraient pu investir ailleurs. Inversement l’auteur cite la région Normandie qui a refusé toute aide à Lactalis pour la construction d’une nouvelle unité de production accompagnée de la fermeture de plusieurs sites en Normandie et hors Normandie.

Conclusion : L’aube d’une nouvelle civilisation rurale 1

Pour l’auteur les villes sont” le symbole d’un monde pressé où tout bouge vite ». Les campagnes apparaissent comme « un refuge où l’on peut prendre son temps, consommer moins mais mieux Une forme de sobriété heureuse, de décroissance volontaire qui donne du sens au 21e siècle »

Pour nous Poitevins, les travaux de nos géographes Yves Jean et Samuel Arlaud sont cités à plusieurs reprises.

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