La vaccination obligatoire nous renvoie à nos propres contradictions.

Vous êtes très nombreux à m’interpeller sur la question de la vaccination, suite à l’annonce par le président de la République de rendre celle-ci obligatoire pour plusieurs catégories de personnel : le personnel soignant et celui au contact du public dans son quotidien professionnel.

Les réseaux sociaux s’emballent. Ma boîte mail est envahie de messages comminatoires comme trop souvent maintenant, tous les sujets ou presque devenant polémiques avant même d’être débattus sereinement ! Ou étant résumés à la trop binaire question : êtes-vous pour ou contre ?

Il ne pouvait en être autrement avec celui de la vaccination obligatoire face au COVID-19.

Tentons de  prendre un peu de recul, sans nous laisser emprisonner dans des débats qui laissent les uns (favorables) et les autres (contre) camper sur des positions de plus en plus conflictuelles, sans faire progresser la compréhension réciproque !

Je souhaite, en ce sens, vous livrer quelques réflexions personnelles sans attendre de connaître le projet de loi qui sera finalement soumis au Parlement. En effet, à l’instant où j’écris ce billet, nous ne sommes qu’au stade de l’annonce des intentions, précises certes, mais non posées juridiquement.

La vaccination, dès lors qu’elle est rendue obligatoire, pose forcément la question des libertés individuelles auxquelles tous les Français, et moi le premier, sont extrêmement attachés. A ce titre, ce n’est pas un hasard si le groupe auquel j’appartiens s’appelle « Libertés et Territoires ». Nous y défendons toutes les libertés et, le sujet de la vaccination nous occupe depuis longtemps déjà.

Elle pose tout autant celle de la responsabilité individuelle -et personne ne peut y être indifférent- dès lors qu’il s’agit d’un phénomène inédit et brutal comme l’est cette pandémie.

J’ai déjà déclaré à la presse que, pour l’heure, beaucoup de zones d’ombre et d’inconnues subsistent, expliquant les réticences de nombreux compatriotes. Nous n’avons pas de recul sur les effets de la vaccination, alors que nous en disposons sur tous les autres vaccins obligatoires, auxquels nous nous soumettons depuis la petite enfance.

J’ai dit aussi que je n’étais ni pour ni contre la vaccination, et que cela relevait de la responsabilité individuelle. Si cette dernière est préservée, elle semble cependant devoir être très contrainte ; l’avis du Conseil d’État préalablement consulté par le Gouvernement sur tous les projets de lois sera riche d’enseignements à venir.

Je sais également qu’il existe un mouvement contre la vaccination obligatoire. De temps à autres, ses adeptes se manifestent et peuvent très actifs dans le débat d’aujourd’hui.

Aux convictions de ceux-ci, s’ajoutent par ailleurs certaines « théories du complot », ainsi que de possibles traitements préventifs et curatifs qui semblent avoir été écartés.

Sans parler des décisions que l’on nous impose après les réunions d’un conseil de Défense sanitaire opaque (;) et, plus généralement, de la succession des atteintes aux libertés que je ne cesse de dénoncer depuis l’automne 2017 : elles ont jalonné cette législature, puisque nous en sommes au 14e texte de loi qui les restreint !

Comment s’étonner qu’en pareilles circonstances, les débats soient souvent passionnés ? De quels moyens, un parlementaire dispose-t-il aujourd’hui pour se positionner alors que des experts auditionnés par la commission Santé du Conseil de l’Europe, présidée par ma collègue Jennifer de Temmerman, indiquent que « pour l’instant, ils ne se feront pas vaccinés ».

Douter est-il permis ? Douter est-ce exprimer une opinion contraire ? Douter, n’est-ce pas laisser sa place à la responsabilité de chacun de se faire vacciner ou pas ?

Mais ne sommes-nous pas aussi des « enfants gâtés » quand tant d’autres personnes – en Afrique par exemple – n’ont pas le luxe de nos questionnements, et sont privés des vaccins. La liberté individuelle trouve aussi ses limites dans l’appel à la responsabilité de chacun.

Le débat n’est pas clos, le texte de loi à venir ne manquera pas, à coup sûr, de le relancer. Quant à moi, j’ai reçu mes deux doses. En pleine responsabilité.

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