Libertés et territoires : l’innovation politique à l’Assemblée nationale.

En 2017, nous étions nombreux à faire le constat que la fidélité à nos convictions encadrées par des partis politiques obnubilés par l’élection présidentielle, ne nous permettait plus d’appréhender et de traiter avec lucidité les grands enjeux auxquels notre société devait faire face, tant les divisions étaient présentes et, la menace que représentait Marine Le Pen sur l’échiquier politique , bien réelle

Si j’étais certain que la droite et la gauche, ou les parcours politiques de sensibilités différentes, existeraient toujours, j’étais tout aussi convaincu que de l’expérience différente de chacun, si tant est que chacun puisse dépasser ses habitudes héritées, pouvait naître une solution politique adaptée aux réalités multidimensionnelles de la nouvelle société qui s’annonce.

À travers mon expérience d’élu local, j’avais déjà ressenti la nécessité de dupliquer ce mode de gestion que les élus locaux connaissent bien, celui du pragmatisme avant le dogmatisme, celui de la solution efficace et juste, avant que de penser à ses intérêts politiciens.

Cette approche des enjeux politiques et respectueux de l’identité de chacun était portée par certaines personnalités politiques nationales et notamment, en 2017, par le discours d’Emmanuel Macron.

Malheureusement, le président de la République ne se souviendra pas longtemps des convictions du candidat.

Pourtant, de nombreux élus avaient le sentiment que cette voie devait être poursuivie dans l’intérêt de notre pays. 

Lors de la création du groupe parlementaire « Libertés et Territoires » avec quelques collègues élus issus de partis politiques différents, parfois, nous avions la conviction que dans un contexte de disparition des acteurs politiques traditionnels et de l’hégémonie malsaine d’une pensée unique « en marche », nous pourrions permettre au Parlement, et par conséquent aux députés, d’être à nouveau pleinement utiles à notre société. Après des débats en notre sein, respectueux et attentifs, nous trouvions des solutions politiques communes. Ce faisant, nous devions essuyer lors de la création de ce groupe parlementaire, de nombreuses railleries de la part des tenants de logiques politiques éculées et, d’une presse formatée dans sa lecture de la vie politique.

Force est de constater aujourd’hui, avec l’essoufflement de nos institutions parlementaires, que nous avions amplement raison : notre sensibilité politique, nos parcours et parfois notre ancrage dans des rassemblements différents ne nous empêchaient pas de travailler ensemble.

La « niche » parlementaire du groupe « Libertés et Territoires » du jeudi 8 avril 2021 est à mon sens la plus belle démonstration du renouveau démocratique de ces dernières années.

Six propositions de loi sont présentées aux députés pour enrichir notre droit positif.

Habituellement, autant se le dire entre nous, ces temps parlementaires dédiés à un groupe politique à l’Assemblée nationale, sont des temps d’affichage politique, chacun sachant qu’il sera impossible de convaincre tous les autres groupes.

Aujourd’hui, grâce à la sensibilité plurielle du groupe « Libertés et Territoires », les six propositions de loi qui ont été examinées le jeudi 8 avril 2021 sont le fruit d’une longue maturation politique qui a irrigué tous les groupes du Parlement.

 Certaines propositions de loi recueillent une quasi-unanimité, quand d’autres rassemblent de très nombreux parlementaires, au-delà de leurs seuls auteurs.

Ces propositions de loi concernent des enjeux de société qui nécessitent du consensus. Transmission et promotion des langues régionales, droit à une fin de vie libre et choisie, lutte contre la spéculation foncière en Corse, respect éthique du don d’organes, légalisation de la production, de la vente et de la consommation du cannabis, limitation du recours aux dispositions fiscales rétroactives, reconnaissance du vote blanc. Toutes ces propositions de loi trouvent un large écho parmi l’ensemble des parlementaires.

Preuve en est que la première proposition de loi sur la promotion des langues régionales a été votée à une très large majorité (247 voix pour, 76 voix contre, et 19 abstentions) contre l’avis même du ministre de l’Education nationale et le débat que nous avons ouvert sur la fin de vie, s’il n’a pu aller à son terme aura montré qu’il est plus que jamais d’actualité, et qu’il pourrait revenir d’ici la fin du mandat.  

Le projet parlementaire que nous avions établi à la création du groupe « Libertés et Territoires » est aujourd’hui symbolisé par ce travail –parlementaire- lequel s’avère bien utile à nos institutions,  au pays et aux députés eux-mêmes qui retrouvent du sens à leurs fonctions au travers des propositions de loi, comme celles que nous avons débattues.

Si je regrette que les autres n’ont pas trouvé le temps nécessaire pour être débattues, j’ai acquis la conviction qu’a été ainsi présentée, ce jeudi 8 avril 2021 en séance plénière de l’Assemblée nationale, la véritable méthode politique essentielle au renouveau de nos institutions.

Proposition de lecture ...

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