La pauvreté ne se cache plus, elle est là devant nos yeux

Alors que s’annonce l’hiver, la Croix-Rouge française nous indique qu’elle a enregistré une augmentation de 40 à 45 % des besoins, rien que pour l’aide alimentaire.  Les publics concernés se répartissent comme suit : travailleurs intérimaires (plus 63 %), étudiants (plus 23 %), indépendants et commerçants (plus 23 %). Le Secours populaire fait la même analyse, constatant que 45 % des personnes aidées étaient jusqu’alors inconnues du réseau.

Telle était déjà la situation engendrée par la première vague de confinement.

La deuxième vague commence maintenant à précariser des familles gagnant environ le SMIC, qui sont contraintes de compter à 20 € près, nous dit-on.  Comment ne pas repenser à la symbolique et controversée baisse de 5€ des APL, décidée par le Gouvernement en octobre 2018 ?…

Les  Restos du cœur – les seuls à ne pas être concernés par les mesures de fermeture – ont déjà été saturés deux jours après le lancement de la nouvelle campagne, le 24 novembre. Leur Président, Pierre Blanc, s’est dit bouleversé en voyant arriver cette année des jeunes avec leur tenue « Uber Eats ». Ils livrent des repas auxquels ils ne peuvent accéder, déplore-t-il : le visage moderne de la misère en quelque sorte.

On nous apprend aussi que 970 000 élèves, souvent issus des milieux populaires, ont décroché et que 750 000 jeunes auront bien des difficultés à s’insérer sur le marché de l’emploi quand le taux de chômage dépassera les 11,5% annoncés pour l’an prochain.

Rappelons que les jeunes de moins de 25 ans n’ont pas droit au RSA et qu’ils sont rarement couverts par l’assurance chômage ! Un sur cinq était déjà en grande précarité avant la crise sanitaire. 

Le Gouvernement refuse toujours de mettre en place le « RSA jeunes », arguant qu’il constituerait un encouragement à l’oisiveté ! Mais qui peut croire cela, si ce n’est ceux qui ont une vision libérale du monde qui les entoure ?

Ce sale virus est un puissant facteur d’accélération des inégalités, et le président de la République n’a pas encore, semble-t-il, pris la mesure de cette bombe à retardement, sociale et politique.

Nous comptons aujourd’hui 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en France !

Pendant ce temps, les Français les plus aisés ont épargné 45 milliards d’euros supplémentaires, et les 20 % des plus pauvres se sont à l’inverse endettés. Le  PDG de Carrefour continue à toucher 321 fois plus que le salaire moyen des personnels de son groupe !!

Malgré quatre lois de finances rectificatives, le Gouvernement n’a toujours pas trouvé bon de rétablir l’ISF pour les placements financiers, pas plus que n’est envisagé de rétablir la flat taxe sur les revenus de capitaux mobiliers.

Tout cela a coûté plusieurs milliards à l’État selon le rapport accablant de France Stratégie. Le ruissellement a eu lieu, mais… vers le haut.

La pandémie devrait faire basculer dans la précarité nombre des 1,2 millions de chômeurs touchés par la réforme de l’assurance-chômage dont le Conseil d’État vient fort opportunément d’annuler, au nom du principe d’égalité, une des mesures phares : le calcul du salaire journalier de référence. Quand la réforme, reportée au 1er avril 2021, doit faire économiser 3,67 milliards d’euros à l’UNEDIC, c’est autant de moins que percevront les personnes frappées par le chômage.

Et même si elles traversent la rue, aucune certitude qu’elles trouvent pour autant une solution pour faire face à leur précarité !

J’ai souvenir d’avoir entendu au début de ce quinquennat que la majorité voulait, « réparer la France », comme si notre pays avait été abîmé par les précédents gouvernements ! Mais aujourd’hui que fait le pouvoir en place, si ce n’est aggraver les écarts entre riches et pauvres ?

La misère, quand elle s’accroît, ne peut plus se cacher. Comment éviterons-nous demain la colère de ceux qui en souffrent ?

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Un commentaire

  1. Et au niveau de l’Europe, Macron est un des chefs d’État qui fait blocage à la taxation à 0,05% des transactions financières proposées par le parlement dont le rapport serait de 50 milliards.
    Et j’ai voté Macron. On fait bien des conneries à tous ages (67 ans)

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