D’une économie à l’autre : retour sur les réflexions du 9 octobre dernier

Que ce soit dans le cadre des « Carrefours des idées » ou de simples réunions de citoyens, j’ai l’habitude depuis que je suis député, de convier à des temps de réflexion et d’échanges autour de sujets importants pour l’avenir de notre territoire, de notre pays, voire même de notre planète.

C’est ce que j’ai une nouvelle fois fait le 9 octobre à Charroux, deux mois après la publication par le GIEC (groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) d’un nouveau rapport alarmant sur le dérèglement climatique.

Le réchauffement dû aux émissions de gaz à effet de serre – comme la toujours actuelle pandémie de COVID 19 – touche toute la planète à un rythme très rapide et s’intensifie d’une manière sans précédent.

Pour débattre de ces questions essentielles, j’ai convié des personnes directement concernées, chacune dans son domaine : économie circulaire, transports aériens, gestion des déchets et monde de la finance. Quatre parcours différents, réunis par une préoccupation commune : la volonté de participer à la lutte contre le réchauffement climatique en passant, d’une économie d’abondance mondialisée à d’autres formes d’échanges entre les hommes et les continents, plus respectueux du Vivant, de la fragilité de la vie et des limites de notre planète.

Mon collègue François-Michel LAMBERT, président de l’Institut national de l’économie circulaire (INEC), a lancé le débat en précisant que depuis 2013, année de la création de l’Institut, plus de 200 entreprises, collectivités territoriales, universités et ONG travaillent pour rechercher de nombreux gains socio et environnementaux.

Par exemple :

  • la recherche de synergies inter-entreprises permet d’optimiser les flux de ressources des territoires par la mise en réseau et la coopération d’entreprises locales 
  • la mise en œuvre de synergies de substitution qui fait des déchets des uns, les ressources des autres ;
  • les mutualisations entre les entreprises – tel le partage d’équipements, de capacités foncières, de capacités logistiques, ou encore, grâce à de bonnes pratiques et des expertises, on aboutit à un vaste programme d’écologie industrielle et territoriale.

Ainsi apparaissent des entreprises innovantes qui assoient leur développement sur des pratiques vertueuses, et permettent d’économiser énergie et matières premières, tout en produisant des biens ou des services.

En lien avec l’INEC, les multiples groupes de travail issus de la collaboration entre les acteurs précités produisent des études très qualitatives, transmises aux niveaux ministériel et parlementaire afin qu’elles soient traduites en termes règlementaires et d’action politique. Ainsi la loi de Transition énergétique pour une croissance verte (août 2015) a-t-elle créée une obligation de mise à disposition de pièces de réemploi par les professionnels de l’automobile, obligation justement portée par François-Michel LAMBERT.

Dans un autre domaine, l’aviation civile, secteur durement touché par les effets de la pandémie avec des avions cloués au sol et des commandes d’avions annulées, nous avons pu mesurer combien est complexe le fait de passer d’une économie où la mobilité est le moteur, à une économie où se déplacer sera secondaire.

L’entreprise THALES est au cœur de cette problématique. Carburant du futur et avion du futur demanderont du temps en recherche et développement. Durant la même période, des avions conçus pour voler 50 ans continueront à transporter hommes et marchandises, mais certainement moins. C’est un secteur qui va, à l’évidence, souffrir demain, et la question des infrastructures qui y sont liées devra aussi être abordée : l’abandon de Notre-Dame-des-Landes résonne aujourd’hui comme une sage décision. THALES devra se réorienter tout en conservant des savoirs-faire dont l’entreprise mesure qu’ils devront, à terme, être remplacés par d’autres compétences. Double défi !

Le directeur du SIMER nous a rappelé, quant à lui, que nous produisons trop de déchets et que conformément à la loi PACTE, il nous faudra en réduire la quantité : 100 kg de moins par habitant chaque année, et 65% de valorisation de déchets recyclables d’ici 2025 !

Les changements annoncés pour le 1er janvier 2022 sont inévitables face aux enjeux environnementaux et à l’augmentation constante de la taxe générale sur les activités polluantes. En effet, plus nous produirons de déchets -ou plus nous mettrons de temps à réduire le volume actuel- plus il nous en coûtera ! Nous voilà prévenus.

Bien sûr, c’est un nouveau changement qui s’annonce pour de nombreux foyers. Des critiques se sont élevées, mais il y en aura toujours quelles que soient les modalités retenues. Le message qu’il faut cependant retenir est celui de la responsabilité individuelle et collective. Le tri ouvre la voie à l’économie circulaire, chez soi ou après collecte. La réduction des déchets participe de la protection des ressources que la planète peine à renouveler.

Chacun de nous a un rôle à jouer, et cela commence par l’acte d’achat et de consommation.

Celui qui est intervenu en dernier aurait pu introduire le débat : un jeune Civraisien professionnellement impliqué dans le secteur de la finance, Vincent VALETTE. Maitrisant parfaitement les enjeux du réchauffement climatique et les limites du comportement des États quant au respect des engagements de la COP21, insistant aussi sur les origines humaines du dérèglement climatique, il nous a rappelé (de manière effrayante) que le seuil de 1.5% de réchauffement permettant de limiter les pires effets de la crise sera atteint avant… 2040 !

Son propos faisait écho à celui du secrétaire de l’ONU appelant à l’union des dirigeants, des entreprises et de la société civile : « il n’y a pas de temps à perdre, ni d’excuses à trouver ». En effet, des solutions sont connues et sont à mettre en œuvre au plus vite : la fin des énergies fossiles au bénéfice de celles renouvelables, le financement des politiques d’adaptation et de résilience, ou encore des plans de relance post-covid qui financent la transition écologique.

Le secteur bancaire est directement impacté par les bouleversements qui s’annoncent. Il lui faudra, lui aussi, assumer le passé et financer l’avenir.

Assumer le passé, c’est prendre acte que des investissements financés hier n’auront plus de valeur demain, d’où l’idée de « loger » les titres de ces créances dans des structures financières dédiées, pour ne pas interférer sur les ratios financiers en cours dans les accords internationaux.

Financer l’économie de demain, c’est aussi se défaire des financements d’hier sans provoquer la déstabilisation du système bancaire. C’est aussi cela la transition écologique de l’économie. Vincent Valette nous l’a brillamment rappelé.

Dans tous les secteurs, et à l’échelle collective autant qu’individuelle -nous le comprenons chaque jour un peu plus- il va s’agir d’opérer de véritables révolutions culturelles dans nos pratiques et notre manière d’imaginer le futur. De ces défis, sachons initier ensemble une aventure humaine positive !

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